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Le Pacte Manqué
«
Il avait peur que les gens décident tout dun coup quil nétait plus un petit garçon ;il aurait beau protester, personne ne lécouterait
» Lenfance dun chef. JP Sartre.
Plusieurs fois Andros avait rêvé, fantasmé, un monde entièrement masculin de muscles et de force, où les rôles étaient rigoureusement définis. Pas dambiguïté, pas de bisexualité. Jamais un actif prenait le rôle passif et réciproquement. Un monde où pour vivre pleinement les rôles définis, des testicules, des pénis étaient tranchés (1) , des hommes avaient des vagins, certains pouvaient même avoir des pectoraux si développés quils semblaient des seins, dautres souhaitaient même avoir des seins (au risque dêtre rejetés de la communauté)(2) , et pourtant cétait des hommes ! Pures histoires ? Fantasmes ? Une catharsis ?
Lorsque Andros lui-même traitait ses couilles comme des excroissances, son sexe comme trop gros, les badigeonnait avec des substances cicatrisantes (cherchant encore parmi les simples de nos régions des plantes plus ou moins oestrogènes) des gels glaçants, les entourait de pansement, cherchait par tous les moyens à coincer son sexe entre les jambes, ne pissant plus quassis, infligeant toute sorte de sévices à son appareil, il y avait de quoi douter que ce soit de strictes fantaisies et quil ne passerait pas à lacte. Nespérait-il pas, malgré tout, et par des rites empruntés à la Voie de la Main Gauche, rejoindre la communauté de son imagination ? Ne lavait-il pas rendu tangible dans lastral depuis le jour où il avait rendu un culte au ténébreux Sapanur (reconnu sous les traits à jamais fixés comme ceux de lHomme Absolu, son idole J.T) ?
Ekja Ekja Tanré Ekja Tanré Tanré Tanré Rétan Kjé Jinvoque le Mâle Ardent, lHomme Absolu. Intensité Jinvoque le Mâle par mon Désir. Ampleur Je linvoque en son Image Pour quil sincarne en toi et me fasse son Réceptacle. Ekja ! Ekja En tinvoquant mon cul se fait vagin
Ekja ! Ekja hé ! Je me rêve et je rêve le Mâle Ardent A qui je suis promis dans la Terre du Rêve Je mouvre à lui de tout mon corps érogène Dans son étreinte je deviens le Linga ! Il se reconnaît en moi Son complément parfait, emboîté Au miroir de son corps Son dard : Ekja ! Ekja hé ! Il a réclamé ma castration Ekja, Ekja Nerta ! Il a Réclamé ce sacrifice pour sincarner Dans cet autre monde qui est le notre Pour que je sois à lui !
Ekja Ekja Tanré Ekja Tanré Tanré Tanré Rétan Kjé Je me rêve en son rêve, Ardeur du Mâle Dans le territoire du rêve Mes testicules se rétractent, disparaissent dans Sa Fureur. Il les consument Mon pénis se rétrécit, minuscule, reste dur, ardeurs de mon anus Orgasme sans érection, orgasme sec. Orgasme sans fin, sans perte dénergie Suprême béatitude !
Ekja Ekja Tanré ! Ekja Tanré ! Tanré ! Tanré, Rétan Kjé Pour toi lhomme ardent, Pour son orgasme, éclatante explosion en moi fis de mes couilles ! plus de bite, dur, vibre mon clite, Me réjouissant de mes petits seins fermes Libre, je peux taimer et être aimé : plus rien à prouver orgasme permanent submersion je suis à toi !
Ekja Ekja Tanré ! Ekja Tanré ! Tanré ! Tanré, Rétan Kjé MORFIR CEPACLE VUXE ! Dans le temple éclairé de quelques noires bougies Au centre du temple baignant dans la fumée des lourds encens En croix sur lautel dénudé, rituellement, oint, Je suis prêt pour la transformation Pour la rectification ! Lofficiant sapprête à moffrir à toi Tel que tu me désires depuis lorigine de mon désir Dans notre rêve commun Dans la Terre du Rêve Lofficiant est devant moi Le torse nu la tête recouverte dun masque de faucon Anubis ! Dans ses mains ni seringue, ni scalpel Il porte les instruments du culte Le calice Où il trempe la pointe de sa dague Il masperge Puis il récite la formule et trace le sceau sur ma poitrine Il se dirige vers le cristal qui irradie Un rayon vert précis frappe mes testicules Je sens quelques picotements Et voilà quelles senroulent et remontent Disparaissent Je murmure «morfir cepacle vuxe » Ekja, ekja
Je sens mon con dhomme mon clito mes seins Du centre, anahata une voix dit « je taime » Et chante ton nom incarné Lofficiant moffre à toi Il nous unit Ekja ! Ekja hé ! Ce ne pouvait être quun rêve dans un rêve de toi Le rêve de mon image dans ton image Alors je répète la formule MORFIR CEPACLE VUXE ! Et toujours espère
Les questions se posaient toujours : fantasmes ou passage à lacte retardé ?
Andros avait écrit de nombreuses histoires dont il était le héros, la victime consentante, jusquà, sétant lui-même mis en scène dans ses histoires, où il poussait ses fantasmes jusquaux extrêmes, à devenir une victime non plus consentante mais prête à se venger, à détruire ceux qui lavaient castré alors quil ne semblait plus le désirer. Son récit intitulé « La vengeance dAndros » devait donc être le dernier dune série daventures signée de son nom, mais aussi la fin de toutes ses histoires telles que « Pekka et Arkhos », « Al & Rob » et quelques autres. Mais Andros devint Kumari
Et encore et encore, sous un autre nom, il écrivit des histoires, inventa la brigade de la nuit. Une brigade de skinheads inspirée par www.greasetank.com composée de mâles bien membrés et dautres castrés (3) selon des rites précis, une initiation rigoureuse qui les mettait à labri des effets secondaires de la castration dont la féminisation » la chose la plus redoutée avant même létat dépressif que par euphémisme on nommait « eunuch calm ». Plusieurs fois mis en garde par quelques eunuques quil avait rencontrés, des transsexuels malheureux, des hijras en Inde. Il ne passait pas à lacte. Ecrivait. Hanté par les conseils et prescriptions des médecins qui justifiaient ces eunuques qui avaient choisi cet état pour se conformer aux Ecritures, comme Origène, pour être, croyaient-ils, à labri de la tentation. Andros ne passait pas à lacte. Il écrivait. Pour Andros le plaisir, le sexe nétait pas une tentation, pas même une compulsion. Cétait un yoga. Bhakti yoga, pratique dadoration et de fidélité. Cétait ce qui seul rapprochait les hommes, des dieux. Mais ainsi continuant à rêver, fantasmer autour de sa castration à travers ses personnages, il se trouva dans un impasse. Car si ce quil écrivait, ses histoires appartenaient à son désir, la source de son désir même sy cachait et sy dévoilait contradictoirement. Pourquoi le transcrivait-il par ces fantasmes de castration ? Il ne parvenait pas à se lexpliquer très clairement. Il répétait histoire après histoire sa demande dêtre mâle et radicalement passif. Tout autre chose que cette castration qui lobsédait ? En fait, il avait écrit en toutes lettres, plusieurs fois dans ces récits forcenés, la raison dun transfert dun phantasme plus originel : la peur dêtre comme une femme. Peur dêtre femme bien quil répétait sans cesse « je suis une mâle ». Hésitation. Trahison. Pour chanter sa passivité il rythmait « je suis (comme) une femme » et avait recours aux mythes de la Grande Déesse, », invoquait Mata Bahuchara, psalmodiant en modulant sa respiration des « Hamsa Sa Ham » pour finalement reconnaître, dans les faits, bien subjectifs, « que par les hommes il aimait à être pris (pour) femme ». Ce « comme une femme » imposait-il un détour vers la castration ? Non ! Lui imposait-il de devenir femme (même si cela aurait pu rapporter à la fraude freudienne ?) ? Non ! Il voulait seulement éviter dassumer ce trop difficile « comme » dune comparaison scabreuse et être plutôt ni un homme, ni une femme ; un eunuque ? En décrivant son désir il avait soigneusement évité (mais bien des fois linconscient lui jouait des tours) de se poser, contrôlant le fantasme, comme femme, insistant, consciencieux à paraître pleinement homme. Macho man, la ritournelle des années 70 ! Tout en sachant que cet homme en lui manquait de quelque chose pour être pleinement un homme. Il ne devenait homme quà travers son désir dun autre homme, par lhomme ! Mais ainsi il évitait encore de décrire son désir tel quil était soutenu du phantasme le plus intime, le plus originel. Là où un sentiment de honte se glissait comme celui davoir trahi ses amants de les avoir voulu comme maris. Cest alors que lui réapparut limage dAnna Vögler.
La femme était en combinaison à genoux sur un grand lit les bras tendu, folle de désir, vers cet homme
Mais avant dêtre ressaisit par cette image il en eut un pressentiment.. En écrivant récemment lhistoire de Sven (4) qui pour séduire Gunther utilisa la magie projeteant vers Günther un corps de femme . Andros réalisait encore à demi. Cette projection dune image féminine était rien dautre que son phantasme, son choix sexuel originel. Il était femme lorsquil désirait un homme. Devenait femme lorsquil faisait lamour avec un homme. Devenait homme ensuite, après lamour. Il pouvait écrire quil ne voulait pas devenir femme, changer de sexe cétait son phantasme, en effet, et il ny avait aucune raison de passer à lacte, passer sur le billard, et prendre des hormones à vie. Il était femme dans son désir de lhomme. Rien dautre. Aussi simple quau premier jour. Au jour de son éveil sexuel lorsque devant une psyché, nu il avait senti le besoin de mettre des doigts dans son anus qui devenait son vagin. Sa petite bite avait légèrement grossi mais le plaisir était dans son vagin. Ce vagin entraînait sa queue et cest de lui quelle se dressa, éjacula son premier sperme. Homme après avoir été femme. Redevenant femme en image, dans cette image qui désirait définitivement les hommes contre toute apparence. Il était femme en deçà des apparences tout à fait viriles. Il devait sans cesse reconstruire son être homme. On ne naissait pas homme. On le devenait et au fond de lui il y avait cette autre image. Il devait refaire son histoire.
Lenfant se regardait dans le miroir de la commode dans la chambre familiale. Il faisait chaud ce jour là. Sachant que personne nentrerait, les adultes étant en train de prendre leur café il se mit nu. Il regarda ses seins. Gonfleraient-ils en grandissant. Il avait à peine 9 ans. Il sinterrogeait. Vais-je devenir une fille, avoir des seins et puis
Savait-il déjà ? Oui, il y avait autre chose que lui avait et quelles navaient pas. Cétait peut être ça quil avait de trop. Et pourtant son petit pénis lui donnait tant de plaisir lorsquil lexcitait en se mettant un doigt dans lanus. Il y avait pour lui un rapport évident entre lun et lautre. Les séparait-il dailleurs ? Touchant la pointe de ses seins, son corps était parcouru de merveilleuses sensations qui le poussaient à glisser une main tremblante vers cet orifice qui en étant branlé entraînait les délicieux battements de la verge
Ce jour là, cétait lété, du balcon venait la forte odeur des roses. Il alla la respirer, effeuilla plusieurs fleurs déjà fanées dont il fit une pluie au-dessus de sa tête. Réalisant quil était nu et quon pourrait le voir, il rentra. Revint vers le miroir. Il trouva des chaussures à talon les chaussa, trouva un soutien gorge, il le porta, glissa une rose qui lécorcha un peu, se contempla. La goutte de sang et la rose, flagellation délicate. Sa petite verge battait fort parce quil sétait mis une carotte dans lanus. Etait-ce seulement d être nu qui lexcitait ou de porter des attributs féminins ?Ne sentait-il pas le besoin de les porter pour sentir ses seins Devant les images qui lexcitaient ; peuples des jungles, des forêts vierges, les aborigènes. Mais plus encore les hommes nus, romains, grecs des sculptures, des peintures du Louvre ou de ses dictionnaires Larousse. Des femmes, il naimait que les poses que semblait faciliter cette nudité offerte à lhomme. Faite pour lhomme. Mais au lieu de trouver beau, excitant les soutiens gorges, les décolletés amples des robes de soirée sur celles qui les portaient cétait lenvie de les porter lui-même plutôt que denfiler ses pantalons, ses chemises de cotons qui le tourmentait. Il navait pas à porter dautres vêtements que ceux qui attiraient les hommes, les faire le désirer. Etre une femme. Comme il aurait aimé porter comme elle un maillot de bain deux pièces, un petit bikini au lieu de sexposer tout le torse avec ce slip unique. Il sentait son cur battre, son pouls s accélérer, toute une gamme de sensations parcourait son corps alors quil simaginait avec ce bikini, avec ce soutien gorge. Il jouissait lorsquil sidentifiait à ces starlettes dans les bras dhommes musclés. Il voulait être la femme dun de ces hommes. Cétait fou. Il navait pas le droit. On lavait déjà puni layant surpris en train dessayer de se fabriquer un soutien gorge et de porter son slip en bikini, surpris sa manière de croiser les jambes, de regarder les hommes, dêtre fasciné par les séries télévisées, les films de tarzan, les péplum. Tout cela était vraiment mal. Devant le miroir nu sous une robe en mousseline, les seins gonflés et en talon aiguilles il marchait, prenait des attitudes ; les attitudes de la femme qui soffre à lhomme. Alors quil étudiait à lécole lantiquité, il sintéressa à Sumer, lu un texte dont il retint fasciné cette expression « Mais la femme grâce à son vagin ». ce ne fut pas tant lorgane féminin que la grâce quil apportait quil retint. Lhomme par son organe navait pas de grâce autre que de guerroyer et de festoyer. Gilgamesh et Enkidu, ce nest que beaucoup plus tard quil réalisa que peut-être ils furent amants mais cétait déjà de linterprétation. Le désir ny était pour rien. Grâce au vagin, le plaisir infini ! Et puis ce quon attendait (qui le laissait indifférent ou plutôt gêné) arriva ; ses testicules descendirent, son sexe gonfla. Il éjacula. Cela ne lui allait pas. Il désirait plus fortement que jamais ce beau garçon sportif, Fred, le leader de sa classe qui avait déjà sa petite amie, ses flirts. Quy avait-il de mal à ça que lui Andros le désir, veuille être à la place de cette maudite fille. Il était jaloux. Mais il ne pouvait sempêcher de penser que Fred et lui seul aurait des couilles, un sexe pour lui. Andros nen avait pas besoin puisquil avait été une femme, quil létait toujours puisquil le désirait avec tous les garçons musclés, un peu brutaux. Cest alors que lui apparu limage dAnna Vögler, sur une plage déserte de la mer du Nord, cet été là. Andros venait chercher les ormeaux comme dans une estampe japonaise
Elle venait dôter son soutien gorge, avait gardé le bikini mais lhomme sapprocha delle. Il était en maillot de bain, bronzé, musclé. Elle laissa tomber le bikini pour soffrir entière, nue à lhomme. Andros soffrait à lui
Il était Anna Vögler, pour cet instant de plaisir, pour le plaisir, pour léternité !
Mais progressivement, avec le temps, les brimades, peut-être, sa complicité forcé avec les femmes (évitant les hommes dont il désirait trop être possédé) les femmes quil ne désirait pas, il résista de toutes ses forces pour ne pas se trahir. Je suis un homme se répétait-il. Narrivant pas à se convaincre mais parvenant à parfaire une certaine apparence. Cette résistance avait généré ces fantasmes de castration. Car se sentir femme devant licône de lhomme absolu était une chose quil admettait parce que cétait un rituel, une initiation répétée, mais lêtre pour un homme, pour tout homme, éprouver le désir que peux en éprouver une femme, il ne le supportait pas. Cétait la honte. La honte ! Il se voyait alors, contraint, travesti, maquillé, maquillage défait après lamour raté, en spectacle, révélant dimmondes traits masculins à lhomme qui avait voulu être dupé. La caricature ! Pourtant il néprouvait pas ce besoin de travestissement, cétait son corps nu sous une combinaison légère, courte, ou avec un maillot deux pièces, un petit bikini retenant serré son sexe qui séprouvait dans limage dune femme. Limage dAnna Vögler.
Anna Vögler en combinaison, les cheveux défaits, à genoux sur un grand lit à baldaquins, une épaule découverte laissant apparaître un petit sein ferme. Elle attirait vers elle un homme torse nu en jeans qui se déboutonnait, arrogant. Il voulait la prendre ainsi lallonger. Mais elle lentraînait doucement. Il était sur le dos. Elle se mettait sur lui, enlevant sa combinaison pleine de sueur, écartant les cuisses, livrant son corps nu. « mon corps » se surpris à dire Andros à lui-même. Il était Anna. Il était sur cet homme. Il était pénétré par lui. Et en même temps quAnna il avait joui de cet homme en son vagin. Après quil lui ait malaxé ses petits seins fermes. Il avait donné des coups de reins qui rendait la bite de lhomme plus ferme qui le pénétrait toujours plus profondément. Toujours plus rapidement. Lhomme avait joui avant elle. Elle, Andros devenu Anna Vögler pour toujours, elle, la maîtresse de cet homme qui était son homme. Il avait joui. Cest en se rhabillant quil reprenait lapparence de lhomme quil est lorsque son désir sapaise, que lexistence na plus de consistance que celle des quotidiens exténués. Il nexistait que par ce désir et la reconnaissance de ce phantasme originel redonnait sens à son existence qui nétait consacrée quà lhomme OM ! HOM ! Agios ô Makistos !
Je suis la porte Tu as la clef O Maciste ! maciste Reprend moi dans la Vérilité Par un homme pénétré Je recouvre ma virilité MA PASSIVITE Accueillons nous dans la Viridité Agios o Makistos Agios o Sapanur
Désirant les hommes seulement, rien dautre. Une existence consacré à cet amour là. Rien dautre le reste ? Il se pouvait que le reste ne soit quune dérive, telle la quête du graal (cette coupe qui ne fut que le réceptacle pour le Sang Royal (réal) Marie Madeleine !) la quête de lêtre (qui repris par la philosophie nétait quune prétention à la puissance politique ?) la sagesse (un jolie mensonge socratique mis pour euthanasie) tout ça
. Rien ! Juste de quoi compenser labsence dun contact permanent, le corps à corps avec lHomme. Compenser de navoir un mari. Il fallait bien quil y ait autre chose surtout quavec lâge retrouvant son phantasme, ça pesait lourdement. Une vieille femme ce nétait pas plus désirable quun vieil homme. Même si elle parvenait mieux à tromper en jouant avec art de maquillage, de vêtements amples alors que lhomme pouvait tout juste se payer un gigolo ! Limage projetée extérieurement suivait ce vieillissement ça devenait atroce. Une grande douleur semparait de lui, une douleur que rien ne pouvait plus guérir, surtout pas la vie comme vie., ce gargouillis qui se retrouvait à léchelle de ce pet cosmique, cet univers en expansion économique ! Andros réalisait quil navait plus lâge de ses histoires, quil ne pouvait même plus mentir sur son âge. Sil avait pu ne pas paraître son âge jusquà la moitié de la quarantaine avec plus de 50 ans cétait fini, impossible. Il y avait une odeur de la chair
comme une décomposition entamée. Les fantasmes implosaient. Le phantasme originel, sans âge, le tourmentait (parfois il sy laissait prendre, soubliait) ça le rendait plus étranger à lui-même, dans le regard de lautre. Définitivement il était ce vieux !
Andros nétait plus Andros cétait moi qui venait de jouir dans une combinaison de soie, mon sexe serré entre mes jambes, cette bite, ces couilles que javais oubliés, le gode fourrageant mon con dhomme. Ce gode and only one god ! - serait désormais mon seul amant possible, le meilleur des mondes possibles pour une monade sans porte ni fenêtre repliée sur elle-même, chair plissée ! Mais pour le phantasme sans âge, joué par lui, le gode faisait pénétrer en moi limage du mâle absolu. Moi la femme sans mari, délaissée sous lécorce dune masculinité endurcie, jétais devenu un temps Anna Vögler. Le temps dune longue masturbation réalisant, avec léjaculation soudaine, incontrôlée, devant la webcam enclenchée lhorreur de la situation : ce vieux corps aux contours ramollis gâtés par les bourrelets de graisse avait osé redevenir Anna Vögler. Vibrant dune sexualité, dun plaisir sans effort venu du fond de son être, du fond de son anus. Ce vieux corps avait osé ! Vieux, laid, malgré des proportions encore juvéniles. Ce corps. Ce visage. Cette rondeur molle, avachie de ce visage me dégoûtait. Je ne pouvais plus me regarder. Je voilerai tous les miroirs !.Je nallumerai plus que des lampes rouges ! Alors de ce visage se regardant dévisagé par lobjectif la « vie intérieure » reprendrait le dessus, mentirait encore et toujours en me proposant des idées, les idées mavaient tué. Rongé par les idées ! En face de moi, en moi il ny avait plus rien que la vieillesse. La honte dans la chair. Rien que ça. Nêtre quun vieux pervers sur fond de danse macabre, tous ces mourants, tous ces morts. Esthétique testamentaire, joie des nécropoles, jétais gothique au naturel de la vie. Limage dAnna Vögler, Anna Vögler de loriginalité même du phantasme, était revenue couronner cet échec : avoir menti si longtemps à mon corps. Corps désormais était plus près de la tombe que de ton corps, ô mon Homme ! Et un démon ricanait avec les fictions angéliques, fiction lui-même à qui je ne pouvais pas vendre mon âme pour un peu de jeunesse, un dernier corps à corps extatique, un orgasme final ! A ce démon je ne pouvais pas vendre mon âme puisque ce démon cétait moi, moi et moi !
(1) Cest fait, tu nous appartiens et tu es redevenu toi-même. Il faudra attendre un bon mois pour la cicatrisation et plusieurs mois pour que ce soit esthétique. Mais tu es entre de bonnes mains. - La cicatrisation ? Jai donc été opéré ? (une peur brumeuse le saisit) - Oui, le chirurgien a effectué cette pénectomie nécessaire à ton épanouissement - Je nai plus de pénis ? (il essaye de se soulever, ne peut que soulever le drap et voir un bandage, une sonde, rien de distinct) - Tu verras lorsquon changera le pansement. Lorsque tu nauras plus de pansement, tu verras ! Notre petit mec reste dans les brumes. Il a peur. Il sent une vague douleur mais il sait bien quil est bourré de médicaments - On te donnera des antalgiques, tu prendras des antibiotiques pendant une semaine. Beaucoup de vitamines et pour ne pas trop ressentir le manque
- Le manque de ma
de mon pénis. - Ça peut-être, mais il ne faut surtout pas que tu es des désirs trop violents. Tu ne peux pas avoir de rapport sexuel pendant plus dune semaine. On ta prescrit un anti-androgène à faibles doses
- Un anti-androgène ? Mais je risque une féminisation
- Tu ne risques rien, cest à très faibles doses ! Une semaine passe. Après le premier choc lorsquon lui change pour la première fois le pansement. Il voit un amas rougeoyant avec cette sonde qui en sort
Il manque de sévanouir. Mais les jours suivants il commence à voir quelque chose qui nest pas aussi atroce que les photos du chirurgien. Il a seulement son pénis tout petit, vraiment rétréci qui se met à bouger un peu, ça lui fait mal mais il est rassuré. Ses testicules sont remontés aussi, tirés vers lintérieur. Il pense un instant « alors, je ne pourrais plus baiser un mec ». Puis se met à rire. Sotte pensée ! Cest Thorsen qui le baisera, notre petit mec, lorsquil sera complètement remis de son opération.
(2) Lorsque Marco se regardait dans un miroir, il aimait à se peloter les pectoraux., ses seins. ce n'était pas ses tétons qui l'excitaient mais ses pectoraux quil imaginait en forme de poire, un peu plus arrondis. Son corps totalement glabre était proportionné et musclé comme le sont les nageurs. Il se contemplait ainsi, son sexe coincé, serré entre ses jambes, le miroir lui renvoyait limage dun homme sans ses parties génitales. Il ne considérait comme son vrai sexe que son con d'homme. Sa bite nétait quun appendice, pour pisser, ses couilles ils se demandaient toujours à quoi elles lui servaient... biologiquement certes il le savait mais il ne l'admettait pas. Elles ne servaient à rien !
(3) Nash se trouvait rassuré et regardait les points de suture qui à jamais marquaient labsence tant souhaitée de ses testicules comme un triomphe, une affirmation de son être ! Pour les jeunes mâles comme lui les couilles étaient une plaie, quil fallait soignée, une excroissance dont lablation était souhaitable. Ils ne voyaient aucun lien entre elles et leur jouissance entièrement passive, leur corps mâle non par ces seuls attributs mais en son entièreté. A leur contact les autres mâles se sentaient toujours démunis car la recherche du corps à corps entièrement érotisé, non localisé aux organes anus ou pénis leur demeuraient étrangers et pourtant cest avec de tels mâles dont ils jouissaient le plus. Il ny avait pas comme avec la femme perte dénergie. Par ses hommes ils se reconnaissaient entre hommes plus hommes excités par la virilité intérieure, la seule authentique virilité ! De tels hommes comme Nash découvraient cette sensation dinutilité de leurs organes très tôt mais à la différence de ceux qui se sentait « filles » nen montraient rien. Ne pouvaient pas en parler à leurs instructeurs par peur dêtre humilié, par ce pressentiment quils seraient identifiés aux hijras, des filles manquées ! Pourtant parlant de ce désir dêtre castré et faisant le lien entre lorgane et le désir, la jouissance trouveraient-ils aussitôt des raisons den rester au fantasme ?
(4) Sven amoureux de Günter, cétait comme un profond regret de ne pas être, pour lui et pour lui seulement, une femme. Sven connaissait sa mythologie. Il savait quil était arrivé souvent à Loki de se transformer en femme pour séduire ou induire en erreur les dieux. Sven connaissait le moyen dêtre invisible (qui ne rend pas littéralement invisible mais rend notre présence indifférente, perçue que par qui nous voulons ou pouvons. Cétait un de ces trucs que lauteur connaissait dautant mieux quil y était pris, englué dans cette invisibilité, il néchappait presque plus) il décida dessayer de projeter un corps féminin pour attirer les hommes. Il pratiquait le Seidr il deviendrait Ergi ! Le danger était grand. Il ne risquait cependant plus de mourir, sacrifié vivant dans les tourbières. Et après de nombreux exercices, il décida dexpérimenter. Il se rendit dans la rue « muni » de son corps féminin. Il saperçu que beaucoup dhommes le regardaient avec envi. Il fut naturellement agressé par un arabe mais lagression eut aussi pour effet de résorber limage. Et lagresseur fut très vite mis ko. Sven continua donc son test et aborda un jeune homme avenant qui linvita à prendre un verre chez lui. Sven le suivit pas très certain de lapparence quil offrait. Le jeune homme lui demanda son prénom. Il répondit Sven
ska. Lautre se mit à rire. Tu hésitais
« Moi cest Albrecht. Tes vraiment belle
» Ça marchait ! Sven était trop content ! Il voit lautre médusé devant lui qui sesclaffe « Merde, un mec ! » Dautant plus mec quil ny a pas trace de vêtements féminins, pas même le style unisexe mondialisé ! Mais un jeune mâle blond, musclé en jeans et débardeur. Comme le mec nest pas un abruti, ils rient tous deux de bon cur. Boivent une bière ensemble et se quittent en copains. Il fallait donc faire attention, limage projetée ne tenait ni devant lagression, ni avec le sentiment dautosatisfaction. Comment faire avec Günter dautant que le club local nétait pas mixte, quil ne pouvait donc y entrer avec son apparence féminine. Il sexerça sur divers cible. Il finit par avoir un rapport sexuel avec un mec qui ne saperçu quil avait fait lamour avec un autre mec que lorsque, satisfait de son coup, ils sétaient rhabillés dans la lumière. Mais il navait pas eu le temps de réagir, Sven avait décampé. Dans la ville on commençait à jaser. On parlait dattentats à la pudeur, dagression sexuelle par un travesti. Sven continua à pratiquer ses tests hors de la ville. Il réussissait de mieux en mieux. Il eut ainsi bon nombre de tricks. Alors il décida de se rendre avec son apparence féminine à la sortie du gymnase où Günther continuait à se rendre journellement alors que Sven depuis déjà plus de 3 semaines lavait déserté. Sven ne sétait plus rasé les cheveux et étant imberbe de nature comme beaucoup de blonds son corps était parfaitement lisse. Comme il pratiquait ses exercices devant le miroir, il ne sétait pas aperçu que des transformations « réelles » sétaient effectuées, lapparence féminine projetée devenait de plus en plus convaincante. Il jouait avec le feu. Il devenait femme ! Et en effet Günther le remarqua, le siffla comme il avait lhabitude lorsquil voyait une fille qui lui faisait envi. « Salut la belle ! » Sven restait sur ses gardes, son désir était trop fort. Mais il ne ressentit rien au niveau de son sexe qui ne pu laisser planer de doute
Il sentit ses seins se gonfler
Il lui semblait avoir un vagin. « Tu viens ! je toffre un pot »
. « Comment tappelles-tu ? » Sven avait peur de parler, sa voix pouvait le trahir. Mais Dune voix timide il se surpris à dire « Aline ». Et sa voix était celle dune femme. « Cest pas un nom dici » lui rétorqua Günther
(et cétait curieusement le féminin du prénom de lauteur qui avait peut-être ressenti, son corps se transformé pour ce Günther
).
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