|
Ecrire : « ma castration »
Par A.R.G © (Un essai en forme de dialogue (de) fiction(s) sur mon écriture dhistoires de castration qui serait désir de ma propre castration, sa mise en scène ou bien reconnaissance de lacte décrire comme rappel de la castration symbolique) « Pour qui un tel sacrifice ? Cest par cette question simple, me semble-t-il que peut être formulé ici le thème si difficile, énoncé par Freud, de la castration cest-à-dire de la possibilité pour le sujet didentifier ce quil est pour lautre et ce que lautre lui demande. Que, pour de tels enjeux, un écrit puisse fonctionner comme un couteau, comme sentence et instrument du sacrifice, voilà un fait qui déclasse nos idées simplistes sur lécrit-document » Pierre Legendre, Sur la castration dOrigène, in Paroles poétiques échappées du Texte, Leçons sur la communication industrielle « E io a lui : « Imi son un che, quando Amor mi spira, noto, e a quel modo cheditta dentro vo significando » (Et madressant à lui : « Je suis homme lorsque souffle Amour, prends en note, et de la sorte vais signifiant ce quil dicte en mon âme) Dante. Als ich mich im Spiegel sah, hätte ich ein Mann sein wollen... mein Mann (Comme je me regardais au miroir, je voulais être un homme... mon homme) Lulu, Acte II, Alban Berg - Castre moi ! Il le demande. Tu lécris et tu le demandes à cause de Lui, de cette Image ? - Ça commencerait, cet été-là. Je feuilletais un magazine et il y avait ce soldat torse nu en treillis, cet athlète - LHomme ! Je te désire. - Oui. Lhomme, cette évidence. Il était lHomme et je voulais quil me prenne et mapprenne à devenir homme. Javais 9 ans. Les jeux étaient faits. Ou plutôt javais décidé, fait ce choix, de devenir homme par cet homme, par lHomme. - Désormais pour les autres garçons, tu ne serais plus un garçon. Tu serais une fille manquée. - Seule une fille est vouée à désirer un homme pour devenir pleinement femme. Du moins on le dit. Cest un verdict. - Ce nest pas une loi naturelle ? - Non ! la nature me voulait homme désirant lhomme. Capable de devenir homme par lhomme. - Cependant pour eux cétait contre nature. Tu restais une fille manquée. Tu allais vers les autres garçons non pour partager leurs jeux mais pour être « avec » eux « Fille manquée ! » une insulte jusquà te torturer - Ils mont insulté « Fille manquée ! ». Pourtant il ny avait rien de féminin en moi. Mais cette timidité obligée. Je me devais de cacher mon désir. Ma nature contre nature Cette alchimie. - Qui me fait te désirer Comme dans ce récit quon se raconte Lenfant insulté se regarderait dans le miroir de la commode dans la chambre familiale Il se demanderait « fille manquée ! » quest-ce qui me manque pour être une fille ? Et dailleurs est-ce que je veux être une fille ? Il faisait chaud ce jour là sachant que personne nentrerait, les adultes étant en train de prendre leur café il se mit nu. Il regarda ses seins. Gonfleraient-ils en grandissant ? Il avait tout juste 7 ans et linsulte lavait frappé. Il sinterrogeait vais-je devenir une fille des seins et puis Savait-il déjà Oui. Il y avait autre chose que lui avait et quelles navaient pas. Cétait peut être ça quil avait de trop De trop ? Il aimait son petit pénis ça lui donnait tant de plaisir lorsquil lexcitait en se mettant un doigt dans lanus. Il y avait pour lui un rapport évident entre lun et lautre. Les séparait-il dailleurs ? Touchant la pointe de ses seins son corps était parcouru de merveilleuses sensations qui le poussaient à glisser une main tremblante vers cet orifice qui en étant branlé entraînait les délicieux battements de la verge. Ce jour là, cétait lété. Du balcon venait la forte odeur des roses Il alla la respirer, effeuilla plusieurs fleurs déjà fanées et en fit une pluie au-dessus de sa tête. Réalisant quil était nu et quon pourrait le voir, il rentra. Revint vers le miroir il trouva des chaussures à talon les chaussa, trouva un soutien gorge, il le porta se contempla. Je suis une fille manquée. Cet accoutrement nétait pas convainquant. Un profond sentiment de dégoût lhabitait. Mais sa petite verge battait fort parce quil sétait mis un gros crayon rond dans lanus. « Fille manquée ! » Cétait une insulte. Il nétait pas une fille. Ne le serait jamais ! Déguisé, travesti il ne voyait rien quune caricature. Décidément être « en femme » ne lui conviendrait pas. Cétait être nu qui lexcitait comme lexcitait les images de ses livres dhistoire et de géographie ; les peuples primitifs, les hommes des peuples nus, blancs, les grecs, et les vikings se battant nu lexcitaient. Lhomme vrai est nu. Des femmes il naimait que ces poses qui semblaient facilité la nudité à cause de leur sexe comme une absence que compensaient leurs seins. Les femmes La peinture, le cinéma les représentaient si facilement nues, alors que les hommes Lenfant grandissant était toujours insulté, malmené. Il ne prenait de plaisir quà rêver, quà contempler la nature. Nu dans la nature Le docteur de famille pensa à un traitement aux hormones pour corriger cette aberration pour quil ne manque plus à être un garçon pleinement investi dans le monde Personne ne pensa, heureusement, à un changement de sexe. Lenfant ne voyait pas en quoi cétait être « fille » que de partager les jeux des garçons quen les regardant et, convié à y participer, à ny jouer quun rôle de figurant, daimer les films de tarzan, dHercule représentant des héros virils, musclés, et sinon de lire, rêver et par-dessus tout aimer être nu parmi les arbres, les herbes et fleurs, à être en communion avec les animaux rampant tel un serpent., senlaçant aux arbres se regardant dans les eaux de la calme rivière Ainsi il se sentait tout à fait garçon ! Mais cétait une fille manquée ! Il ny avait rien à faire. Et on limaginerait toujours devant le miroir, nu sous une robe en mousseline, les seins gonflés et en talon aiguilles, marchant, prenant des attitudes, chantant des airs dérisoires en play-back. On limaginait ainsi mais décisivement ce nétait pas lui. Et puis ce quon attendait, mais qui le laissa presque indifférent arriva. Ses testicules descendirent Ils étaient contents, avaient maintenant les preuves de sa virilité. Et pourtant linsulte redoublait « tu vas voir, on va te dresser et au service militaire on ne te loupera pas ! Pédé ! » Il ne comprenait pas pourquoi il devait être à nouveau insulté. Dans le miroir il sétait reconnu torse nu, en jeans le torse poilu Il était un jeune homme. Il se comparait à cette Image à Lui et devant lui ce torse se bombait, il se tenait droit la pointe de ses seins, il la sentait et cétait des pectoraux fermes mais pour être enlacés et cétait ses cuisses qui souvraient pour être pris Et il bandait à faire craquer ses pantalons. Il désira fortement ce beau garçon sportif, le leader de sa classe, quy avait-il de mal à ça, dautant que Fred (cétait son nom) le protégeait lorsque dans la cour du lycée on venait le déranger, le chahuter, voire lattaquer parce quil lisait, parce quil ne parlait pas de filles, de mobylettes, de voitures ou de foot - il navait pas de couilles ! Dailleurs un copain lui avait conseillé de ne pas croiser les jambes comme il le faisait à moins que vraiment il ne veuille pas en avoir au cul. Mais il aimait croiser ces jambes pour compresser ses couilles, sa bite pour se masturber. Et lautre lui montra les siennes. Tu vois ! Tu les vois ! Moi je suis un mec ! Il pouvait répliquer en lui montrant les siennes mais quel intérêt ! On trouva donc encore plus de raison à le traiter de pédé, dailleurs cétait lui qui avait provoqué lautre en le touchant. Pédé ! Cétait la nouvel façon de laccueillir au monde ! Mais de cet accueil il en ferait un choix et le choix il le fit dans la forêt ce jour dété, il fit un pacte avec la Nature, avec sa nature - Tu auras raconté cette histoire. Une histoire de famille parmi dautres. Une version de ton histoire, parmi dautres, pour reconstruire, créer un autre passé. Le passé est toujours autre, dailleurs. Une histoire qui inverse celle de ton combat, de ton affirmation, violente de ta masculinité. La revendication de ton Sexe. Le choix de cette histoire pour justifier que, depuis une bonne dizaine dannées, tu écris des histoires de castration. Des histoires où tu te mets en scène, réalisant ce désir « être castré », adressé à lautre, à limpératif « castrez moi ! ». Choix que tu prends à travers ton héros Andros, qui ayant précocement montré les signes de son Uranisme, reçu linitiation appropriée avant la puberté. Lenfant navait pas partagé les activités et attitudes des autres garçons tout en ne se mêlant pas aux filles. Il recherchait la compagnie des garçons plus âgés, des initiés. Mais plus caractéristique encore il portait un intérêt particulier aux plantes, aux animaux, recherchait les pierres rares, les cristaux. Son « cur » était vibrant jusquà dans son sexe qui ne serait jamais un simple organe. Un maître lui apprit à localiser sur son corps les centres psychiques correspondants. « Trouve le paysage de ton corps et le corps de la nature comme tu as rencontré dans les terres du rêve le dieu qui ta nommé « lépousée ». Ils dessinaient en lui un triangle formé par la pointe de ses seins et un point au-dessous de son sexe, situé à lintérieur de son corps, là où il ressentait le plus de plaisir « Le plaisir est limage de létat divin ». Et comme le rôle inférieur de la procréation lui était par nature étranger, le rôle supérieur du sexe, sa dimension sacrée, lui revenait de droit. Le phallus qui en est le signe même ne serait pas vénéré en son propre pénis mais en celui de lhomme quil aimerait mais qui laurait dabord choisi. « Pratique la non-action et la douceur. Ne prends jamais les devants ». Andros était un être privilégié, une représentation de lArdharishvara. « Comme la femme, toi seul pourra être nu devant lhomme. Comme la femme par son vagin, obscure abîme de clarté, par ton anus tu es la porte étroite qui mène au centre-terre ». Lhomme qui te pénétrera en taimant te conduira à léveil prophétique tandis que lui découvrira la fonction transcendante du sexe et ne lutilisera plus comme un but en soi. « Le Désir conduit au-delà ». Il lui appris à consacrer son corps par des massages avec des onguents spéciaux, par des moxas et des récitations de formules secrètes. Il lui appris à vénérer le corps entier comme présence divine alors que pour la majorité des hommes, le sexe reste le seul centre dintérêt, la cause dune chute dans lendormissement dune matière amorphe. « Sa virilité, externe, me révèle ma virilité interne » « Je suis comme elle, mais je ne suis pas elle ». Cela allait de soi pour le préadolescent mais lorsquil vit ses testicules descendre, son sexe sériger, éjaculer et surtout lintérêt que les autres de son âge prenaient à cet événement quils confondaient avec lentrée dans lage adulte, il se sentit inquiet. Son corps allait-il se concentrer sur cet organe, toute la jouissance diffuse se focaliser sur cette zone qui nappartenait pas à la carte de ses centres psychiques ? Il était plus gêné car maintenant son attirance se voyait. Pour le reste, rien navait changé en lui. Il gardait un contact empathique avec les forces de la nature. Mais il était plus violemment attiré par les garçons de son âge, parfois par certains hommes plus âgés, à la puissante constitution quil regardait, et parfois quil suivait. Il lui avait semblé cette fois, mais non. Il ne se retournait pas. Andros revenait sur ces pas. Ne savait-il pas quil ne devait pas rechercher lhomme mais être recherché par lui Et lui ne pouvait être nimporte qui. Nimporte qui ne pouvait sintéresser à Andros. Certains de ses camarades avaient repéré son jeu et se moquaient de lui. Eux aimaient les filles, flirtaient. Lorsque dans les vestiaires ils se masturbaient, entre eux, cétait seulement pour samuser, comparer la taille de leur sexe, et se raconter leurs histoires de filles. Certains fréquentaient déjà les prostituées et lun deux était tombé sur un travesti, objet de toutes les risées, piège de ce désir inconséquent, juste revanche de ce désir mal assumé Andros ne participait pas à ces jeux. Pour lui, aimer cétait sérieux Navait-il pas eu la confirmation de sa virilité intérieure, de sa valeur, de son « arèté » lorsque, à la puberté, il fut initié par son Mentor en recevant la semence du maître en son anus consentant ! - Cette biographie imaginaire, plus que lhistoire familiale, serait-elle la tienne, maintenant, en vue de tes histoires de castration ? - Lhistoire familiale, ils se la racontèrent à mon sujet, sans doute. Et ce récit, peut-être me le suis-je raconté pour échapper au verdict en y entrant de pleins pieds Ce qui est certain, cest que je me suis reconnu, jai reconnu ma nature dhomme entièrement consacrée à lHomme dans cette forêt. Dans cette forêt, au bout du jardin, une nuit de pleine lune, cet été là alors que jélevai vers la cime du grand hêtre pourpre le bâton de magicien que je métais confectionné, entouré dun double fil de cuivre croisé, terminé au sommet par un cristal de quartz noir, proférant des formules de mon invention - Tu as eu ton premier orgasme. Un orgasme qui était dabord extase ; une communion charnelle avec le cosmos. - Oui, pénétré de cette Force qui était La Sienne et qui prolongeait tout mon être jusquaux astres. - Ce nest pas ce jour-là que tu entends cette voix affirmative « castre toi ! » ? - Non. Dailleurs je nai jamais entendu de voix me dire ça, comme ça. - Mais cette image de Lui . - Ce sera beaucoup plus tard. Même si la première Image de lhomme contenait déjà cet appel - Un appel à la castration ? Pourtant cette Image, Lui, avait été ton Pygmalion lorsquencore statue divoire sous son regard te sculptant tu étais fier de ta virilité. Quand nous étions amants, je me souviens, loin de vouloir être castré, tu mettais en avant tes attributs - Cest que lappel ce sera modulé. Ce nest pas un simple appel au passage à lacte. Il y a comme une initiation progressive au nom du sacré - La castration rituelle - Oui. Rituelle ! cest là toute la différence avec lautomutilation, qui est, certes, dans certains cas, un « souvenir » dun rite qui affleure, inconscient comme le sont toutes les pratiques sado-masochistes. Cest là toute la différence avec la castration conçue comme un acte médical, chirurgical nécessaire, qui est toujours finalement une punition - Contre le péché de la chair ? - Oui. Ils en sont là, les médecins et ceux qui aujourdhui se rencontrent, fantasmant ou réalisant leur fantasme dêtre eunuques ! Ils tombent tous daccord. Castrez les et ils seront libérés de cette libido cause de tous les maux. Il en sont là. Ils nont plus de mots, que des formules chimiques, des solutions chirurgicales. Surtout ils restent à cette conception aberrante du désir comme dun acte purement réflexe. Et ils ne sen lassent pas. Même aujourdhui où avec leur Viagra ils sont acculés à lévidence que leur produit ne marche que sil y a du fantasme. Ils ne démordent pas de leur bêtise puisquils en sont toujours à Darwin, à lhomme, mammifère supérieur évolutif pourvu dun langage simple outil ! Des animaux de labORATOIRE ! - Lerreur religieuse consommée - Oui le monothéisme achevé ; « il ny a de science, que La science ». La Terreur ! Plus question de se comprendre soi-même pour comprendre PHYSIS ! - Physis ? - Je ne trouve pas dautre mot. Et je ne veux pas le traduire. Sinon nous revoilà à latiniser et surtout à faire de la physique, pour croire dur comme fer que nous pouvons « saisir le réel ». Il ny a de science que la science. Refus manifeste de la Connaissance. Refus de lIntelligence, du « contact » avec le cosmos, les astres. Un refus qui saffirme dangereusement depuis le Canon de Gratien, au 11ième siècle (une date à retenir) où il est dit, écrit, édicté ceci, qui sera la définition canonique, juridique de ce quon appelle la « Culture » : «Cultura est idolatriae augura servare et stellarum requirere cursus » (La culture consiste à observer les présages et interroger le cours des étoiles). Gratien Cause 26, Question 2, Canon 9. Une définition qui en dit long sur la « volonté » anti-naturelle dune religion qui deviendra cette religion planétaire, la plus insensée que nous ayons connue, un matérialisme sans Matière (Hylé), qui non content de dompter la « nature » préfèrera la tuer (layant dailleurs considérée comme morte depuis Descartes et toujours dans cette physique moderne malgré ce quon en raconte, pour nous en faire un Tao, une gnose de Princeton !) - On a fermé par décret la Porte des Etoiles ? - Oui. Pour sengager à corps perdu dans laérospatial. En 4 ou n dimensions en rejetant lImaginale, prétendre, parce quon est « efficace », avoir accès au « réel comme tel ». Cela devrait être risible mais cest lugubre ! - Ne crois-tu pas que nous nous éloignons de - Non. Pas du tout. « é dè ektomé tis ; epokhé tes apeiras » (Quest-ce que cette mutilation ? le frein mis à la course vers linfini). Pour les Anciens la castration rituelle était un geste douverture, une porte. Un geste qui libérait du faux infini, le cercle causal, pour découvrir lespace acausal. Lexcision des testicules libérerait lAnus. Se développait léros passif masculin. Le Réceptacle viril de la force virile. Autel dun mâle pour un autre mâle dédié à Lui dans une hiérogamie ! - Crois-tu, vraiment que Enfin les cultes de Cybèle, dArtémis, les Solennités dAtys auxquels se réfère le texte de lEmpereur Julien doù tu tires la citation en Grec, semblent bien plutôt faire incliner pour une inversion de genre ? - Le genre distingué du sexe. Cest le fruit de la très nocive interprétation chrétienne ; la castration comme conduisant à un état angélique, une neutralisation. cest Origène exclu par les catholiques parce quil sest castré lui-même. Cest Abélard, reconnu par les catholiques parce quil a été castré, puni. Ce sont les Skoptzys, la secte Russe. bien quen ce qui les concerne des choses aussi étonnantes que contradictoires se sont dites cétait des hommes forts. Cest Klingsor qui se castre pensant ainsi accéder à cette chasteté qui le rendrait maître du Graal. Cette chasteté base de tout ascétisme, la plus grande des aberrations. La haine de la chair, du corps. Le corps identifié au mal. Le mal inscrit dans la nature. Dragon, Serpent Parce que les dragons sont les Gardiens, parce que les Nagas sont les Sages - Toute cette confusion . - Il y aurait pourtant des eunuques mâles et pleins de désirs, des eunuques qui ne seraient pas des anges, ni tout emparfumés, en vêtures féminines. Des eunuques virils. Des hommes qui nétaient pas hommes en leurs testicules mais par cet autre sexe masculin, ce lien intime des 7 centres, des 7 planètes. Une érotique cosmique. - Cest ce que tu souhaites, que tu projètes. Mais il y a quelque chose que tu ne veux pas voir. Cette érotique est aussi par-delà le sexe, hors sexe. Cest un peu de langélisme. Ton érotique se situe où ? Dans le fait contradictoire de « bander à lidée de ne plus bander en imaginant bander encore. De ne plus éjaculer en une dernière éjaculation qui serait toujours reprise» ? Mais laissons cela pour te rappeler que dans le passé on castrait les prisonniers de guerre, les esclaves ; cétait une punition. Aujourdhui on fabrique des eunuques pour deux raisons, sans alternative, soit pour devenir femme, soit pour calmer une libido jugée dérangeante - the eunuch calm they say. - La femme, le calme une seule et même chose Ce sont les raisons médicales, les raisons punitives. Ils vont se punir. On les punit. On les castre parce quon « pense » que le désir est dans les testicules et que le désir est la cause de certaines maladies physiques, mentales. Puis on montre en même temps que la castration cause dautres troubles, dautres maladies que lon va pallier par dautres médicaments qui causeront dautres troubles, à linfini. On nen sort pas. Cest le coup de la tumeur quon attaque ignorant la « cause », du virus pris pour cause de la maladie alors quil en est le produit et quon attaque parfois jusquà tuer la personne quon ignore magistralement - On ignorerait la personne en disant que tous ceux pour qui on fait ou qui font le choix dêtre castré veulent devenir femme ou supprimer leur libido ? - On fabrique une image de la castration qui puisse entrer entièrement dans le discours médicale qui est devenu le discours souverain parce quil ny a plus dautre Référent que la vie comme vie, qui nest rien. Rien de ce qui peut engager lhomme vers le surhumain.. Avec la vie, le biologique on retombe en-deçà, sans pouvoir retrouver lanimal puisquil nest plus totémique - Tu comprends ton désir dêtre castré comme un appel de ton animal totémique ? - Comme une marque dans mon corps. Une marque qui est là avant lacte qui la confirmerait - Comme le transsexuel qui pense être une femme dans un corps dhomme ? - Non. Cette idée a été inventée, inoculée par une médecine puritaine qui ne pouvait supporter ni le travestissement, ni la sodomie Cest une idée dangereuse mais qui rapporte beaucoup - Beaucoup dargent au chirurgien, au psychiatre. - Beaucoup de souffrance à celui qui ne sera jamais cette femme quil croit être. - Une partie de cette souffrance leunuque va la partager nécessairement puisquil ne pourra plus jouir ? - Si on entend par jouir éjaculer, cest certain. - Mais nest-ce pas la jouissance masculine ? - Telle quon peut la « mesurer » biologiquement oui. Léros ce nest pas ça - Mais leunuque ne bande plus (et ton sexe érigé que jadorais) ? - Il na plus dérections mais il retrouve les pulsations de son pénis dont il jouissait avant la puberté - Il na plus dérection. Il néjacule plus (et ton sperme qui me remplissait) Nest-ce pas justement ce « calme », cette absence de libido ? - Si libido est une quantité définit par lorgane, que léros ne sétend pas à tout le corps, oui. - La jouissance est organique - Lextase est Corporelle ! Il faut distinguer les moments ; le plaisir, la jouissance, la béatitude - Ne joues-tu pas sur les mots ? - Non ! Un corps humain est un corps parlant. La Parole inter-dit, entre dit lorganique. Cest à cause de ce chiasme quon peut semmêler avec du spirituel et croire quil y a de lâme sans corps ou finir dans du psychosomatique pour qui la psyché cest lencéphale et sa pharmacopée ! - Tu jouis de la Parole - Oui, « de » la Parole. Le rappel de la marque sur mon corps de ma passivité par mon « daïmon » demandant quil soit remarqué par ma castration est un Appel, donc dans la Parole qui parle lhomme : cette Parole cest Physis « qui aime à se cacher » - Dans la parole évidemment puisque tu ne passes pas à lacte ! - Il sagit de remarquer de me rendre à lévidence de ma passivité « dans ma physis » au sens dune érotique, non de la sexualité Il ny ai pas immédiatement question de passage à lacte. - Donc tu ne te feras pas castrer ? - Si je persiste à refuser la remarque, il y a bien un risque que je passe à lacte. Mais ce passage devra être rituel. - Ton rite nest-ce pas simplement écrire. Ecrire des histoires de castration ? - Jécris le plan dun rite qui sera effectué si je persiste à me refuser à moi-même dans ma totale passivité, la saisie de mon être total. Mon Destin est entièrement dans ma Passivité - Cet être total tu lappelas « Pekka » Ta première histoire de castration. Tu sembles découvrir ta passivité à cette époque là. Avant, je me souviens Cest comme si quelque chose cétait produit, un échec, quelque chose qui te faisait prendre la place de Pekka parce que tu navais pas pu devenir Arkhos ? - Pekka et Arkhos comme Tristan et Isolde. Une initiation amoureuse. - Où la castration, inscrivant thanatos, est le thème principal ? - Central. Avec, marquée, la différence fondamentale entre une castration intérieure, qui est la « vérité » de Pekka pour Arkhos, du Chaman (Lunaire) pour le Guerrier (Solaire) opposé à une castration vue de lextérieur ; ceux qui seront castrés pour devenir des « filles ». Pekka na pas besoin de la castration. Il na déjà quun seul « organe ». Entre le pénis et lanus il y a une sensation plus subtile qui appelle la pénétration éveillant chaque « centre » psychique Pénétration qui peut être effectuée par une visualisation du Phallus du Mâle Absolu ; Son Corps ! - Castration imaginaire, fantasmée ? - Non. Imaginale, réelle. La réduction de ses testicules par des onguents, voire leur ablation ne changent rien au corps de Pekka qui est Réceptacle Viril - Tu écriras plus tard les Aventures dAl et Rob deux aspects de toi-même ce sont tes deux prénoms que tu utilises pour nommer tes héros. Lun avec lautre, cest ton image au miroir : te regardant par Rob devenant Al et par Al devenant Rob. Comme Rob est ta part active et Al ta part passive mais où Rob donne limage de celui que tu voulu, par désespoir, devenir. LImage obsédante. Transportant, ici, le fantasme de castration hors de la dimension du sacré et de la hiérogamie qui forment lAventure de Pekka et Arkhos dans une atmosphère plutôt SM, avec des scènes uro, scato ? - Oui, je renforce lopposition du passif et de lactif jusquà rendre impossible une comparaison avec la femme / lhomme. Mais effectivement laspect initiatique est brouillé. Jétais déçu que rien du « projet » Pekka et Arkhos ait pu se réaliser, nai pu me transformer. Mais laspect initiatique émerge encore, parfois. Ce nest plus dans une Terre du Rêve que vivent Al et Rob, ça pourrait être pris sur le vif. Live. - Ça devient pornographique. - Oui, une écriture-prostituée. Les porcs sont ailleurs. Une écriture plus graphique, avec toujours cependant, en vue une érotique puisque le désir de Al dêtre castré le fait toujours dépasser sa situation, larrache à la vie ordinaire de ce quest un couple, ou plutôt un attelage gay, son encodage, triste de consommation. Et puis cest tout de même la même Image de lHomme absolue, de la « Véridité » (plutôt cette Folie plutôt que la vérité !) qui me pousse à écrire cette histoire et qui en lécrivant me fait accomplir des gestes, une remarque de ma propre castration Jai été Pekka dans une autre part dexistence - et je men souviens en étant Al pour Rob, moi et mon autre Cest avec lHistoire dAndros que, sans que lImage se ternisse, sans que le Dieu Mâle ne cesse dêtre adoré en et par moi, que se brise quelque chose, que la castration est un démarcage quAndros vit un échec. Sa castration ne le révèle plus à lui-même mais se découvre à lui comme « déficience organique ». Il a perdu son corps dans le biologique « Quand il a finit toute l'opération il ne résiste pas, il écarte les jambes d'Andros à moitié endormi, le baise furieusement. « T'es eunuque ma chérie, grâce à moi, un vrai mec comme ceux de tes rêves de pute avec leur grosse queue et leur couilles juteuses ! C'est le dernier qu'y te prend, car les mecs, les vrais ne voudrons jamais d'un eunuque ! » Il a baisé Andros qui gît inanimé. Plusieurs semaines se sont passés. Andros est bel et bien castré. Le scrotum, recousu est bien vide, pend. Andros est castré, rejeté de la cité. Il s'est réfugié chez Sophon qui le fait d'autant plus souffrir qu'il affirmait maintenant avoir toujours tenu à ce que son désir d'avoir un vagin reste un fantasme, que tout ce qui est extrême soit seulement un stimulant de l'imagination érotique. Il s'étonnait aussi qu'Andros ne se soit jamais méfié de Hélio et de ses fréquentations. « Ne te l'avais-je pas dit, qu'ils étaient dangereux ». Pourquoi lui disait-il tout cela maintenant quil était castré, qu il n'y avait aucun recours, aucun retour possible ? Plusieurs semaines passent. Il n'avait plus d'érection, plus de désir. Il se souvenait de Paulus qui s'était fait castrer par un urologue avec une lettre de recommandation d'un psychiatre après une longue période de psychothérapie, de visites médicales. Il s'était fait castré parce qu'il avait une libido qu'il jugeait trop forte, insupportable qui l'empêchait disait-il de s'intéresser à autre chose, qu'il voulait se consacrer entièrement à sa carrière. Eunuque, il était enfin calme, libéré de toute activité sexuelle, de sa culpabilité. Plus d'érection, plus de désir, rien. « C'est ce qu'il te faut découvrir, Andros, ce calme, cette sérénité, enfin plus de sexualité ! ». Plus de sexualité ?. C'était vraiment être mort. Il était mort Il était calme. Il était sans désir mais le désir de désirer encore le taraudait. Ce nétait que dans sa tête. Il se rappela Andrée. Elle avait été un homme. Elle n'était pas devenue une femme. Elle avait bien un " fuck hole " comme elle disait mais le souvenir de ce qu'elle avait ressenti d'intense, même avec cette bite et ces couilles qu'elle considérait alors comme encombrantes, la hantait encore. Elle ne jouissait plus. Elle devait s'imaginer avec ce qui restait dun orgasme prostatique, lorsque sodomisée Mais c'était une jouissance vide. Elle déprimait. Si elle n'avait pu garder sa profession de haut fonctionnaire, elle aurait du se prostituer comme presque toutes ses congénères, sans jamais être de vraies putes ! Faire des tentatives de suicide loupées, dérisoires. Plus jamais homme mais certainement pas femme, elle n'était plus rien que sa profession. L'ennui de la bête la saisissait dès qu'elle se retrouvait chez elle, avec des amis ou seule, traquée par son néant de corps charcuté. Andros tremblait. Et sa tête était vide, son corps rempli d'un pesant ennui. Son anus ne répondait plus. Il s'était fait Sodomiser, sans désir par un homme qui ressemblait à l'idole. Un homme qui l'avait acheté comme une hijra,, qui l'avait habillé en fille. Il avait souffert. Il n'avait plus de désir. Il ne semblait guère plus avoir les dons d'un futur shaman. Artémidore refusait de le voir. Il n'y avait que regrets les regrets d'une victime qui restait consentante dans un lointain rêve de réalisation cette castration. Il se souvenait de ce que cela évoquait pour lui ; la conquête de son amour, de l'Homme. Mais ce n'était plus que le souvenir d'une victime, d'un viol, d'une atteinte à son intégrité. Il déprimait. Le chirurgien lui accordait un rendez vous. Mais il ajoutait à sa désolation. « Il suffit maintenant de créer un néovagin, opérationnel, navez-vous pas déjà les seins qui se dévéloppent Vous pourrez alors avec quelques hormones avoir lapparence dune femme ou bien... s'il s'agit seulement du besoin d'avoir des relations sexuelles ... il y a les patches ou les injections de testostérones... ». Son désir qu'il croyait libre, qu'il croyait sacré dépendait donc de ces testicules, de ces hormones, l'échec était cuisant, parfait ! ». - Tu réalises alors à travers cette histoire ce quest vraiment la castration ? - Oui. Telle quelle est nécessairement vécue hors dun rite initiatique. Telle quelle est présentée par le discours médical. Ce nest donc pas la castration et lêtre castré en et pour soi que je considère comme un échec. Je constate seulement la relative impossibilité, dans notre société, dune « métaphysique du sexe », cest-à-dire de la reconnaissance de la dimension sacrée du sexe, de lérotisme. Ma révélation, elle, demeure inentamée. - « Tu seras castré ! » Cest bien ce que le Mal Mâle dressé te révèle dans cette forêt ? - Il y a dabord, avant la puberté la révélation de cette sorte dorgasme cosmique. Puis cette autre révélation où le Soleil est le Mâle pour qui je suis la Lune toute une alchimie Révélations qui entrent en totale contradiction avec ce qui mattend dans une société qui va « libéraliser » le sexe, qui va prendre le plaisir sexuel pour un but en soi, qui lui ôte toute transcendance - Et cest cette société qui va gagner contre toi, contre ton corps défendant. Tu vas téloigner de toi-même et jouer leur jeu ? - Jamais complètement. Mais oui, je me compromets. Je souhaite être un autre comme moi-même, par trop de possible, par trop de nécessité. Désespéré. Et puis un jour mon Daïmon me met entre les mains cette Image fatale : Le Père ! - Limage te rappelle ton père, le père que tu as désiré ? - Non. Je nai pas désiré mon père. Mais quelque chose de mon père ; limage du Jeune Soldat athlétique quil évoquait parfois. Du Jeune Soldat dont je voulais être le compagnon. Non pas mon père (bien que linceste au père envisagé du côté du fils me semble important et déstabilisant pour ceux qui accusent toujours le désir du père, le viol ) mais Le Père, pangéniteur, celui qui est avant ce dieu enfamillé , avant lunique Falsificateur (et sa trinité criminelle Jehova - Jésus-Christ - Allah). Lui en qui je co-naissais à mon Corps, par qui mon souffle sextrait de la vie comme vie pour me faire pleinement exister ! - Mais lImage, cest Jake , un modèle de chez Colt Studio ! - Pour moi il est tout autre chose. Dès linstant où jai vu cette image, le geste évoquée par cette image, il nétait plus Jake mais icône. - LIncube qui vient te pénétrer et susciter ton orgasme pour sen nourrir ? - Le résultat dune invocation effectivement. Il est le Signe, le Linga. Son corps est son Phallus et en son Phallus jadore son corps qui constitue, institue, le mien Tout ça était dans ma première révélation mais il y a ce rappel à lordre dune révélation qui a été quelque peu trahie, compromise. Puis il y a cet incroyable désir dêtre castré par et pour Lui. - Par lui, Jake, malgré tout, son nom est partout en anagrammes. Cet incroyable désir, désir fou pour une Image. Partout dans tes histoires, tes collages, ton Tarot. Partout. Sans jamais mutiler cette image. Il est lHomme et exige à lautre de rejoindre Sa Virilité par la castration Cest lui que Al, reprenant le nom de Pekka dans un épisode dAl et Rob, retrouve sur ce ring où le vaincu doit être castré, offert en esclave au vainqueur et, où bien sûr, Al choisi avec ostentation dêtre vaincu pour être entièrement à son vainqueur ? - Etre à son vainqueur, le Guerrier et être consacré Chaman par la castration. Le Guerrier représente, incarne le Pangéniteur, Le Guerrier est lofficiant. Je veux être castré en Son Nom par lofficiant qui me prendrait pour sa mâle. Pour que la castration soit un marquage initiatique, il faut un lien, de laffect. Quelle soit désirée par les deux pôles du mâle et de la mâle. - De telles conditions sont irréalisables parce quen fait tu parles damour. Tu formules, par une torsion, une demande damour Désires-tu vraiment être castré pour « prouver » que ta passivité est ton être essentiel pour un homme que tu es toi-même ? Cest seulement du côté de lécriture que tu confonds la « disponibilité » dun Destin avec une passivité physique, passivité que tu construis, après coup, sur cette disponibilité De fait tu tinterdis ainsi tout passage à lacte. Ta castration cest lécriture. Ecrire effectue lexcision (ektomé) de lindéfini, plan profane, pour entrer, par Epoché dans linfini acausal Tu te fais un corps, ton double étherique, en papier. Là, tu nas déjà plus de couilles. Tu exhibes un tout petit pénis, presque effacé un corps viril, tatoué, crâne chauve et barbiche de diable Goathead ! - Non ! Lécriture construit le scénario dun rite quun lecteur initié peut très bien décidé daccomplir avec moi. Je le met en scène pour quil me rencontre, que nous tombions daccord pour accomplir le geste irrépressible évidence - Malgré lopacité de la page ? - La transparence de la toile la stratégie de lAraignée - Mais enfin tout ce qui se passe, ici, sur cette page, ce dialogue feint Lun comme lautre nous sommes des produits de limagination de notre auteur - Nous existons donc dans lautre monde : dans lunderworld, dans le monde imaginal. - Oui, je vous le dis, moi votre auteur, vous êtes lun lautre, moi, moi et moi, au miroir enlacé à mon image répondant à, inventant lOrdre du Narcisse des Ténèbres avec vous et le rite de cette castration possible avec toi © A.R.G 2003
|