Le pacte manqué (in french)
By: napunsaka

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[GAY] [PENECTOMY] [TESTICLES]

Le Pacte Manqué

« …Il avait peur que les gens décident tout d’un coup qu’il n’était plus un petit garçon ;il aurait beau protester, personne ne l’écouterait… » L’enfance d’un chef. JP Sartre.

Plusieurs fois Andros avait rêvé, fantasmé, un monde entièrement masculin de muscles et de force, où les rôles étaient rigoureusement définis. Pas d’ambiguïté, pas de bisexualité. Jamais un actif prenait le rôle passif et réciproquement. Un monde où pour vivre pleinement les rôles définis, des testicules, des pénis étaient tranchés , des hommes avaient des vagins, certains pouvaient même avoir des pectoraux si développés qu’ils semblaient des seins, d’autres souhaitaient même avoir des seins (au risque d’être rejetés de la communauté) , et pourtant c’était des hommes ! Pures histoires ? Fantasmes ? Une catharsis ?

Lorsque Andros lui-même traitait ses couilles comme des excroissances, son sexe comme trop gros, les badigeonnait avec des substances cicatrisantes (cherchant encore parmi les simples de nos régions des plantes plus ou moins oestrogènes) des gels glaçants, les entourait de pansement, cherchait par tous les moyens à coincer son sexe entre les jambes, ne pissant plus qu’assis, infligeant toute sorte de sévices à son appareil, il y avait de quoi douter que ce soit de strictes fantaisies et qu’il ne passerait pas à l’acte. N’espérait-il pas, malgré tout, et par des rites empruntés à la Voie de la Main Gauche, rejoindre la communauté de son imagination ? Ne l’avait-il pas rendu tangible dans l’astral depuis le jour où il avait rendu un culte au ténébreux Sapanur (reconnu sous les traits à jamais fixés comme ceux de l’Homme Absolu, son idole J.T) ?


Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
J’invoque le Mâle Ardent, l’Homme Absolu.
Intensité
J’invoque le Mâle par mon Désir.
Ampleur
Je l’invoque en son Image
Pour qu’il s’incarne en toi et me fasse son Réceptacle.
Ekja ! Ekja
En t’invoquant mon cul se fait vagin

Ekja ! Ekja hé !
Je me rêve et je rêve le Mâle Ardent
A qui je suis promis dans la Terre du Rêve
Je m’ouvre à lui de tout mon corps érogène
Dans son étreinte je deviens le Linga !
Il se reconnaît en moi
Son complément parfait, emboîté
Au miroir de son corps
Son dard :
Ekja ! Ekja hé !
Il a réclamé ma castration
Ekja, Ekja Nerta !
Il a Réclamé ce sacrifice pour s’incarner
Dans cet autre monde qui est le notre
Pour que je sois à lui !

Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
Je me rêve en son rêve,
Ardeur du Mâle
Dans le territoire du rêve
Mes testicules se rétractent, disparaissent dans Sa Fureur.
Il les consument
Mon pénis se rétrécit, minuscule, reste dur,
ardeurs de mon anus
Orgasme sans érection, orgasme sec.
Orgasme sans fin,
sans perte d’énergie
Suprême béatitude !


Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
Pour toi l’homme ardent,
Pour son orgasme, éclatante explosion en moi
fis de mes couilles !
plus de bite,
dur, vibre mon clite,
Me réjouissant de mes petits seins fermes
Libre, je peux t’aimer et être aimé : plus rien à prouver
orgasme permanent
submersion
je suis à toi !

Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
MORFIR CEPACLE VUXE !
Dans le temple éclairé de quelques noires bougies
Au centre du temple baignant dans la fumée des lourds encens
En croix sur l’autel dénudé, rituellement, oint,
Je suis prêt pour la transformation
Pour la rectification !
L’officiant s’apprête à m’offrir à toi
Tel que tu me désires depuis l’origine de mon désir
Dans notre rêve commun
Dans la Terre du Rêve
L’officiant est devant moi
Le torse nu
la tête recouverte d’un masque de faucon
Anubis !
Dans ses mains ni seringue, ni scalpel
Il porte les instruments du culte
Le calice
Où il trempe la pointe de sa dague
Il m’asperge
Puis il récite la formule et trace le sceau sur ma poitrine
Il se dirige vers le cristal qui irradie
Un rayon vert précis frappe mes testicules
Je sens quelques picotements
Et voilà qu’elles s’enroulent et remontent
Disparaissent
Je murmure «morfir cepacle vuxe »
Ekja, ekja…
Je sens mon con d’homme
mon clito
mes seins
Du centre, anahata une voix dit « je t’aime »
Et chante ton nom incarné
L’officiant m’offre à toi
Il nous unit
Ekja ! Ekja hé !
Ce ne pouvait être qu’un rêve
dans un rêve de toi
Le rêve de mon image dans ton image
Alors je répète la formule
MORFIR CEPACLE VUXE !
Et toujours espère…


Les questions se posaient toujours : fantasmes ou passage à l’acte retardé ?

Andros avait écrit de nombreuses histoires dont il était le héros, la victime consentante, jusqu’à, s’étant lui-même mis en scène dans ses histoires, où il poussait ses fantasmes jusqu’aux extrêmes, à devenir une victime non plus consentante mais prête à se venger, à détruire ceux qui l’avaient castré alors qu’il ne semblait plus le désirer. Son récit intitulé « La vengeance d’Andros » devait donc être le dernier d’une série d’aventures signée de son nom, mais aussi la fin de toutes ses histoires telles que « Pekka et Arkhos », « Al & Rob » et quelques autres. Mais Andros devint Kumari …

Et encore et encore, sous un autre nom, il écrivit des histoires, inventa la brigade de la nuit. Une brigade de skinheads inspirée par www.greasetank.com composée de mâles bien membrés et d’autres castrés selon des rites précis, une initiation rigoureuse qui les mettait à l’abri des effets secondaires de la castration dont la féminisation » la chose la plus redoutée avant même l’état dépressif que par euphémisme on nommait « eunuch calm ».
Plusieurs fois mis en garde par quelques eunuques qu’il avait rencontrés, des transsexuels malheureux, des hijras en Inde. Il ne passait pas à l’acte. Ecrivait. Hanté par les conseils et prescriptions des médecins qui justifiaient ces eunuques qui avaient choisi cet état pour se conformer aux Ecritures, comme Origène, pour être, croyaient-ils, à l’abri de la tentation. Andros ne passait pas à l’acte. Il écrivait.
Pour Andros le plaisir, le sexe n’était pas une tentation, pas même une compulsion. C’était un yoga. Bhakti yoga, pratique d’adoration et de fidélité. C’était ce qui seul rapprochait les hommes, des dieux. Mais ainsi continuant à rêver, fantasmer autour de sa castration à travers ses personnages, il se trouva dans un impasse. Car si ce qu’il écrivait, ses histoires appartenaient à son désir, la source de son désir même s’y cachait et s’y dévoilait contradictoirement. Pourquoi le transcrivait-il par ces fantasmes de castration ? Il ne parvenait pas à se l’expliquer très clairement. Il répétait histoire après histoire sa demande d’être mâle et radicalement passif. Tout autre chose que cette castration qui l’obsédait ? En fait, il avait écrit en toutes lettres, plusieurs fois dans ces récits forcenés, la raison d’un transfert d’un phantasme plus originel : la peur d’être comme une femme. Peur d’être femme bien qu’il répétait sans cesse « je suis une mâle ». Hésitation. Trahison. Pour chanter sa passivité il rythmait « je suis (comme) une femme » et avait recours aux mythes de la Grande Déesse, », invoquait Mata Bahuchara, psalmodiant en modulant sa respiration des « Hamsa Sa Ham » pour finalement reconnaître, dans les faits, bien subjectifs, « que par les hommes il aimait à être pris (pour) femme ».
Ce « comme une femme » imposait-il un détour vers la castration ? Non ! Lui imposait-il de devenir femme (même si cela aurait pu rapporter à la fraude freudienne ?) ? Non ! Il voulait seulement éviter d’assumer ce trop difficile « comme » d’une comparaison scabreuse et être plutôt ni un homme, ni une femme ; un eunuque ?
En décrivant son désir il avait soigneusement évité (mais bien des fois l’inconscient lui jouait des tours) de se poser, contrôlant le fantasme, comme femme, insistant, consciencieux à paraître pleinement homme. Macho man, la ritournelle des années 70 ! Tout en sachant que cet homme en lui manquait de quelque chose pour être pleinement un homme. Il ne devenait homme qu’à travers son désir d’un autre homme, par l’homme ! Mais ainsi il évitait encore de décrire son désir tel qu’il était soutenu du phantasme le plus intime, le plus originel. Là où un sentiment de honte se glissait comme celui d’avoir trahi ses amants de les avoir voulu comme maris. C’est alors que lui réapparut l’image d’Anna Vögler.

La femme était en combinaison à genoux sur un grand lit les bras tendu, folle de désir, vers cet homme …

Mais avant d’être ressaisit par cette image il en eut un pressentiment.. En écrivant récemment l’histoire de Sven qui pour séduire Gunther utilisa la magie projeteant vers Günther un corps de femme . Andros réalisait encore à demi. Cette projection d’une image féminine était rien d’autre que son phantasme, son choix sexuel originel. Il était femme lorsqu’il désirait un homme. Devenait femme lorsqu’il faisait l’amour avec un homme. Devenait homme ensuite, après l’amour. Il pouvait écrire qu’il ne voulait pas devenir femme, changer de sexe c’était son phantasme, en effet, et il n’y avait aucune raison de passer à l’acte, passer sur le billard, et prendre des hormones à vie. Il était femme dans son désir de l’homme. Rien d’autre. Aussi simple qu’au premier jour. Au jour de son éveil sexuel lorsque devant une psyché, nu il avait senti le besoin de mettre des doigts dans son anus qui devenait son vagin. Sa petite bite avait légèrement grossi mais le plaisir était dans son vagin. Ce vagin entraînait sa queue et c’est de lui qu’elle se dressa, éjacula son premier sperme. Homme après avoir été femme. Redevenant femme en image, dans cette image qui désirait définitivement les hommes contre toute apparence. Il était femme en deçà des apparences tout à fait viriles. Il devait sans cesse reconstruire son être homme. On ne naissait pas homme. On le devenait et au fond de lui il y avait cette autre image. Il devait refaire son histoire.


L’enfant se regardait dans le miroir de la commode dans la chambre familiale. Il faisait chaud ce jour là. Sachant que personne n’entrerait, les adultes étant en train de prendre leur café – il se mit nu. Il regarda ses seins. Gonfleraient-ils en grandissant. Il avait à peine 9 ans. Il s’interrogeait. Vais-je devenir une fille, avoir des seins et puis … Savait-il déjà ? Oui, il y avait autre chose que lui avait et qu’elles n’avaient pas. C’était peut être ça qu’il avait de trop. Et pourtant son petit pénis lui donnait tant de plaisir lorsqu’il l’excitait en se mettant un doigt dans l’anus. Il y avait pour lui un rapport évident entre l’un et l’autre. Les séparait-il d’ailleurs ? Touchant la pointe de ses seins, son corps était parcouru de merveilleuses sensations qui le poussaient à glisser une main tremblante vers cet orifice qui en étant branlé entraînait les délicieux battements de la verge …
Ce jour là, c’était l’été, du balcon venait la forte odeur des roses. Il alla la respirer, effeuilla plusieurs fleurs déjà fanées dont il fit une pluie au-dessus de sa tête. Réalisant qu’il était nu et qu’on pourrait le voir, il rentra. Revint vers le miroir. Il trouva des chaussures à talon les chaussa, trouva un soutien gorge, il le porta, glissa une rose qui l’écorcha un peu, se contempla. La goutte de sang et la rose, flagellation délicate. Sa petite verge battait fort parce qu’il s’était mis une carotte dans l’anus. Etait-ce seulement d’ être nu qui l’excitait ou de porter des attributs féminins ?Ne sentait-il pas le besoin de les porter pour sentir ses seins Devant les images qui l’excitaient ; peuples des jungles, des forêts vierges, les aborigènes. Mais plus encore les hommes nus, romains, grecs des sculptures, des peintures du Louvre ou de ses dictionnaires Larousse. Des femmes, il n’aimait que les poses que semblait faciliter cette nudité offerte à l’homme. Faite pour l’homme. Mais au lieu de trouver beau, excitant les soutiens gorges, les décolletés amples des robes de soirée sur celles qui les portaient c’était l’envie de les porter lui-même plutôt que d’enfiler ses pantalons, ses chemises de cotons qui le tourmentait. Il n’avait pas à porter d’autres vêtements que ceux qui attiraient les hommes, les faire le désirer. Etre une femme. Comme il aurait aimé porter comme elle un maillot de bain deux pièces, un petit bikini au lieu de s’exposer tout le torse avec ce slip unique. Il sentait son cœur battre, son pouls s’ accélérer, toute une gamme de sensations parcourait son corps alors qu’il s’imaginait avec ce bikini, avec ce soutien gorge. Il jouissait lorsqu’il s’identifiait à ces starlettes dans les bras d’hommes musclés. Il voulait être la femme d’un de ces hommes. C’était fou. Il n’avait pas le droit. On l’avait déjà puni l’ayant surpris en train d’essayer de se fabriquer un soutien gorge et de porter son slip en bikini, surpris sa manière de croiser les jambes, de regarder les hommes, d’être fasciné par les séries télévisées, les films de tarzan, les péplum. Tout cela était vraiment mal. Devant le miroir nu sous une robe en mousseline, les seins gonflés et en talon aiguilles il marchait, prenait des attitudes ; les attitudes de la femme qui s’offre à l’homme. Alors qu’il étudiait à l’école l’antiquité, il s’intéressa à Sumer, lu un texte dont il retint fasciné cette expression « Mais la femme grâce à son vagin ». ce ne fut pas tant l’organe féminin que la grâce qu’il apportait qu’il retint. L’homme par son organe n’avait pas de grâce autre que de guerroyer et de festoyer. Gilgamesh et Enkidu, ce n’est que beaucoup plus tard qu’il réalisa que peut-être ils furent amants mais c’était déjà de l’interprétation. Le désir n’y était pour rien. Grâce au vagin, le plaisir infini !
Et puis ce qu’on attendait (qui le laissait indifférent ou plutôt gêné) arriva ; ses testicules descendirent, son sexe gonfla. Il éjacula. Cela ne lui allait pas. Il désirait plus fortement que jamais ce beau garçon sportif, Fred, le leader de sa classe qui avait déjà sa petite amie, ses flirts. Qu’y avait-il de mal à ça que lui Andros le désir, veuille être à la place de cette maudite fille. Il était jaloux. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que Fred et lui seul aurait des couilles, un sexe pour lui. Andros n’en avait pas besoin puisqu’il avait été une femme, qu’il l’était toujours puisqu’il le désirait avec tous les garçons musclés, un peu brutaux. C’est alors que lui apparu l’image d’Anna Vögler, sur une plage déserte de la mer du Nord, cet été là. Andros venait chercher les ormeaux comme dans une estampe japonaise… Elle venait d’ôter son soutien gorge, avait gardé le bikini mais l’homme s’approcha d’elle. Il était en maillot de bain, bronzé, musclé. Elle laissa tomber le bikini pour s’offrir entière, nue à l’homme. Andros s’offrait à lui… Il était Anna Vögler, pour cet instant de plaisir, pour le plaisir, pour l’éternité !

Mais progressivement, avec le temps, les brimades, peut-être, sa complicité forcé avec les femmes (évitant les hommes dont il désirait trop être possédé) les femmes qu’il ne désirait pas, il résista de toutes ses forces pour ne pas se trahir. Je suis un homme se répétait-il. N’arrivant pas à se convaincre mais parvenant à parfaire une certaine apparence. Cette résistance avait généré ces fantasmes de castration. Car se sentir femme devant l’icône de l’homme absolu était une chose qu’il admettait parce que c’était un rituel, une initiation répétée, mais l’être pour un homme, pour tout homme, éprouver le désir que peux en éprouver une femme, il ne le supportait pas. C’était la honte. La honte ! Il se voyait alors, contraint, travesti, maquillé, maquillage défait après l’amour raté, en spectacle, révélant d’immondes traits masculins à l’homme qui avait voulu être dupé. La caricature ! Pourtant il n’éprouvait pas ce besoin de travestissement, c’était son corps nu sous une combinaison légère, courte, ou avec un maillot deux pièces, un petit bikini retenant serré son sexe qui s’éprouvait dans l’image d’une femme. L’image d’Anna Vögler.


Anna Vögler en combinaison, les cheveux défaits, à genoux sur un grand lit à baldaquins, une épaule découverte laissant apparaître un petit sein ferme. Elle attirait vers elle un homme torse nu en jeans qui se déboutonnait, arrogant. Il voulait la prendre ainsi l’allonger. Mais elle l’entraînait doucement. Il était sur le dos. Elle se mettait sur lui, enlevant sa combinaison pleine de sueur, écartant les cuisses, livrant son corps nu. « mon corps » se surpris à dire Andros à lui-même. Il était Anna. Il était sur cet homme. Il était pénétré par lui. Et en même temps qu’Anna il avait joui de cet homme en son vagin. Après qu’il lui ait malaxé ses petits seins fermes. Il avait donné des coups de reins qui rendait la bite de l’homme plus ferme qui le pénétrait toujours plus profondément. Toujours plus rapidement. L’homme avait joui avant elle. Elle, Andros devenu Anna Vögler pour toujours, elle, la maîtresse de cet homme qui était son homme. Il avait joui. C’est en se rhabillant qu’il reprenait l’apparence de l’homme qu’il est lorsque son désir s’apaise, que l’existence n’a plus de consistance que celle des quotidiens exténués. Il n’existait que par ce désir et la reconnaissance de ce phantasme originel redonnait sens à son existence qui n’était consacrée qu’à l’homme OM ! HOM ! Agios ô Makistos !


Je suis la porte
Tu as la clef
O Maciste ! maciste
Reprend moi dans la Vérilité
Par un homme pénétré
Je recouvre ma virilité
MA PASSIVITE
Accueillons nous dans la Viridité
Agios o Makistos
Agios o Sapanur


Désirant les hommes seulement, rien d’autre. Une existence consacré à cet amour là. Rien d’autre – le reste ? Il se pouvait que le reste ne soit qu’une dérive, telle la quête du graal (cette coupe qui ne fut que le réceptacle pour le Sang Royal (réal) Marie Madeleine !) la quête de l’être (qui repris par la philosophie n’était qu’une prétention à la puissance politique ?) la sagesse (un jolie mensonge socratique mis pour euthanasie) tout ça …. Rien ! Juste de quoi compenser l’absence d’un contact permanent, le corps à corps avec l’Homme. Compenser de n’avoir un mari. Il fallait bien qu’il y ait autre chose surtout qu’avec l’âge retrouvant son phantasme, ça pesait lourdement. Une vieille femme ce n’était pas plus désirable qu’un vieil homme. Même si elle parvenait mieux à tromper en jouant avec art de maquillage, de vêtements amples alors que l’homme pouvait tout juste se payer un gigolo ! L’image projetée extérieurement suivait ce vieillissement ça devenait atroce. Une grande douleur s’emparait de lui, une douleur que rien ne pouvait plus guérir, surtout pas la vie comme vie., ce gargouillis qui se retrouvait à l’échelle de ce pet cosmique, cet univers en expansion économique ! Andros réalisait qu’il n’avait plus l’âge de ses histoires, qu’il ne pouvait même plus mentir sur son âge. S’il avait pu ne pas paraître son âge jusqu’à la moitié de la quarantaine avec plus de 50 ans c’était fini, impossible. Il y avait une odeur de la chair… comme une décomposition entamée. Les fantasmes implosaient. Le phantasme originel, sans âge, le tourmentait (parfois il s’y laissait prendre, s’oubliait) ça le rendait plus étranger à lui-même, dans le regard de l’autre. Définitivement il était ce vieux !


Andros n’était plus Andros c’était moi qui venait de jouir dans une combinaison de soie, mon sexe serré entre mes jambes, cette bite, ces couilles que j’avais oubliés, le gode fourrageant mon con d’homme. Ce gode – and only one god ! - serait désormais mon seul amant possible, le meilleur des mondes possibles pour une monade sans porte ni fenêtre repliée sur elle-même, chair plissée ! Mais pour le phantasme sans âge, joué par lui, le gode faisait pénétrer en moi l’image du mâle absolu. Moi la femme sans mari, délaissée sous l’écorce d’une masculinité endurcie, j’étais devenu un temps Anna Vögler. Le temps d’une longue masturbation réalisant, avec l’éjaculation soudaine, incontrôlée, devant la webcam enclenchée l’horreur de la situation : ce vieux corps aux contours ramollis gâtés par les bourrelets de graisse avait osé redevenir Anna Vögler. Vibrant d’une sexualité, d’un plaisir sans effort venu du fond de son être, du fond de son anus. Ce vieux corps avait osé ! Vieux, laid, malgré des proportions encore juvéniles. Ce corps. Ce visage. Cette rondeur molle, avachie de ce visage me dégoûtait. Je ne pouvais plus me regarder. Je voilerai tous les miroirs !.Je n’allumerai plus que des lampes rouges ! Alors de ce visage se regardant dévisagé par l’objectif la « vie intérieure » reprendrait le dessus, mentirait encore et toujours en me proposant des idées, les idées m’avaient tué. Rongé par les idées ! En face de moi, en moi il n’y avait plus rien que la vieillesse. La honte dans la chair. Rien que ça. N’être qu’un vieux pervers sur fond de danse macabre, tous ces mourants, tous ces morts. Esthétique testamentaire, joie des nécropoles, j’étais gothique au naturel de la vie. L’image d’Anna Vögler, Anna Vögler de l’originalité même du phantasme, était revenue couronner cet échec : avoir menti si longtemps à mon corps. Corps désormais était plus près de la tombe que de ton corps, ô mon Homme !
Et un démon ricanait avec les fictions angéliques, fiction lui-même à qui je ne pouvais pas vendre mon âme pour un peu de jeunesse, un dernier corps à corps extatique, un orgasme final ! A ce démon je ne pouvais pas vendre mon âme puisque ce démon c’était moi, moi et moi !










Le Pacte Manqué

« …Il avait peur que les gens décident tout d’un coup qu’il n’était plus un petit garçon ;il aurait beau protester, personne ne l’écouterait… » L’enfance d’un chef. JP Sartre.

Plusieurs fois Andros avait rêvé, fantasmé, un monde entièrement masculin de muscles et de force, où les rôles étaient rigoureusement définis. Pas d’ambiguïté, pas de bisexualité. Jamais un actif prenait le rôle passif et réciproquement. Un monde où pour vivre pleinement les rôles définis, des testicules, des pénis étaient tranchés , des hommes avaient des vagins, certains pouvaient même avoir des pectoraux si développés qu’ils semblaient des seins, d’autres souhaitaient même avoir des seins (au risque d’être rejetés de la communauté) , et pourtant c’était des hommes ! Pures histoires ? Fantasmes ? Une catharsis ?

Lorsque Andros lui-même traitait ses couilles comme des excroissances, son sexe comme trop gros, les badigeonnait avec des substances cicatrisantes (cherchant encore parmi les simples de nos régions des plantes plus ou moins oestrogènes) des gels glaçants, les entourait de pansement, cherchait par tous les moyens à coincer son sexe entre les jambes, ne pissant plus qu’assis, infligeant toute sorte de sévices à son appareil, il y avait de quoi douter que ce soit de strictes fantaisies et qu’il ne passerait pas à l’acte. N’espérait-il pas, malgré tout, et par des rites empruntés à la Voie de la Main Gauche, rejoindre la communauté de son imagination ? Ne l’avait-il pas rendu tangible dans l’astral depuis le jour où il avait rendu un culte au ténébreux Sapanur (reconnu sous les traits à jamais fixés comme ceux de l’Homme Absolu, son idole J.T) ?


Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
J’invoque le Mâle Ardent, l’Homme Absolu.
Intensité
J’invoque le Mâle par mon Désir.
Ampleur
Je l’invoque en son Image
Pour qu’il s’incarne en toi et me fasse son Réceptacle.
Ekja ! Ekja
En t’invoquant mon cul se fait vagin

Ekja ! Ekja hé !
Je me rêve et je rêve le Mâle Ardent
A qui je suis promis dans la Terre du Rêve
Je m’ouvre à lui de tout mon corps érogène
Dans son étreinte je deviens le Linga !
Il se reconnaît en moi
Son complément parfait, emboîté
Au miroir de son corps
Son dard :
Ekja ! Ekja hé !
Il a réclamé ma castration
Ekja, Ekja Nerta !
Il a Réclamé ce sacrifice pour s’incarner
Dans cet autre monde qui est le notre
Pour que je sois à lui !

Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
Je me rêve en son rêve,
Ardeur du Mâle
Dans le territoire du rêve
Mes testicules se rétractent, disparaissent dans Sa Fureur.
Il les consument
Mon pénis se rétrécit, minuscule, reste dur,
ardeurs de mon anus
Orgasme sans érection, orgasme sec.
Orgasme sans fin,
sans perte d’énergie
Suprême béatitude !


Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
Pour toi l’homme ardent,
Pour son orgasme, éclatante explosion en moi
fis de mes couilles !
plus de bite,
dur, vibre mon clite,
Me réjouissant de mes petits seins fermes
Libre, je peux t’aimer et être aimé : plus rien à prouver
orgasme permanent
submersion
je suis à toi !

Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
MORFIR CEPACLE VUXE !
Dans le temple éclairé de quelques noires bougies
Au centre du temple baignant dans la fumée des lourds encens
En croix sur l’autel dénudé, rituellement, oint,
Je suis prêt pour la transformation
Pour la rectification !
L’officiant s’apprête à m’offrir à toi
Tel que tu me désires depuis l’origine de mon désir
Dans notre rêve commun
Dans la Terre du Rêve
L’officiant est devant moi
Le torse nu
la tête recouverte d’un masque de faucon
Anubis !
Dans ses mains ni seringue, ni scalpel
Il porte les instruments du culte
Le calice
Où il trempe la pointe de sa dague
Il m’asperge
Puis il récite la formule et trace le sceau sur ma poitrine
Il se dirige vers le cristal qui irradie
Un rayon vert précis frappe mes testicules
Je sens quelques picotements
Et voilà qu’elles s’enroulent et remontent
Disparaissent
Je murmure «morfir cepacle vuxe »
Ekja, ekja…
Je sens mon con d’homme
mon clito
mes seins
Du centre, anahata une voix dit « je t’aime »
Et chante ton nom incarné
L’officiant m’offre à toi
Il nous unit
Ekja ! Ekja hé !
Ce ne pouvait être qu’un rêve
dans un rêve de toi
Le rêve de mon image dans ton image
Alors je répète la formule
MORFIR CEPACLE VUXE !
Et toujours espère…


Les questions se posaient toujours : fantasmes ou passage à l’acte retardé ?

Andros avait écrit de nombreuses histoires dont il était le héros, la victime consentante, jusqu’à, s’étant lui-même mis en scène dans ses histoires, où il poussait ses fantasmes jusqu’aux extrêmes, à devenir une victime non plus consentante mais prête à se venger, à détruire ceux qui l’avaient castré alors qu’il ne semblait plus le désirer. Son récit intitulé « La vengeance d’Andros » devait donc être le dernier d’une série d’aventures signée de son nom, mais aussi la fin de toutes ses histoires telles que « Pekka et Arkhos », « Al & Rob » et quelques autres. Mais Andros devint Kumari …

Et encore et encore, sous un autre nom, il écrivit des histoires, inventa la brigade de la nuit. Une brigade de skinheads inspirée par www.greasetank.com composée de mâles bien membrés et d’autres castrés selon des rites précis, une initiation rigoureuse qui les mettait à l’abri des effets secondaires de la castration dont la féminisation » la chose la plus redoutée avant même l’état dépressif que par euphémisme on nommait « eunuch calm ».
Plusieurs fois mis en garde par quelques eunuques qu’il avait rencontrés, des transsexuels malheureux, des hijras en Inde. Il ne passait pas à l’acte. Ecrivait. Hanté par les conseils et prescriptions des médecins qui justifiaient ces eunuques qui avaient choisi cet état pour se conformer aux Ecritures, comme Origène, pour être, croyaient-ils, à l’abri de la tentation. Andros ne passait pas à l’acte. Il écrivait.
Pour Andros le plaisir, le sexe n’était pas une tentation, pas même une compulsion. C’était un yoga. Bhakti yoga, pratique d’adoration et de fidélité. C’était ce qui seul rapprochait les hommes, des dieux. Mais ainsi continuant à rêver, fantasmer autour de sa castration à travers ses personnages, il se trouva dans un impasse. Car si ce qu’il écrivait, ses histoires appartenaient à son désir, la source de son désir même s’y cachait et s’y dévoilait contradictoirement. Pourquoi le transcrivait-il par ces fantasmes de castration ? Il ne parvenait pas à se l’expliquer très clairement. Il répétait histoire après histoire sa demande d’être mâle et radicalement passif. Tout autre chose que cette castration qui l’obsédait ? En fait, il avait écrit en toutes lettres, plusieurs fois dans ces récits forcenés, la raison d’un transfert d’un phantasme plus originel : la peur d’être comme une femme. Peur d’être femme bien qu’il répétait sans cesse « je suis une mâle ». Hésitation. Trahison. Pour chanter sa passivité il rythmait « je suis (comme) une femme » et avait recours aux mythes de la Grande Déesse, », invoquait Mata Bahuchara, psalmodiant en modulant sa respiration des « Hamsa Sa Ham » pour finalement reconnaître, dans les faits, bien subjectifs, « que par les hommes il aimait à être pris (pour) femme ».
Ce « comme une femme » imposait-il un détour vers la castration ? Non ! Lui imposait-il de devenir femme (même si cela aurait pu rapporter à la fraude freudienne ?) ? Non ! Il voulait seulement éviter d’assumer ce trop difficile « comme » d’une comparaison scabreuse et être plutôt ni un homme, ni une femme ; un eunuque ?
En décrivant son désir il avait soigneusement évité (mais bien des fois l’inconscient lui jouait des tours) de se poser, contrôlant le fantasme, comme femme, insistant, consciencieux à paraître pleinement homme. Macho man, la ritournelle des années 70 ! Tout en sachant que cet homme en lui manquait de quelque chose pour être pleinement un homme. Il ne devenait homme qu’à travers son désir d’un autre homme, par l’homme ! Mais ainsi il évitait encore de décrire son désir tel qu’il était soutenu du phantasme le plus intime, le plus originel. Là où un sentiment de honte se glissait comme celui d’avoir trahi ses amants de les avoir voulu comme maris. C’est alors que lui réapparut l’image d’Anna Vögler.

La femme était en combinaison à genoux sur un grand lit les bras tendu, folle de désir, vers cet homme …

Mais avant d’être ressaisit par cette image il en eut un pressentiment.. En écrivant récemment l’histoire de Sven qui pour séduire Gunther utilisa la magie projeteant vers Günther un corps de femme . Andros réalisait encore à demi. Cette projection d’une image féminine était rien d’autre que son phantasme, son choix sexuel originel. Il était femme lorsqu’il désirait un homme. Devenait femme lorsqu’il faisait l’amour avec un homme. Devenait homme ensuite, après l’amour. Il pouvait écrire qu’il ne voulait pas devenir femme, changer de sexe c’était son phantasme, en effet, et il n’y avait aucune raison de passer à l’acte, passer sur le billard, et prendre des hormones à vie. Il était femme dans son désir de l’homme. Rien d’autre. Aussi simple qu’au premier jour. Au jour de son éveil sexuel lorsque devant une psyché, nu il avait senti le besoin de mettre des doigts dans son anus qui devenait son vagin. Sa petite bite avait légèrement grossi mais le plaisir était dans son vagin. Ce vagin entraînait sa queue et c’est de lui qu’elle se dressa, éjacula son premier sperme. Homme après avoir été femme. Redevenant femme en image, dans cette image qui désirait définitivement les hommes contre toute apparence. Il était femme en deçà des apparences tout à fait viriles. Il devait sans cesse reconstruire son être homme. On ne naissait pas homme. On le devenait et au fond de lui il y avait cette autre image. Il devait refaire son histoire.


L’enfant se regardait dans le miroir de la commode dans la chambre familiale. Il faisait chaud ce jour là. Sachant que personne n’entrerait, les adultes étant en train de prendre leur café – il se mit nu. Il regarda ses seins. Gonfleraient-ils en grandissant. Il avait à peine 9 ans. Il s’interrogeait. Vais-je devenir une fille, avoir des seins et puis … Savait-il déjà ? Oui, il y avait autre chose que lui avait et qu’elles n’avaient pas. C’était peut être ça qu’il avait de trop. Et pourtant son petit pénis lui donnait tant de plaisir lorsqu’il l’excitait en se mettant un doigt dans l’anus. Il y avait pour lui un rapport évident entre l’un et l’autre. Les séparait-il d’ailleurs ? Touchant la pointe de ses seins, son corps était parcouru de merveilleuses sensations qui le poussaient à glisser une main tremblante vers cet orifice qui en étant branlé entraînait les délicieux battements de la verge …
Ce jour là, c’était l’été, du balcon venait la forte odeur des roses. Il alla la respirer, effeuilla plusieurs fleurs déjà fanées dont il fit une pluie au-dessus de sa tête. Réalisant qu’il était nu et qu’on pourrait le voir, il rentra. Revint vers le miroir. Il trouva des chaussures à talon les chaussa, trouva un soutien gorge, il le porta, glissa une rose qui l’écorcha un peu, se contempla. La goutte de sang et la rose, flagellation délicate. Sa petite verge battait fort parce qu’il s’était mis une carotte dans l’anus. Etait-ce seulement d’ être nu qui l’excitait ou de porter des attributs féminins ?Ne sentait-il pas le besoin de les porter pour sentir ses seins Devant les images qui l’excitaient ; peuples des jungles, des forêts vierges, les aborigènes. Mais plus encore les hommes nus, romains, grecs des sculptures, des peintures du Louvre ou de ses dictionnaires Larousse. Des femmes, il n’aimait que les poses que semblait faciliter cette nudité offerte à l’homme. Faite pour l’homme. Mais au lieu de trouver beau, excitant les soutiens gorges, les décolletés amples des robes de soirée sur celles qui les portaient c’était l’envie de les porter lui-même plutôt que d’enfiler ses pantalons, ses chemises de cotons qui le tourmentait. Il n’avait pas à porter d’autres vêtements que ceux qui attiraient les hommes, les faire le désirer. Etre une femme. Comme il aurait aimé porter comme elle un maillot de bain deux pièces, un petit bikini au lieu de s’exposer tout le torse avec ce slip unique. Il sentait son cœur battre, son pouls s’ accélérer, toute une gamme de sensations parcourait son corps alors qu’il s’imaginait avec ce bikini, avec ce soutien gorge. Il jouissait lorsqu’il s’identifiait à ces starlettes dans les bras d’hommes musclés. Il voulait être la femme d’un de ces hommes. C’était fou. Il n’avait pas le droit. On l’avait déjà puni l’ayant surpris en train d’essayer de se fabriquer un soutien gorge et de porter son slip en bikini, surpris sa manière de croiser les jambes, de regarder les hommes, d’être fasciné par les séries télévisées, les films de tarzan, les péplum. Tout cela était vraiment mal. Devant le miroir nu sous une robe en mousseline, les seins gonflés et en talon aiguilles il marchait, prenait des attitudes ; les attitudes de la femme qui s’offre à l’homme. Alors qu’il étudiait à l’école l’antiquité, il s’intéressa à Sumer, lu un texte dont il retint fasciné cette expression « Mais la femme grâce à son vagin ». ce ne fut pas tant l’organe féminin que la grâce qu’il apportait qu’il retint. L’homme par son organe n’avait pas de grâce autre que de guerroyer et de festoyer. Gilgamesh et Enkidu, ce n’est que beaucoup plus tard qu’il réalisa que peut-être ils furent amants mais c’était déjà de l’interprétation. Le désir n’y était pour rien. Grâce au vagin, le plaisir infini !
Et puis ce qu’on attendait (qui le laissait indifférent ou plutôt gêné) arriva ; ses testicules descendirent, son sexe gonfla. Il éjacula. Cela ne lui allait pas. Il désirait plus fortement que jamais ce beau garçon sportif, Fred, le leader de sa classe qui avait déjà sa petite amie, ses flirts. Qu’y avait-il de mal à ça que lui Andros le désir, veuille être à la place de cette maudite fille. Il était jaloux. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que Fred et lui seul aurait des couilles, un sexe pour lui. Andros n’en avait pas besoin puisqu’il avait été une femme, qu’il l’était toujours puisqu’il le désirait avec tous les garçons musclés, un peu brutaux. C’est alors que lui apparu l’image d’Anna Vögler, sur une plage déserte de la mer du Nord, cet été là. Andros venait chercher les ormeaux comme dans une estampe japonaise… Elle venait d’ôter son soutien gorge, avait gardé le bikini mais l’homme s’approcha d’elle. Il était en maillot de bain, bronzé, musclé. Elle laissa tomber le bikini pour s’offrir entière, nue à l’homme. Andros s’offrait à lui… Il était Anna Vögler, pour cet instant de plaisir, pour le plaisir, pour l’éternité !

Mais progressivement, avec le temps, les brimades, peut-être, sa complicité forcé avec les femmes (évitant les hommes dont il désirait trop être possédé) les femmes qu’il ne désirait pas, il résista de toutes ses forces pour ne pas se trahir. Je suis un homme se répétait-il. N’arrivant pas à se convaincre mais parvenant à parfaire une certaine apparence. Cette résistance avait généré ces fantasmes de castration. Car se sentir femme devant l’icône de l’homme absolu était une chose qu’il admettait parce que c’était un rituel, une initiation répétée, mais l’être pour un homme, pour tout homme, éprouver le désir que peux en éprouver une femme, il ne le supportait pas. C’était la honte. La honte ! Il se voyait alors, contraint, travesti, maquillé, maquillage défait après l’amour raté, en spectacle, révélant d’immondes traits masculins à l’homme qui avait voulu être dupé. La caricature ! Pourtant il n’éprouvait pas ce besoin de travestissement, c’était son corps nu sous une combinaison légère, courte, ou avec un maillot deux pièces, un petit bikini retenant serré son sexe qui s’éprouvait dans l’image d’une femme. L’image d’Anna Vögler.


Anna Vögler en combinaison, les cheveux défaits, à genoux sur un grand lit à baldaquins, une épaule découverte laissant apparaître un petit sein ferme. Elle attirait vers elle un homme torse nu en jeans qui se déboutonnait, arrogant. Il voulait la prendre ainsi l’allonger. Mais elle l’entraînait doucement. Il était sur le dos. Elle se mettait sur lui, enlevant sa combinaison pleine de sueur, écartant les cuisses, livrant son corps nu. « mon corps » se surpris à dire Andros à lui-même. Il était Anna. Il était sur cet homme. Il était pénétré par lui. Et en même temps qu’Anna il avait joui de cet homme en son vagin. Après qu’il lui ait malaxé ses petits seins fermes. Il avait donné des coups de reins qui rendait la bite de l’homme plus ferme qui le pénétrait toujours plus profondément. Toujours plus rapidement. L’homme avait joui avant elle. Elle, Andros devenu Anna Vögler pour toujours, elle, la maîtresse de cet homme qui était son homme. Il avait joui. C’est en se rhabillant qu’il reprenait l’apparence de l’homme qu’il est lorsque son désir s’apaise, que l’existence n’a plus de consistance que celle des quotidiens exténués. Il n’existait que par ce désir et la reconnaissance de ce phantasme originel redonnait sens à son existence qui n’était consacrée qu’à l’homme OM ! HOM ! Agios ô Makistos !


Je suis la porte
Tu as la clef
O Maciste ! maciste
Reprend moi dans la Vérilité
Par un homme pénétré
Je recouvre ma virilité
MA PASSIVITE
Accueillons nous dans la Viridité
Agios o Makistos
Agios o Sapanur


Désirant les hommes seulement, rien d’autre. Une existence consacré à cet amour là. Rien d’autre – le reste ? Il se pouvait que le reste ne soit qu’une dérive, telle la quête du graal (cette coupe qui ne fut que le réceptacle pour le Sang Royal (réal) Marie Madeleine !) la quête de l’être (qui repris par la philosophie n’était qu’une prétention à la puissance politique ?) la sagesse (un jolie mensonge socratique mis pour euthanasie) tout ça …. Rien ! Juste de quoi compenser l’absence d’un contact permanent, le corps à corps avec l’Homme. Compenser de n’avoir un mari. Il fallait bien qu’il y ait autre chose surtout qu’avec l’âge retrouvant son phantasme, ça pesait lourdement. Une vieille femme ce n’était pas plus désirable qu’un vieil homme. Même si elle parvenait mieux à tromper en jouant avec art de maquillage, de vêtements amples alors que l’homme pouvait tout juste se payer un gigolo ! L’image projetée extérieurement suivait ce vieillissement ça devenait atroce. Une grande douleur s’emparait de lui, une douleur que rien ne pouvait plus guérir, surtout pas la vie comme vie., ce gargouillis qui se retrouvait à l’échelle de ce pet cosmique, cet univers en expansion économique ! Andros réalisait qu’il n’avait plus l’âge de ses histoires, qu’il ne pouvait même plus mentir sur son âge. S’il avait pu ne pas paraître son âge jusqu’à la moitié de la quarantaine avec plus de 50 ans c’était fini, impossible. Il y avait une odeur de la chair… comme une décomposition entamée. Les fantasmes implosaient. Le phantasme originel, sans âge, le tourmentait (parfois il s’y laissait prendre, s’oubliait) ça le rendait plus étranger à lui-même, dans le regard de l’autre. Définitivement il était ce vieux !


Andros n’était plus Andros c’était moi qui venait de jouir dans une combinaison de soie, mon sexe serré entre mes jambes, cette bite, ces couilles que j’avais oubliés, le gode fourrageant mon con d’homme. Ce gode – and only one god ! - serait désormais mon seul amant possible, le meilleur des mondes possibles pour une monade sans porte ni fenêtre repliée sur elle-même, chair plissée ! Mais pour le phantasme sans âge, joué par lui, le gode faisait pénétrer en moi l’image du mâle absolu. Moi la femme sans mari, délaissée sous l’écorce d’une masculinité endurcie, j’étais devenu un temps Anna Vögler. Le temps d’une longue masturbation réalisant, avec l’éjaculation soudaine, incontrôlée, devant la webcam enclenchée l’horreur de la situation : ce vieux corps aux contours ramollis gâtés par les bourrelets de graisse avait osé redevenir Anna Vögler. Vibrant d’une sexualité, d’un plaisir sans effort venu du fond de son être, du fond de son anus. Ce vieux corps avait osé ! Vieux, laid, malgré des proportions encore juvéniles. Ce corps. Ce visage. Cette rondeur molle, avachie de ce visage me dégoûtait. Je ne pouvais plus me regarder. Je voilerai tous les miroirs !.Je n’allumerai plus que des lampes rouges ! Alors de ce visage se regardant dévisagé par l’objectif la « vie intérieure » reprendrait le dessus, mentirait encore et toujours en me proposant des idées, les idées m’avaient tué. Rongé par les idées ! En face de moi, en moi il n’y avait plus rien que la vieillesse. La honte dans la chair. Rien que ça. N’être qu’un vieux pervers sur fond de danse macabre, tous ces mourants, tous ces morts. Esthétique testamentaire, joie des nécropoles, j’étais gothique au naturel de la vie. L’image d’Anna Vögler, Anna Vögler de l’originalité même du phantasme, était revenue couronner cet échec : avoir menti si longtemps à mon corps. Corps désormais était plus près de la tombe que de ton corps, ô mon Homme !
Et un démon ricanait avec les fictions angéliques, fiction lui-même à qui je ne pouvais pas vendre mon âme pour un peu de jeunesse, un dernier corps à corps extatique, un orgasme final ! A ce démon je ne pouvais pas vendre mon âme puisque ce démon c’était moi, moi et moi !






On one hand a new perspective on stories I have posted here anonymously, on the other an autobiography of a wanabe or not ... -that's the question ...






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Le Pacte Manqué

« …Il avait peur que les gens décident tout d’un coup qu’il n’était plus un petit garçon ;il aurait beau protester, personne ne l’écouterait… » L’enfance d’un chef. JP Sartre.

Plusieurs fois Andros avait rêvé, fantasmé, un monde entièrement masculin de muscles et de force, où les rôles étaient rigoureusement définis. Pas d’ambiguïté, pas de bisexualité. Jamais un actif prenait le rôle passif et réciproquement. Un monde où pour vivre pleinement les rôles définis, des testicules, des pénis étaient tranchés (1) , des hommes avaient des vagins, certains pouvaient même avoir des pectoraux si développés qu’ils semblaient des seins, d’autres souhaitaient même avoir des seins (au risque d’être rejetés de la communauté)(2) , et pourtant c’était des hommes ! Pures histoires ? Fantasmes ? Une catharsis ?

Lorsque Andros lui-même traitait ses couilles comme des excroissances, son sexe comme trop gros, les badigeonnait avec des substances cicatrisantes (cherchant encore parmi les simples de nos régions des plantes plus ou moins oestrogènes) des gels glaçants, les entourait de pansement, cherchait par tous les moyens à coincer son sexe entre les jambes, ne pissant plus qu’assis, infligeant toute sorte de sévices à son appareil, il y avait de quoi douter que ce soit de strictes fantaisies et qu’il ne passerait pas à l’acte. N’espérait-il pas, malgré tout, et par des rites empruntés à la Voie de la Main Gauche, rejoindre la communauté de son imagination ? Ne l’avait-il pas rendu tangible dans l’astral depuis le jour où il avait rendu un culte au ténébreux Sapanur (reconnu sous les traits à jamais fixés comme ceux de l’Homme Absolu, son idole J.T) ?


Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
J’invoque le Mâle Ardent, l’Homme Absolu.
Intensité
J’invoque le Mâle par mon Désir.
Ampleur
Je l’invoque en son Image
Pour qu’il s’incarne en toi et me fasse son Réceptacle.
Ekja ! Ekja
En t’invoquant mon cul se fait vagin

Ekja ! Ekja hé !
Je me rêve et je rêve le Mâle Ardent
A qui je suis promis dans la Terre du Rêve
Je m’ouvre à lui de tout mon corps érogène
Dans son étreinte je deviens le Linga !
Il se reconnaît en moi
Son complément parfait, emboîté
Au miroir de son corps
Son dard :
Ekja ! Ekja hé !
Il a réclamé ma castration
Ekja, Ekja Nerta !
Il a Réclamé ce sacrifice pour s’incarner
Dans cet autre monde qui est le notre
Pour que je sois à lui !

Ekja Ekja Tanré
Ekja Tanré Tanré
Tanré Rétan Kjé
Je me rêve en son rêve,
Ardeur du Mâle
Dans le territoire du rêve
Mes testicules se rétractent, disparaissent dans Sa Fureur.
Il les consument
Mon pénis se rétrécit, minuscule, reste dur,
ardeurs de mon anus
Orgasme sans érection, orgasme sec.
Orgasme sans fin,
sans perte d’énergie
Suprême béatitude !


Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
Pour toi l’homme ardent,
Pour son orgasme, éclatante explosion en moi
fis de mes couilles !
plus de bite,
dur, vibre mon clite,
Me réjouissant de mes petits seins fermes
Libre, je peux t’aimer et être aimé : plus rien à prouver
orgasme permanent
submersion
je suis à toi !

Ekja Ekja Tanré !
Ekja Tanré ! Tanré !
Tanré, Rétan Kjé
MORFIR CEPACLE VUXE !
Dans le temple éclairé de quelques noires bougies
Au centre du temple baignant dans la fumée des lourds encens
En croix sur l’autel dénudé, rituellement, oint,
Je suis prêt pour la transformation
Pour la rectification !
L’officiant s’apprête à m’offrir à toi
Tel que tu me désires depuis l’origine de mon désir
Dans notre rêve commun
Dans la Terre du Rêve
L’officiant est devant moi
Le torse nu
la tête recouverte d’un masque de faucon
Anubis !
Dans ses mains ni seringue, ni scalpel
Il porte les instruments du culte
Le calice
Où il trempe la pointe de sa dague
Il m’asperge
Puis il récite la formule et trace le sceau sur ma poitrine
Il se dirige vers le cristal qui irradie
Un rayon vert précis frappe mes testicules
Je sens quelques picotements
Et voilà qu’elles s’enroulent et remontent
Disparaissent
Je murmure «morfir cepacle vuxe »
Ekja, ekja…
Je sens mon con d’homme
mon clito
mes seins
Du centre, anahata une voix dit « je t’aime »
Et chante ton nom incarné
L’officiant m’offre à toi
Il nous unit
Ekja ! Ekja hé !
Ce ne pouvait être qu’un rêve
dans un rêve de toi
Le rêve de mon image dans ton image
Alors je répète la formule
MORFIR CEPACLE VUXE !
Et toujours espère…


Les questions se posaient toujours : fantasmes ou passage à l’acte retardé ?

Andros avait écrit de nombreuses histoires dont il était le héros, la victime consentante, jusqu’à, s’étant lui-même mis en scène dans ses histoires, où il poussait ses fantasmes jusqu’aux extrêmes, à devenir une victime non plus consentante mais prête à se venger, à détruire ceux qui l’avaient castré alors qu’il ne semblait plus le désirer. Son récit intitulé « La vengeance d’Andros » devait donc être le dernier d’une série d’aventures signée de son nom, mais aussi la fin de toutes ses histoires telles que « Pekka et Arkhos », « Al & Rob » et quelques autres. Mais Andros devint Kumari …

Et encore et encore, sous un autre nom, il écrivit des histoires, inventa la brigade de la nuit. Une brigade de skinheads inspirée par www.greasetank.com composée de mâles bien membrés et d’autres castrés (3) selon des rites précis, une initiation rigoureuse qui les mettait à l’abri des effets secondaires de la castration dont la féminisation » la chose la plus redoutée avant même l’état dépressif que par euphémisme on nommait « eunuch calm ».
Plusieurs fois mis en garde par quelques eunuques qu’il avait rencontrés, des transsexuels malheureux, des hijras en Inde. Il ne passait pas à l’acte. Ecrivait. Hanté par les conseils et prescriptions des médecins qui justifiaient ces eunuques qui avaient choisi cet état pour se conformer aux Ecritures, comme Origène, pour être, croyaient-ils, à l’abri de la tentation. Andros ne passait pas à l’acte. Il écrivait.
Pour Andros le plaisir, le sexe n’était pas une tentation, pas même une compulsion. C’était un yoga. Bhakti yoga, pratique d’adoration et de fidélité. C’était ce qui seul rapprochait les hommes, des dieux. Mais ainsi continuant à rêver, fantasmer autour de sa castration à travers ses personnages, il se trouva dans un impasse. Car si ce qu’il écrivait, ses histoires appartenaient à son désir, la source de son désir même s’y cachait et s’y dévoilait contradictoirement. Pourquoi le transcrivait-il par ces fantasmes de castration ? Il ne parvenait pas à se l’expliquer très clairement. Il répétait histoire après histoire sa demande d’être mâle et radicalement passif. Tout autre chose que cette castration qui l’obsédait ? En fait, il avait écrit en toutes lettres, plusieurs fois dans ces récits forcenés, la raison d’un transfert d’un phantasme plus originel : la peur d’être comme une femme. Peur d’être femme bien qu’il répétait sans cesse « je suis une mâle ». Hésitation. Trahison. Pour chanter sa passivité il rythmait « je suis (comme) une femme » et avait recours aux mythes de la Grande Déesse, », invoquait Mata Bahuchara, psalmodiant en modulant sa respiration des « Hamsa Sa Ham » pour finalement reconnaître, dans les faits, bien subjectifs, « que par les hommes il aimait à être pris (pour) femme ».
Ce « comme une femme » imposait-il un détour vers la castration ? Non ! Lui imposait-il de devenir femme (même si cela aurait pu rapporter à la fraude freudienne ?) ? Non ! Il voulait seulement éviter d’assumer ce trop difficile « comme » d’une comparaison scabreuse et être plutôt ni un homme, ni une femme ; un eunuque ?
En décrivant son désir il avait soigneusement évité (mais bien des fois l’inconscient lui jouait des tours) de se poser, contrôlant le fantasme, comme femme, insistant, consciencieux à paraître pleinement homme. Macho man, la ritournelle des années 70 ! Tout en sachant que cet homme en lui manquait de quelque chose pour être pleinement un homme. Il ne devenait homme qu’à travers son désir d’un autre homme, par l’homme ! Mais ainsi il évitait encore de décrire son désir tel qu’il était soutenu du phantasme le plus intime, le plus originel. Là où un sentiment de honte se glissait comme celui d’avoir trahi ses amants de les avoir voulu comme maris. C’est alors que lui réapparut l’image d’Anna Vögler.

La femme était en combinaison à genoux sur un grand lit les bras tendu, folle de désir, vers cet homme …

Mais avant d’être ressaisit par cette image il en eut un pressentiment.. En écrivant récemment l’histoire de Sven (4) qui pour séduire Gunther utilisa la magie projeteant vers Günther un corps de femme . Andros réalisait encore à demi. Cette projection d’une image féminine était rien d’autre que son phantasme, son choix sexuel originel. Il était femme lorsqu’il désirait un homme. Devenait femme lorsqu’il faisait l’amour avec un homme. Devenait homme ensuite, après l’amour. Il pouvait écrire qu’il ne voulait pas devenir femme, changer de sexe c’était son phantasme, en effet, et il n’y avait aucune raison de passer à l’acte, passer sur le billard, et prendre des hormones à vie. Il était femme dans son désir de l’homme. Rien d’autre. Aussi simple qu’au premier jour. Au jour de son éveil sexuel lorsque devant une psyché, nu il avait senti le besoin de mettre des doigts dans son anus qui devenait son vagin. Sa petite bite avait légèrement grossi mais le plaisir était dans son vagin. Ce vagin entraînait sa queue et c’est de lui qu’elle se dressa, éjacula son premier sperme. Homme après avoir été femme. Redevenant femme en image, dans cette image qui désirait définitivement les hommes contre toute apparence. Il était femme en deçà des apparences tout à fait viriles. Il devait sans cesse reconstruire son être homme. On ne naissait pas homme. On le devenait et au fond de lui il y avait cette autre image. Il devait refaire son histoire.


L’enfant se regardait dans le miroir de la commode dans la chambre familiale. Il faisait chaud ce jour là. Sachant que personne n’entrerait, les adultes étant en train de prendre leur café – il se mit nu. Il regarda ses seins. Gonfleraient-ils en grandissant. Il avait à peine 9 ans. Il s’interrogeait. Vais-je devenir une fille, avoir des seins et puis … Savait-il déjà ? Oui, il y avait autre chose que lui avait et qu’elles n’avaient pas. C’était peut être ça qu’il avait de trop. Et pourtant son petit pénis lui donnait tant de plaisir lorsqu’il l’excitait en se mettant un doigt dans l’anus. Il y avait pour lui un rapport évident entre l’un et l’autre. Les séparait-il d’ailleurs ? Touchant la pointe de ses seins, son corps était parcouru de merveilleuses sensations qui le poussaient à glisser une main tremblante vers cet orifice qui en étant branlé entraînait les délicieux battements de la verge …
Ce jour là, c’était l’été, du balcon venait la forte odeur des roses. Il alla la respirer, effeuilla plusieurs fleurs déjà fanées dont il fit une pluie au-dessus de sa tête. Réalisant qu’il était nu et qu’on pourrait le voir, il rentra. Revint vers le miroir. Il trouva des chaussures à talon les chaussa, trouva un soutien gorge, il le porta, glissa une rose qui l’écorcha un peu, se contempla. La goutte de sang et la rose, flagellation délicate. Sa petite verge battait fort parce qu’il s’était mis une carotte dans l’anus. Etait-ce seulement d’ être nu qui l’excitait ou de porter des attributs féminins ?Ne sentait-il pas le besoin de les porter pour sentir ses seins Devant les images qui l’excitaient ; peuples des jungles, des forêts vierges, les aborigènes. Mais plus encore les hommes nus, romains, grecs des sculptures, des peintures du Louvre ou de ses dictionnaires Larousse. Des femmes, il n’aimait que les poses que semblait faciliter cette nudité offerte à l’homme. Faite pour l’homme. Mais au lieu de trouver beau, excitant les soutiens gorges, les décolletés amples des robes de soirée sur celles qui les portaient c’était l’envie de les porter lui-même plutôt que d’enfiler ses pantalons, ses chemises de cotons qui le tourmentait. Il n’avait pas à porter d’autres vêtements que ceux qui attiraient les hommes, les faire le désirer. Etre une femme. Comme il aurait aimé porter comme elle un maillot de bain deux pièces, un petit bikini au lieu de s’exposer tout le torse avec ce slip unique. Il sentait son cœur battre, son pouls s’ accélérer, toute une gamme de sensations parcourait son corps alors qu’il s’imaginait avec ce bikini, avec ce soutien gorge. Il jouissait lorsqu’il s’identifiait à ces starlettes dans les bras d’hommes musclés. Il voulait être la femme d’un de ces hommes. C’était fou. Il n’avait pas le droit. On l’avait déjà puni l’ayant surpris en train d’essayer de se fabriquer un soutien gorge et de porter son slip en bikini, surpris sa manière de croiser les jambes, de regarder les hommes, d’être fasciné par les séries télévisées, les films de tarzan, les péplum. Tout cela était vraiment mal. Devant le miroir nu sous une robe en mousseline, les seins gonflés et en talon aiguilles il marchait, prenait des attitudes ; les attitudes de la femme qui s’offre à l’homme. Alors qu’il étudiait à l’école l’antiquité, il s’intéressa à Sumer, lu un texte dont il retint fasciné cette expression « Mais la femme grâce à son vagin ». ce ne fut pas tant l’organe féminin que la grâce qu’il apportait qu’il retint. L’homme par son organe n’avait pas de grâce autre que de guerroyer et de festoyer. Gilgamesh et Enkidu, ce n’est que beaucoup plus tard qu’il réalisa que peut-être ils furent amants mais c’était déjà de l’interprétation. Le désir n’y était pour rien. Grâce au vagin, le plaisir infini !
Et puis ce qu’on attendait (qui le laissait indifférent ou plutôt gêné) arriva ; ses testicules descendirent, son sexe gonfla. Il éjacula. Cela ne lui allait pas. Il désirait plus fortement que jamais ce beau garçon sportif, Fred, le leader de sa classe qui avait déjà sa petite amie, ses flirts. Qu’y avait-il de mal à ça que lui Andros le désir, veuille être à la place de cette maudite fille. Il était jaloux. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que Fred et lui seul aurait des couilles, un sexe pour lui. Andros n’en avait pas besoin puisqu’il avait été une femme, qu’il l’était toujours puisqu’il le désirait avec tous les garçons musclés, un peu brutaux. C’est alors que lui apparu l’image d’Anna Vögler, sur une plage déserte de la mer du Nord, cet été là. Andros venait chercher les ormeaux comme dans une estampe japonaise… Elle venait d’ôter son soutien gorge, avait gardé le bikini mais l’homme s’approcha d’elle. Il était en maillot de bain, bronzé, musclé. Elle laissa tomber le bikini pour s’offrir entière, nue à l’homme. Andros s’offrait à lui… Il était Anna Vögler, pour cet instant de plaisir, pour le plaisir, pour l’éternité !

Mais progressivement, avec le temps, les brimades, peut-être, sa complicité forcé avec les femmes (évitant les hommes dont il désirait trop être possédé) les femmes qu’il ne désirait pas, il résista de toutes ses forces pour ne pas se trahir. Je suis un homme se répétait-il. N’arrivant pas à se convaincre mais parvenant à parfaire une certaine apparence. Cette résistance avait généré ces fantasmes de castration. Car se sentir femme devant l’icône de l’homme absolu était une chose qu’il admettait parce que c’était un rituel, une initiation répétée, mais l’être pour un homme, pour tout homme, éprouver le désir que peux en éprouver une femme, il ne le supportait pas. C’était la honte. La honte ! Il se voyait alors, contraint, travesti, maquillé, maquillage défait après l’amour raté, en spectacle, révélant d’immondes traits masculins à l’homme qui avait voulu être dupé. La caricature ! Pourtant il n’éprouvait pas ce besoin de travestissement, c’était son corps nu sous une combinaison légère, courte, ou avec un maillot deux pièces, un petit bikini retenant serré son sexe qui s’éprouvait dans l’image d’une femme. L’image d’Anna Vögler.


Anna Vögler en combinaison, les cheveux défaits, à genoux sur un grand lit à baldaquins, une épaule découverte laissant apparaître un petit sein ferme. Elle attirait vers elle un homme torse nu en jeans qui se déboutonnait, arrogant. Il voulait la prendre ainsi l’allonger. Mais elle l’entraînait doucement. Il était sur le dos. Elle se mettait sur lui, enlevant sa combinaison pleine de sueur, écartant les cuisses, livrant son corps nu. « mon corps » se surpris à dire Andros à lui-même. Il était Anna. Il était sur cet homme. Il était pénétré par lui. Et en même temps qu’Anna il avait joui de cet homme en son vagin. Après qu’il lui ait malaxé ses petits seins fermes. Il avait donné des coups de reins qui rendait la bite de l’homme plus ferme qui le pénétrait toujours plus profondément. Toujours plus rapidement. L’homme avait joui avant elle. Elle, Andros devenu Anna Vögler pour toujours, elle, la maîtresse de cet homme qui était son homme. Il avait joui. C’est en se rhabillant qu’il reprenait l’apparence de l’homme qu’il est lorsque son désir s’apaise, que l’existence n’a plus de consistance que celle des quotidiens exténués. Il n’existait que par ce désir et la reconnaissance de ce phantasme originel redonnait sens à son existence qui n’était consacrée qu’à l’homme OM ! HOM ! Agios ô Makistos !


Je suis la porte
Tu as la clef
O Maciste ! maciste
Reprend moi dans la Vérilité
Par un homme pénétré
Je recouvre ma virilité
MA PASSIVITE
Accueillons nous dans la Viridité
Agios o Makistos
Agios o Sapanur


Désirant les hommes seulement, rien d’autre. Une existence consacré à cet amour là. Rien d’autre – le reste ? Il se pouvait que le reste ne soit qu’une dérive, telle la quête du graal (cette coupe qui ne fut que le réceptacle pour le Sang Royal (réal) Marie Madeleine !) la quête de l’être (qui repris par la philosophie n’était qu’une prétention à la puissance politique ?) la sagesse (un jolie mensonge socratique mis pour euthanasie) tout ça …. Rien ! Juste de quoi compenser l’absence d’un contact permanent, le corps à corps avec l’Homme. Compenser de n’avoir un mari. Il fallait bien qu’il y ait autre chose surtout qu’avec l’âge retrouvant son phantasme, ça pesait lourdement. Une vieille femme ce n’était pas plus désirable qu’un vieil homme. Même si elle parvenait mieux à tromper en jouant avec art de maquillage, de vêtements amples alors que l’homme pouvait tout juste se payer un gigolo ! L’image projetée extérieurement suivait ce vieillissement ça devenait atroce. Une grande douleur s’emparait de lui, une douleur que rien ne pouvait plus guérir, surtout pas la vie comme vie., ce gargouillis qui se retrouvait à l’échelle de ce pet cosmique, cet univers en expansion économique ! Andros réalisait qu’il n’avait plus l’âge de ses histoires, qu’il ne pouvait même plus mentir sur son âge. S’il avait pu ne pas paraître son âge jusqu’à la moitié de la quarantaine avec plus de 50 ans c’était fini, impossible. Il y avait une odeur de la chair… comme une décomposition entamée. Les fantasmes implosaient. Le phantasme originel, sans âge, le tourmentait (parfois il s’y laissait prendre, s’oubliait) ça le rendait plus étranger à lui-même, dans le regard de l’autre. Définitivement il était ce vieux !


Andros n’était plus Andros c’était moi qui venait de jouir dans une combinaison de soie, mon sexe serré entre mes jambes, cette bite, ces couilles que j’avais oubliés, le gode fourrageant mon con d’homme. Ce gode – and only one god ! - serait désormais mon seul amant possible, le meilleur des mondes possibles pour une monade sans porte ni fenêtre repliée sur elle-même, chair plissée ! Mais pour le phantasme sans âge, joué par lui, le gode faisait pénétrer en moi l’image du mâle absolu. Moi la femme sans mari, délaissée sous l’écorce d’une masculinité endurcie, j’étais devenu un temps Anna Vögler. Le temps d’une longue masturbation réalisant, avec l’éjaculation soudaine, incontrôlée, devant la webcam enclenchée l’horreur de la situation : ce vieux corps aux contours ramollis gâtés par les bourrelets de graisse avait osé redevenir Anna Vögler. Vibrant d’une sexualité, d’un plaisir sans effort venu du fond de son être, du fond de son anus. Ce vieux corps avait osé ! Vieux, laid, malgré des proportions encore juvéniles. Ce corps. Ce visage. Cette rondeur molle, avachie de ce visage me dégoûtait. Je ne pouvais plus me regarder. Je voilerai tous les miroirs !.Je n’allumerai plus que des lampes rouges ! Alors de ce visage se regardant dévisagé par l’objectif la « vie intérieure » reprendrait le dessus, mentirait encore et toujours en me proposant des idées, les idées m’avaient tué. Rongé par les idées ! En face de moi, en moi il n’y avait plus rien que la vieillesse. La honte dans la chair. Rien que ça. N’être qu’un vieux pervers sur fond de danse macabre, tous ces mourants, tous ces morts. Esthétique testamentaire, joie des nécropoles, j’étais gothique au naturel de la vie. L’image d’Anna Vögler, Anna Vögler de l’originalité même du phantasme, était revenue couronner cet échec : avoir menti si longtemps à mon corps. Corps désormais était plus près de la tombe que de ton corps, ô mon Homme !
Et un démon ricanait avec les fictions angéliques, fiction lui-même à qui je ne pouvais pas vendre mon âme pour un peu de jeunesse, un dernier corps à corps extatique, un orgasme final ! A ce démon je ne pouvais pas vendre mon âme puisque ce démon c’était moi, moi et moi !



(1) C’est fait, tu nous appartiens et tu es redevenu toi-même. Il faudra attendre un bon mois pour la cicatrisation et plusieurs mois pour que ce soit esthétique. Mais tu es entre de bonnes mains.
- La cicatrisation ? J’ai donc été opéré ? (une peur brumeuse le saisit)
- Oui, le chirurgien a effectué cette pénectomie nécessaire à ton épanouissement
- Je n’ai plus de pénis ? (il essaye de se soulever, ne peut que soulever le drap et voir un bandage, une sonde, rien de distinct)
- Tu verras lorsqu’on changera le pansement. Lorsque tu n’auras plus de pansement, tu verras !
Notre petit mec reste dans les brumes. Il a peur. Il sent une vague douleur mais il sait bien qu’il est bourré de médicaments
- On te donnera des antalgiques, tu prendras des antibiotiques pendant une semaine. Beaucoup de vitamines et pour ne pas trop ressentir le manque…
- Le manque de ma… de mon pénis.
- Ça peut-être, mais il ne faut surtout pas que tu es des désirs trop violents. Tu ne peux pas avoir de rapport sexuel pendant plus d’une semaine. On t’a prescrit un anti-androgène à faibles doses…
- Un anti-androgène ? Mais je risque une féminisation …
- Tu ne risques rien, c’est à très faibles doses !
Une semaine passe. Après le premier choc lorsqu’on lui change pour la première fois le pansement. Il voit un amas rougeoyant avec cette sonde qui en sort…Il manque de s’évanouir. Mais les jours suivants il commence à voir quelque chose qui n’est pas aussi atroce que les photos du chirurgien. Il a seulement son pénis tout petit, vraiment rétréci qui se met à bouger un peu, ça lui fait mal mais il est rassuré. Ses testicules sont remontés aussi, tirés vers l’intérieur. Il pense un instant « alors, je ne pourrais plus baiser un mec ». Puis se met à rire. Sotte pensée ! C’est Thorsen qui le baisera, notre petit mec, lorsqu’il sera complètement remis de son opération.

(2) Lorsque Marco se regardait dans un miroir, il aimait à se peloter les pectoraux., ses seins. ce n'était pas ses tétons qui l'excitaient mais ses pectoraux qu’il imaginait en forme de poire, un peu plus arrondis. Son corps totalement glabre était proportionné et musclé comme le sont les nageurs. Il se contemplait ainsi, son sexe coincé, serré entre ses jambes, le miroir lui renvoyait l’image d’un homme sans ses parties génitales. Il ne considérait comme son vrai sexe que son con d'homme. Sa bite n’était qu’un appendice, pour pisser, ses couilles ils se demandaient toujours à quoi elles lui servaient... biologiquement certes il le savait mais il ne l'admettait pas. Elles ne servaient à rien !

(3) Nash se trouvait rassuré et regardait les points de suture qui à jamais marquaient l’absence tant souhaitée de ses testicules comme un triomphe, une affirmation de son être ! Pour les jeunes mâles comme lui les couilles étaient une plaie, qu’il fallait soignée, une excroissance dont l’ablation était souhaitable. Ils ne voyaient aucun lien entre elles et leur jouissance entièrement passive, leur corps mâle non par ces seuls attributs mais en son entièreté. A leur contact les autres mâles se sentaient toujours démunis car la recherche du corps à corps entièrement érotisé, non localisé aux organes anus ou pénis leur demeuraient étrangers et pourtant c’est avec de tels mâles dont ils jouissaient le plus. Il n’y avait pas comme avec la femme perte d’énergie. Par ses hommes ils se reconnaissaient entre hommes plus hommes excités par la virilité intérieure, la seule authentique virilité ! De tels hommes comme Nash découvraient cette sensation d’inutilité de leurs organes très tôt mais à la différence de ceux qui se sentait « filles » n’en montraient rien. Ne pouvaient pas en parler à leurs instructeurs par peur d’être humilié, par ce pressentiment qu’ils seraient identifiés aux hijras, des filles manquées ! Pourtant parlant de ce désir d’être castré et faisant le lien entre l’organe et le désir, la jouissance trouveraient-ils aussitôt des raisons d’en rester au fantasme ?



(4) Sven amoureux de Günter, c’était comme un profond regret de ne pas être, pour lui et pour lui seulement, une femme. Sven connaissait sa mythologie. Il savait qu’il était arrivé souvent à Loki de se transformer en femme pour séduire ou induire en erreur les dieux. Sven connaissait le moyen d’être invisible (qui ne rend pas littéralement invisible mais rend notre présence indifférente, perçue que par qui nous voulons ou pouvons. C’était un de ces trucs que l’auteur connaissait d’autant mieux qu’il y était pris, englué dans cette invisibilité, il n’échappait presque plus) il décida d’essayer de projeter un corps féminin pour attirer les hommes. Il pratiquait le Seidr il deviendrait Ergi ! Le danger était grand. Il ne risquait cependant plus de mourir, sacrifié vivant dans les tourbières. Et après de nombreux exercices, il décida d’expérimenter. Il se rendit dans la rue « muni » de son corps féminin. Il s’aperçu que beaucoup d’hommes le regardaient avec envi. Il fut naturellement agressé par un arabe mais l’agression eut aussi pour effet de résorber l’image. Et l’agresseur fut très vite mis ko. Sven continua donc son test et aborda un jeune homme avenant qui l’invita à prendre un verre chez lui. Sven le suivit pas très certain de l’apparence qu’il offrait. Le jeune homme lui demanda son prénom. Il répondit Sven…ska. L’autre se mit à rire. Tu hésitais… « Moi c’est Albrecht. T’es vraiment belle… »
Ça marchait ! Sven était trop content ! Il voit l’autre médusé devant lui qui s’esclaffe « Merde, un mec ! » D’autant plus mec qu’il n’y a pas trace de vêtements féminins, pas même le style unisexe mondialisé ! Mais un jeune mâle blond, musclé en jeans et débardeur. Comme le mec n’est pas un abruti, ils rient tous deux de bon cœur. Boivent une bière ensemble et se quittent en copains.
Il fallait donc faire attention, l’image projetée ne tenait ni devant l’agression, ni avec le sentiment d’autosatisfaction. Comment faire avec Günter d’autant que le club local n’était pas mixte, qu’il ne pouvait donc y entrer avec son apparence féminine. Il s’exerça sur divers cible. Il finit par avoir un rapport sexuel avec un mec qui ne s’aperçu qu’il avait fait l’amour avec un autre mec que lorsque, satisfait de son coup, ils s’étaient rhabillés dans la lumière. Mais il n’avait pas eu le temps de réagir, Sven avait décampé. Dans la ville on commençait à jaser. On parlait d’attentats à la pudeur, d’agression sexuelle par un travesti. Sven continua à pratiquer ses tests hors de la ville. Il réussissait de mieux en mieux. Il eut ainsi bon nombre de tricks. Alors il décida de se rendre avec son apparence féminine à la sortie du gymnase où Günther continuait à se rendre journellement alors que Sven depuis déjà plus de 3 semaines l’avait déserté. Sven ne s’était plus rasé les cheveux et étant imberbe de nature comme beaucoup de blonds son corps était parfaitement lisse. Comme il pratiquait ses exercices devant le miroir, il ne s’était pas aperçu que des transformations « réelles » s’étaient effectuées, l’apparence féminine projetée devenait de plus en plus convaincante. Il jouait avec le feu. Il devenait femme !
Et en effet Günther le remarqua, le siffla comme il avait l’habitude lorsqu’il voyait une fille qui lui faisait envi.
« Salut la belle ! » Sven restait sur ses gardes, son désir était trop fort. Mais il ne ressentit rien au niveau de son sexe qui ne pu laisser planer de doute… Il sentit ses seins se gonfler…Il lui semblait avoir un vagin. « Tu viens ! je t’offre un pot »…. « Comment t’appelles-tu ? » Sven avait peur de parler, sa voix pouvait le trahir. Mais D’une voix timide il se surpris à dire « Aline ». Et sa voix était celle d’une femme. « C’est pas un nom d’ici » lui rétorqua Günther… (et c’était curieusement le féminin du prénom de l’auteur qui avait peut-être ressenti, son corps se transformé pour ce Günther…).










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