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Dialogue entre un psy (eunuque) et un « wannabe » - Vous voulez devenir eunuque ? - Non, je veux seulement être castré ! - Ce nest pas la même chose ? - Non ! - Pouvez-vous définir ? - Oui. Je veux seulement ne plus être encombré par mes testicules - Ils vous encombrent ? - Oui. - Et les érections aussi, je suppose - En fait, oui ce sont les érections qui me gênent car à cause delles on attend de moi ce que je ne peux donner - Précisez - Je suis passif et mes érections Dailleurs je nai dérections que si on me pénètre ou que jimagine, que je fantasme, que je vois un mec qui me plait menculant Des érections mais pas raide, non, ma bite nest jamais raide. - Hum - Voyez vous, pour moi, cest lautre qui doit bander, bander pour moi qui a besoin dune bite bien dur Vous comprenez ? - Oui, mais en quoi la castration - Ça me permettrait dêtre vraiment passif. Lautre ne pourrait plus me demander que je le baisse. - Bite, baisse oui. Cela cache autre chose, une autre demande. Passif, sans doute mais est-ce vraiment seulement une raison de sexe qui vous conduit à vouloir être castré - Y-a-t-il autre chose qui puisse motiver une telle opération ? - Oui, il y a plein de raisons. Pour beaucoup cest un pas vers lacceptation dun autre sexe (ou genre) - Pas ça ! non ! Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas être eunuque mais castré alors changer de sexe encore moins ! - Je vous ai demandé de préciser et je vous ai laissé entendre que je ne croyais pas à cette simple raison « vous faire castrer pour mieux être baisé » et ce déjà parce que votre utilisation de largot est en décalage complet avec votre présentation - (silence) - Etre passif signifie quoi pour vous ? - Certainement pas être femme ! - Mais tout de même « comme une femme ». Vous avez écrit « je suis une mâle » - Une mâle oui jaccepte. Femme, non. Je ne me sens pas femme. Je suis un homme, je suis le Phallus mais nai pas le pénis. - Pour certains psy cest la définition même de la femme - Quils se la gardent ! Pour moi, disons que je deviens pleinement homme par lautre homme. Cest lui qui « a des couilles au cul ! ». - Vous évitez ainsi de me répondre. Etre passif, signifie quoi ? Et pourquoi être castré satisferait à cette passivité. - Passivité radicale ! - Et encore - Jaime avant tout être caressé, aimé. - Pas seulement faire lamour ? - Non. Faire lamour, non. Le rapport sexuel est quelque chose de presque superflu ou plutôt dans une relation amoureuse ce nen est pas le but - Amour et sexe ne sont donc pas la même chose - Pour les hommes (les femmes par leur mode de jouissance sont nécessairement différentes). Pour les hommes, le sexe est une chose facile à satisfaire, instantanée et très répétitives. Ennuyeuse ! - Les hommes ne savent pas aimer mais les femmes - Je vois où vous voulez en venir Je désire malgré tout être une femme parce quune femme peut aimer et être aimé tandis que lhomme, non ! Vouloir être castré oui, pour moi ce serait la réalisation de mon désir daimer et être aimé ! - Mais vous vous retrouveriez bien dans la situation de la femme face à lhomme - Un objet sexuel ? non je pense quil y a des hommes qui face à un homme qui prouverait physiquement sa passivité, par sa castration se sentiraient en « devoir » de laimer ! - Mais ne prouvez vous pas assez cette passivité sans être castré ? - Non. Car lautre ny croit pas en voyant mon sexe turgescent et dur - Hum je croyais que - Et au lieu de sen tenir aux caresses qui peuvent ou non conduire à la pénétration ils se mettent à sintéresser à mon sexe et seulement à mon sexe et veulent que jéjacule, que je jouisse et que je lai encule aussi. Et cela non ! - Oui. Mais savez-vous ce que signifiera être castré, physiologiquement comme psychiquement. Vous êtes informé comme jai pu men rendre compte dans votre présentation et pourtant - Et pourtant, quoi ? - Vous êtes vous déjà travesti ? - Non ! - Vous êtes bien affirmatif ? - Enfant, comme on mappelait « fille manquée », jai cru un court moment que - Vous avez écrit que vous mettiez une sorte de combinaison de votre marraine chez qui vous alliez en vacances et vous vous regardiez dans un miroir cherchant des mains vos seins qui resteraient ceux dun homme - Il ny avait pas de déception. Cétait au contraire très rassurant pour moi quil ny ai pas de doute sur mon sexe et que cétait les autres qui se trompaient en insinuant quil manquait juste quelque chose pour que je sois une fille ! - Ou quil y avait déjà quelque chose de trop Et vous voulez cependant maintenant vous faire castrer enlever ce quil y a de trop - Pourquoi voulez vous toujours revenir à cette idée de la castration et de la femme ? - Si je vous dis, maintenant de vous déshabiller puis de mettre cette culotte de femme, ce soutien gorge ou cette combinaison.. - Ça me fait horreur ! - Essayez de dépasser cette horreur en pensant à votre castration - Ou voulez-vous en venir ? - Là où vous en êtes à votre désir de réaliser par la castration ce que vous êtes déjà - Un travesti ! - Cest vous qui le dites. Jessaye de voir avec vous ce que signifie pour vous « castrez moi ! » - Oui, je demande à être castré parce que ainsi je serais pleinement moi-même. - Laissez moi en douter avec vous, dailleurs, car si vous ne doutiez pas ça se serait réalisé depuis longtemps. Voilà près de 10 ans que vous cultivez ce fantasme, et que vous en modulez les tournures - Ce nest pas un fantasme et je ne module rien. Je veux être castré : ne plus avoir de couilles et un tout petit pénis comme un clitoris attaché à mon anus . - Voyons Un vagin dhomme Imaginez vous êtes nu (et vous avez dit une fois, seule une femme peut être vraiment nue car elle na rien qui montre son désir ou rien à montrer) - Laissez tomber cela sil vous plait ! - Imaginez que vous êtes nu, que vous mettez cette culotte et ce soutien gorge et que vous vous regardiez dans cette glace - Je les retire aussitôt ! - Non vous vous regardez ! - Et je ressens le grotesque.. je touche mes seins, mes pectoraux mes poils, mes bras, leurs muscles je me mets à bander - Vous voyez bien ! - Oui, je bande parce que je me sens homme malgré tout et que je vais retirer ces sous vêtements humiliants ! - Vous bandez et vous en éprouvez satisfaction. Satisfaction dêtre un homme « et non pas une femme » - Oui ! - Bander à lidée de ne plus bander Cette satisfaction nest-elle pas contradictoire avec le désir dêtre castré Car cela vous privera de vos érections et de la satisfaction dêtre un homme - Mais pas de la satisfaction dêtre enfin offert aux caresses, à lamour - Croyez vous ? - Oui les érections, léjaculation sont les manifestations externes de la virilité. La mienne est intérieure, profonde et ne pourra sexprimer quen étant castré !!! - Castré Vous vous féminiserez nécessairement Vous avez suffisamment lu des témoignages. Vous avez même rencontré quelquun qui a essayé la castration chimique et - Oui. Il avait pris du poids, les hanches et les seins se féminisaient et je crois quil a arrêté le traitement à cause de cela - Et vous ne concluez toujours pas - Mais il y a des body builders qui se font castrer pour avoir légalement des stéroïdes et des hommes qui sont castrés et qui gardent leur virilité ! - Oui, grâce à la chimie avec tout ce que ces traitements ont comme effets secondaires. Quant aux eunuques mythiques, guerriers etc. il ny a aucune preuve tangible de leur existence, voyez vous. Et les shamans qui sont castrés (ou se prétendent tels) doivent vivre comme des femmes ! Or, comme vous nêtes pas body builder, que vous ne voulez pas de traitement chimique et que vous ne voulez pas vivre en femme quels seraient les bénéfices de la castration ? - (silence) - il sagit chez vous dun fantasme ou plus exactement linjonction « castrez moi ! » ou le souhait dêtre castré, parle pour quelque chose dautre qui dailleurs sexprime indirectement par votre refus dune part féminine (bien que vous acceptiez dêtre « une mâle ») ou ce qui est pressenti comme féminin par notre société. Je dirai même que ce symbole de la castration va plus loin - Mais trop loin sil me forçait à se concrétiser - Je vous lai déjà dit je ny crois pas ! - Et pourtant jai essayé de me castrer moi-même - Ce qui a toujours raté puisque de toute façon vous le vouliez ainsi. La torture génitale lorsquelle sarrête, à un certain point (et vous avez toujours su arrêter), reste un jeu - Mais jai brûlé, chauffé, ligaturé ces maudites parties et jai contacté un cutter ! - Oui mais vous navez jamais pris de rendez vous sérieux. - Mais depuis jai pris une résolution. - Sans doute, mais vous avez fait appel à moi - Je dois admettre que oui, jhésite encore - Revenons à la dimension symbolique de votre demande. Etre castré parle de quelque chose dautre. Ce que vous avez relevé dans un texte de lantiquité grecque la castration (ektomé) est une mise entre parenthèses (epokhé) ou une suspension de (la fuite à l) infini. - Oui ce texte parle des festivités qui avaient lieu autour du 24 mars.. - Les festivités dAtys, certes. Mais je voudrai revenir sur certains points, autour de vos fantasmes liés à la castration. Il sancre dabord dans votre passivité. Avez vous toujours été passif ? - Non. Mais je le suis de plus en plus et men satisfait dautant malgré que je ne retrouve pas exactement ce que jy recherche ; une jouissance qui serait comme une radiation spiralée sétendant de mon anus à tout mon corps, mes muscles, toute la surface de ma peau sans que mon sexe ne gonfle et sans que mes testicules aient descendu Mais voilà je bande, jéjacule et mes testicules me gênent ! - Je vous arrête. Dans vos rêves vous arrive-t-il davoir un rôle actif ? - Plus du tout ! - Certain ? - Certain - Et vous êtes castré dans vos rêves ? - Dans mes rêves éveillés je me fais castré et me vis comme létant jusquà ce que mes érections ou mon éjaculation me prouvent - Quoi ? Que vous en jouissez et que vous en avez besoin pour répéter le rite fantasmatique. Qui vous castre ou vous demande la castration dans ces rêves ? - Lui ! - Vous avez un amant qui vous le demande et pour qui vous le feriez ? - Non , mais jai toujours espéré - Mais cest seulement « Lui », une image, une idole, le dieu comme vous lappelez qui vous enjoint à le faire. Il y a là un événement mythologique, si je puis me permettre, une inversion dun mythe : cest une déesse qui est à la place du dieu dans la tradition - Et justement ce qui ne va pas entre moi et la tradition. Elle me forcerait à sacrifier mes organes masculins pour ressembler à la déesse, devenir femme (enfin ni homme, ni femme eunuque !). Jadore lHomme et cest Lui qui me demande dêtre castré pour être entièrement à lui - Son esclave - Cest un fantasme très fort chez moi. Etre lesclave dun guerrier, de Maciste, d Hercule dans les péplums. Cest un fantasme qui est venu bien avant celui de castration et qui na rien à voir avec les jeux sadomasochistes en vogue ces dernières années. Je ne peux pas jouer à ses jeux là sans être pris de fous rires, alors je ne my risque plus. - Votre fantasme reste privé, intime - Après tout cest un fantasme et comme tel il ne peut être mis « en acte » - Je suis heureux de vous lentendre dire - Ne concluons pas trop vite cependant - Votre désir dêtre castré nest pas un fantasme ? - (silence) - Votre désir dêtre castré et le fantasme de lesclave peuvent se comprendre ensemble en éclairant une nature essentiellement masculine très éloigné de la demande du travesti en passe dêtre un transsexuel - Comment cela ? - Cest de « tenir le bon bout » puisque lesclave est celui qui tient le maître dans sa croyance Cest dêtre vraiment soi-même. Castré, le fantasme de castration, chez vous signifie acceptation de votre virilité « intérieure » ou profonde comme vous voulez. Mais jai peut-être été trop vite - Je my retrouve plus ou moins puisque nous avons presque la même formation - (silence) - Cest peut-être ce qui vous dérange quelque peu - (silence) - Le même langage, la même supposition que lautre sait bien que le savoir est un leurre. - Non cela ne me dérange pas cest au contraire très constructif. - Donc, je peux dire que linjonction « castrez moi » je ladresse à moi-même manière de me rappeler à mon « être essentiel » car bien sûr il nest pas question du Moi. Le Moi cest ma résistance, ma non acceptation etc. - Nous approchons Vous voulez en effet couper (avec) ce qui nest pas vous. Voilà le sens du fantasme - Casser la gangue, sortit de larmure caractérielle pour vivre pleinement la seule âme qui soit, est et sera, mon corps (Leib) ! Ma présence ! Et ce corps destinal est acceptation et réceptivité affirmées et ainsi don. - Affirmation de ce qui apparaît comme négatif aux autres et qui vous préoccupe toujours, trop. Ce que les autres pensent ou que vous croyez quils pensent de vous. Comme lorsquils vous appelaient « fille manquée » alors que vous saviez que vous étiez et seriez toujours un garçon certes mais qui désirerait et voudrait être aimé, aimer un autre garçon Et ce sur quoi jinsisterai cest « aimer ». Vous avez pris cette décision très trop. Une décision grave dans des temps où le sexe se présentent comme lactivité libératrice par excellence - Et est asservissant in facto ! - Etre castré est mis pour « pouvoir aimer » et dabord vous aimez vous même tel que vous êtes. Vous connaître pour connaître les dieux ! Cest le sens du texte antique cité plus haut ; la castration symboliquement jouée permet laccès à la Connaissance qui demeure sinon un savoir non-relié ! - Vous voulez vraiment me dissuader de passer à lacte ?! - Vous nen avez jamais eu le désir « réel » - Mais en parlant avec vous de « ma castration » je vois ces photos de beaux mâles musclés tatoués sans testicules ni pénis et je veux être comme eux - Et vous bandez .. pour des images - Mais ils existent ces hommes là ! - Ce sont des images. Vous ne connaissez rien deux. Ce ne sont que des images et quand vous avez vu un vrai eunuque, quelquun qui létait volontairement, et justement conformément à ce quest un eunuque (un ange, un puritain !, je reprends vos termes) vous avez été écuré, non ? - Mais, alors vous me défendez de devenir comme vous .. - Cest que je suis eunuque malgré moi ! Je sais que la jouissance que procure le fantasme de castration est supérieur à sa réalisation, quil y a tout un potentiel de jouissance qui permet tout autant la suspension de la fuite à linfini Cest alors presque un yoga. Je crois que vous me comprenez. |