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V
Une horrible douleur me vrillait le gland, me coupant presque la respiration. De toutes mes forces, jessayais de me concentrer sur des pensées extérieures pour me faire débander ; peine perdue des aiguilles profondément enfoncées dans ma chair irradiaient des ondes dont on eût dit quelles entretenaient la rigidité absolue de ma queue. Le nullo avait repris son souffle. Ses yeux verts me fixèrent avec intensité, et jeus limpression dune certaine complicité dans son regard. Il récupéra les vêtements qui gisaient à ses pieds, et se rhabilla. « Bien, dit le Maître, il est temps maintenant dy aller. » Il me tendit une gandoura marron que jenfilai, et me fit signe de placer mes poignets derrière mon dos. Jentendis le déclic dune paire de menottes, en même temps que se rabattait sur ma tête lombre dune capuche. « Peter, les lunetttes » Ce fut la nuit. On mavait posé sur le nez une paire de lunettes si foncées que je ne distinguais plus que de vagues silhouettes qui sagitaient devant moi. Je sentis quon me poussait dans le dos, et je me mis à marcher. Un déclic, le bruit dune porte qui souvre, une bouffée dair frais que je happe goulûment, des bruits de réacteurs ; nous sommes sur le tarmac. Le grand voyage est commencé
On me pousse sans ménagement dans ce que jimagine être une fourgonnette. Ma tête vient heurter une paire de chaussures. Instinctivement, je commence à lécher le cuir. La pointe de la chaussure cherche ma bouche, et je me mets à la nettoyer à petits coups de langue appliquée. Jentends un grognement dapprobation.Je suis heureux comme je ne lai jamais été La voiture sest arrêtée. Des portes claquent. Des voix parlent une langue que je ne comprends pas. Des mains me saisissent, me font remettre debout et mentraînent vers une silhouette que je devine être celle dune passerelle. Mais alors que je me prépare à gravir un escalier, on me pousse brutalement en avant, et je tombe sur une sorte de plan incliné. Avant davoir eu le temps de bien réaliser ce qui marrive, je sens le tapis sur lequel je me trouve se mettre en marche. Quelques secondes plus tard, me voilà de nouveau empoigné fermement. On me fait faire quelques pas, puis on menlève mes lunettes. Je me trouve dans la soute dun appareil, au milieu dun amoncellement de caisses et de valises. Devant moi, je découvre deux militaires, des gradés apparemment, si jen juge aux épaulettes qui ornent leur uniforme kaki. Jai à peine le temps de noter lextrême jeunesse de lun dentre eux quune voix mintime de baisser les yeux. Un déclic : mes mains se trouvent libérées. Lombre que je devine derrière moi sapproche, et maide à retirer la gandoura dont on mavait affublé. Me revoilà nu devant ces deux hommes qui doivent me dévisager . Je les entends rire, et échanger quelques phrases dans cette même langue étrange. « Relève la tête » , mordonne lun deux en français. Cest celui que javais remarqué tout à lheure. Il semble être à peine sorti de lenfance : je ne lui donne pas plus de quinze ans. Il est très brun, et ses yeux clairs se détachent magnifiquement sur son teint pâle. Posément, il a commencé à défaire sa braguette. « Approche », me dit-il. Je magenouille devant lui, et ouvre la bouche pour faire ce quil attend de moi. Il bande un peu, et, détail assez rare pour que je le souligne, il porte un Prince Albert. Jengloutis lensemble, et commence à officier . Que dire sinon que jai vu beaucoup mieux au cours de ma longue expérience ? Jai limpression davoir entre les dents une brindille maigrichonne à la base de laquelle je cherche en vain un peu de végétation. Jai limpression quil na pas fait sa puberté . Pourtant, son sexe sent le sperme : il a dû se branler il y a peu, comme tous les gamins de cet âge qui font ça trois fois par jour . Je nai pas besoin de beaucoup de temps pour comprendre que sa jouissance ne tardera pas : il est trop excité par ce quil pense être un acte transgressif pour pouvoir se retenir longtemps. A peine vingt secondes après avoir commencé, je lentends soupirer . Cest fait. Consciencieusement, je recueille son sperme du bout de la langue et lavale ; il a un goût métallique assez désagréable . Pendant toute lopération, je suis resté de marbre, et mon sexe bien tranquille dans sa prison de plastique. Mais les festivités ne sont pas terminées, car il est évident que le collègue va lui aussi vouloir sa part. Il na pas cessé, pendant que jastiquais son copain, de se masser lentrejambe avec des soupirs suggestifs ; cela dit, ce sera sans doute une autre affaire avec lui : il est plutôt du style rustique, et cela peut être intéressant. Cela ne manque pas : à peine la braguette de lautre reboutonnée, il me fait signe davancer ver lui, et se déculotte sans autre forme de procès. Il est monté comme un âne : un gland dilaté et violacé, duquel sécoule un filet brillant, couronne une queue noueuse qui semble animée dune vie autonome tellement elle palpite. Sans autre forme de procès, il me retourne, me fait me pencher ; ses mains empoignent mes hanches, : mon trou souvre sous la poussée de la colonne qui mempale.Le soldat pousse un long soupir et reste quelques instants au fond de moi sans bouger. Puis, très lentement, il commence à me bourrer : je sens les poils rêches de son pubis qui frottent sur mes fesses et ses couilles qui ballottent contre mon cul. Entre deux râles, il murmure des choses incompréhensibles Je me plais à imaginer que si nous étions seuls ,il oserait peut-être me caresser. Ses va-et-vient saccélèrent, et il jouit bruyamment, collé contre moi en un geste qui ne me semble pas hostile. Il se retire dun coup sec, provoquant sur mon visage une grimace de douleur. « Redresse-toi, chien dEuropéen ! » me lance alors le plus jeune, comme sil voulait me punir de lavoir moins apprécié que son compagnon . Je me remets debout et me dirige vers lendroit quon me désigne. Au-delà du mur de bagages devant lequel je venais de servir de vide-couilles, un espace avait été ménagé, au centre duquel trônait une masse rectangulaire couverte dun drap noir. Le jeune soldat releva lun des coins du tissu, découvrant les barreaux dune cage qui ne devait pas mesurer plus dun mètre cinquante de côté. Déverrouillant le cadenas qui en fermait la porte, il fit pivoter cette dernière sur ses gonds . Au centre de la plaque qui constituait le sol de ma future prison, était fiché un plot métallique de dimension impressionnante. Le second soldat sétait à son tour avancé, tenant entre ses mains une sorte de harnais .Mouvrant la bouche, il y introduisit un tube cylindrique qui mempêchait de refermer les mâchoires et fixa derrière ma tête les lanières qui maintenaient lensemble en place. « Ecoute bien ce que je vais te dire maintenant, chien détranger » reprit le plus jeune , un mince sourire sur les lèvres. « Tu vas entrer là-dedans, et tu vas tasseoir sur le plug . Daprès ce que jai cru comprendre, tu aimes les gros calibres Eh bien tu vas être servi ! Donne un peu ta chatte que je la mouille » Je me mis à quatre pattes et tendis mon cul. Ouvrant un pot de graisse, le soldat men enduisit largement la rondelle. Des mains me firent alors entrer à reculons dans le réduit, et me positionnèrent sur la pointe du plug. Mon cul souvrit sous la poussée et je ne pus réprimer un cri de jouissance en sentant le cylindre de métal se frayer lentement un chemin à lintérieur de moi. Quelques instant plus tard, jétais assis presque confortablement dans la position quon avait exigée de moi. Les deux soldats mattachèrent alors solidement les chevilles et les poignets à des lanières disposées à cet effet sur les côtés de la cage. Ainsi harnaché, jétais pour lors totalement immobilisé. Puis le jeune sortit de sa poche une bouteille de poppers, et à mon grand étonnement, me la plaça sous les narines. Sans chercher à comprendre le pourquoi de cette soudaine sollicitude, jaspirai goulûment de larges bouffées, et entrai dans un monde de plaisir. Jétais trop concentré sur les battements désordonnés de mon cur pour prêter une véritable attention à ce qui se passait autour de moi. Jaurais dû voir lun de mes deux bienfaiteurs appuyer sur un interrupteur situé juste à côté de la cage ; jaurais dû entendre le bourdonnement qui sensuivait. Quand je compris quil se passait quelque chose à lintérieur de moi, il était trop tard : je sentis une boule grossir dans mon intestin, devenir gênante, véritablement douloureuse, puis insupportable Je commençai à gémir, et à me tortiller ; mais chacun de mes mouvements accentuait ma souffrance, et je me résignai, après de longues minutes de torture, à rester immobile, dans lespoir que les élancements de mon intestin distendu finiraient par sapaiser. Les deux soldats avaient refermé la porte de ma cage, rabattu sur elle le drap noir. Jétais seul avec ma douleur et lenvie terrible dexpulser cet intrus qui sétait installé dans mon cul. Les réacteurs de lavion commencèrent à siffler, et je sentis lappareil se mettre en mouvement. Quelques instants plus tard, javais quitté définitivement le sol de mon pays et volais vers une destination inconnue. Les vibrations produites par le décollage avaient été profondément douloureuses, et il me fallut un long moment après que lappareil se fût stabilisé en lair pour reprendre un peu mes esprits. Cest alors que jeus la certitude que je nétais pas seul dans la cage : à quelques centimètres de moi, invisible bien sûr, mais certaine, je sentais une présence humaine : cette ou ces créatures restaient complètement silencieuses, mais je percevais assez nettement le bruit dune ou deux respirations, et je fus vite persuadé quil sagissait desclaves comme moi, achetés sans doute par le même réseau moyen-oriental, et qui devaient être eux aussi rivés au sol par le même instrument de torture que le mien. Etant donné la façon dont mes poignets étaient attachés, je navais aucun moyen dentrer en communication avec mes compagnons dinfortune : impossible par exemple datteindre discrètement avec mes doigts les barreaux de la cage voisine. La seule solution était dessayer de les appeler, en espérant que nos tortionnaires aient abandonné la soute au moment du décollage Evidemment, avec ce que javais dans la bouche, ça nallait pas être facile Je lançai un premier grognement, puis un deuxième, sans résultat. Au troisième, on me répondit : « WWW .» Je nétais guère plus avancé. La douleur qui me déchirait le bas-ventre, irradiant dans tout mon corps, mempêchait de me concentrer comme je laurais voulu. Il fallait à toute force pourtant que je maintienne le contact avec linconnu. La seule possibilité qui soffrait à moi était de lui faire comprendre le code que jallais utiliser, le plus simple qui soit, qui consisterait à faire correspondre à chaque lettre un nombre de bruits correspondant à son rang dans lalphabet. Je commençai donc à épeler mon prénom : 13 grognements pour N, 9 pour I, 3 pour C. Et je recommençai, jusquà ce quil ait compris ; cétait épuisant, mais mes efforts finirent par être couronnés de succès, puisquil me répondit, de la même manière, quil sappelait Dan. Tout nétait plus dès lors quune question de patience. Et, lentement, laborieusement, nous commençâmes, chacun de son côté, à faire sortir lautre de lombre. Il était apparemment embarqué dans cette aventure contre son gré, puisque tous les grognements quil émettait formaient sans cesse le même mot : « au secours » . Il me fallut de longues minutes, et beaucoup defforts pour arriver à lui faire dire autre chose. Quand il eut compris que je pouvais rien pour laider, il sembla se calmer un peu. Je finis par apprendre quil avait 27 ans ; mais je ne mexpliquai pas tout dabord ce mot quil répétait de façon obsessive : « entier » , avant de me dire quil me demandait peut-être si javais été coupé, ou si jétais encore intact ; à moins encore quil fasse allusion à son propre corps Je lui répondis donc que jétais encore entier. « Moi bite off » fut la réponse qui marriva après quelques minutes. Cela commençait à devenir intéressant « Quand ? - Un mois dur - Mal ? - Non kif une meuf - Hétéro ? - a fond - Moi pd - Pas mon truc - Pourquoi ici ? - Vendu - maso ? - a fond - pourquoi SOS alors ? - Vendu a pd - Pourquoi ? - Maîtresse fâchée Et le dialogue continua laborieusement. Mot après mot, je reconstruisis peu à peu lhistoire de Dan. Après un mariage qui sétait assez vite terminé sa femme supportant mal son irrépressible appétit sexuel-, il avait commencé à traîner sur Internet en baisant à droite et à gauche toutes les chattes en mal de ramonage, jusquau jour où lune des filles quil avait levées lui avait fait découvrir les plaisirs du SM. Il y avait trouvé sa voie, passant de dominatrice en dominatrice, et se faisant dans son pays une solide réputation de soumis. Il était tombé un soir sur une femme particulièrement convaincante, et il avait fini par conclure avec elle un contrat desclavage définitif. Pendant trois ans, il avait été utilisé comme objet, acceptant les pires sévices dans lespoir de se voir attribuer de temps en temps la récompense suprême ; servir détalon, pendant des nuits entières, à la maîtresse et à ses amies. Mais, incapable de résister à la tentation, il avait commis une faute, en se laissant allumer par sa fille , une petite pute de quatorze ans qui lui tournait autour depuis des mois . Surpris en pleine action , il avait été immédiatement puni de la manière la plus radicale qui soit : sa maîtresse lavait conduit chez un chirurgien de ses amis, qui avait aussitôt amputé le pénis incriminé. Trouvant finalement peu à son goût la présence chez elle dun esclave inapte à lhonorer, elle sen était finalement débarrassée en le vendant au réseau auquel je métais livré, en sachant parfaitement - ultime cruauté- quil était en majorité constitué déléments gay, et que ladaptation de Dan ny serait que plus difficile Un changement dans le régime des moteurs mit fin à notre échange :lavion était en train damorcer sa descente. Entendant du bruit au fond de la soute, je jugeai plus prudent de reprendre une attitude plus conforme à ce que mes tortionnaires attendaient de moi. Je tournais et retournais dans ma tête ces informations que mavait apprises Dan : un hétéro pur et dur, mais privé de sa bite parce quil aimait trop baiser, et lâché au milieu dun harem gay, cela allait certainement donner lieu à des situations intéressantes. Jespérais simplement que son physique serait à la hauteur de mon phantasme Pour lheure, il nétait pas question de plaisanter : le pieu qui me transperçait le ventre se rappelait à mon souvenir de façon particulièrement aiguë, et javais de plus en plus de mal à oublier la boule de feu qui me distendait les intestins. Des pas se firent entendre dans le compartiment qui abritait nos cages . On souleva le drap qui les recouvrait. Je reconnus le plus jeune des soldats. Il se planta devant moi et madressa dans sa langue ce que jinterprétai comme des insultes, vu lair mauvais avec lequel il me dévisageait. Je nosai pas soutenir son regard, redoutant quil augmente encore la pression du plug sur lequel jétais embroché. Mais ce fut tout le contraire qui se produisit : appuyant sur lune des touches de linterrupteur, il ramena lobjet à sa dimension initiale, provoquant en moi une vague de soulagement délicieuse. « Nous allons atterrir, et vos cages vont être déchargées », me lança-t-il « Inutile de te dire que toute tentative de communication avec les employés du fret serait immédiatement punie de la manière la plus violente. Compris ? » Jinclinai la tête en signe dacquiescement. Satisfait sans doute de ma réaction, il séloigna un peu pour sattacher sur son siège en vue de latterrissage. Je coulai discrètement un il vers la cage voisine, espérant voir à quoi ressemblait Dan ; mais une plaque de tôle empêchait toute communication visuelle entre nos deux prisons. Une secousse assez violente me fit comprendre que lappareil venait de toucher terre. Après quelques minutes de roulage, ses moteurs simmobilisèrent. Nous y étions. Je ne pouvais mempêcher de penser que jétais désormais tout proche de laccomplissement de mon destin, et lexcitation que je ressentais se manifesta aussitôt par une tentative de ma pauvre queue de se redresser dans sa prison, vite réprimée hélas par les pointes acérées qui la firent se rétracter dès que son volume eut dépassé ce que les maîtres avaient décidé comme convenable à un esclave Là encore, je navais pas réalisé, dans mon inconscience dalors , que jamais plus dans tout le temps qui me restait à porter entre les jambes des organes masculins, je ne pourrais avoir dérection qui ne se fasse sous le regard dune ou plusieurs personnes Dans la solitude de ma prison, quelle quelle fût, toute tentative de stimulation se solderait invariablement par du sang et beaucoup de déplaisir La porte de la soute, manuvrée par le jeune soldat, souvrit sur un rectangle de ciel bleu. On entendit un bruit une sorte de ronronnement, et une silhouette , puis une seconde, se profilèrent dans l encadrement de la porte. Cétaient vraisemblablement les employés du fret. Ils tournèrent autour de nos cages, absolument pas étonnés apparemment dy voir des hommes nus, rasés, enchaînés et bâillonnés, et commencèrent à discuter de manière animée. Le jeune soldat leur désigna du menton une sorte de treuil, ce qui parut les satisfaire. Quelques minutes plus tard, les quatre cages descendaient sagement la pente dun tapis roulant qui les mena sur le tarmac, où on les abandonna au milieu de lagitation de laéroport. Jétais absolument stupéfait : comment personne pouvait-il ne pas réagir à ce spectacle peu commun ? Nous étions quand même des êtres humains, entreposés là comme des marchandises, dans lindifférence générale Et pourtant le fait était bien là : autour de nous, les employés et les techniciens vaquaient à leurs occupations, sans nous prêter la moindre attention ! Je ne sais pas combien de temps on nous laissa là ; toujours est-il que le soleil commençait à taper dur sur ma peau nue quand un homme en treillis bleu sapprocha du groupe des cages avec un jet deau dont il nous arrosa généreusement. Le souffle coupé par le contact de leau glacée, jeus du mal à reprendre ma respiration. Je dois dire pour être tout à fait honnête que je profitai lâchement du courant deau pour me soulager en douce et vider une vessie qui patientait depuis la veille au soir. Jaurais bien aimé également me soulager dautre chose, mais pour cela, je navais pas pour le moment de solution Comme par un fait exprès (mais plus jy pense et plus je me dis maintenant que tout ceci faisait partie dun plan particulièrement bien préparé), cest au moment où nous étions encore tout mouillés que la suite des événements se précipita : de nouveau une grue qui transporte les cages, cette fois dans un camion, où, bien entendu elles étaient disposées de manière à interdire toute communication, et un trajet qui ne me sembla pas trop long ; le camion était évidemment réfrigéré, et tout le monde claquait des dents lorsque on nous sortit enfin des cages. Complètement engourdi par plus de quinze heures dimmobilité, javais beaucoup de mal à me tenir debout, et il fallut que lon me porte pour me faire descendre du camion. Nous nous trouvions au milieu dune grande cour pavée, entourée de tous côtés de hauts murs crénelés. Devant nous, vêtu de noir, un homme brun attendait, les jambes écartées et une badine à la main. Il était encadré de deux gardes en armes, dont les mines patibulaires auraient de toute façon découragé les tentatives les plus audacieuses. « Garde à vous ! Devant moi, jambes écartées , mains derrière le dos ! » nous ordonna-t-il Nous nous alignâmes comme il le demandait. Et les explications commencèrent. « Pas besoin de vous rappeler ce pourquoi vous êtes ici :vous avez tous signé un contrat qui nous donne tous les droits sur vous, et nous entendons bien exercer ces droits dans leur intégralité. Le premier dentre eux concerne évidemment ce que vous avez entre les jambes . Que vous soyez encore entiers ou déjà coupés, lintégralité de votre paquet sera conservée ici, pour nos archives Les deux qui sont entiers, mettez vous sur le côté » Je mavançai à lendroit quon me désignait, suivi dun type blond dune quarantaine dannées , assez trapu et musculeux. Ses organes étaient également prisonniers dune coque transparente au-dessus de laquelle était tatoué un code-barres similaire au mien. Son regard pétillait dintelligence, et même sans échanger un mot, je sus tout de suite que je men ferais un ami, si loccasion métait donnée de le côtoyer. De la place quon mavait assignée, je voyais parfaitement les deux autres, et en particulier Dan, dont javais tout à lheure essayé vainement de découvrir le visage. Cétait un petit brun râblé, qui avait dû être assez poilu dans son autre vie ; sans être vraiment beau, son visage était sympathique . Il ne faisait rien pour dissimuler son extrême nervosité, jetant à droite et à gauche des regards effarés : on voyait bien que contrairement à nous autres, il nétait pas là de son propre chef. Il navait pas menti : en bas dun pubis complètement lisse, à lexception dun cicatrice rosâtre, pendaient deux testicules, complètement inutiles désormais, et dont lactivité intacte devait le torturer cruellement, comme il me lavait fait comprendre. Lun des soldats qui nous avaient accompagnés lors de notre transfert dans le camion savança, et remit à lhomme en noir un bocal, que ce dernier considéra avec satisfaction : « Et voici la pièce manquante Beau morceau, pour une lope quand on a une bite de cette taille, cest vraiment stupide de se la faire couper » Et, se tournant vers nous, il nous présenta lobjet : dans un liquide vaguement jaunâtre, le gland lesté dun gros anneau qui le maintenait vertical, flottait un cylindre dune quinzaine de centimètres, qui avait été le pénis de Dan. Le mien sétait dressé dans sa cage de plastique, comme indifférent à linfernale brûlure qui, immédiatement, avait recommencé, et je sentais sa chair déjà tuméfiée céder lentement sous la pression des aiguilles. Le sang se remit à couler le long de mes cuisses, mais j étais incapable du moindre contrôle sur cette partie de mon corps Après Dan, ce fut le tour du dernier de mes compagnons de voyage ; il sagissait dun tout jeune homme, qui pouvait peut-être avoir quatorze ou quinze ans au maximum, et qui avait dû être castré avant sa puberté, puisque son pénis semblait à peine aussi gros que celui dun garçonnet, et que sa stature fluette évoquait plutôt celle des préadolescents. Comme pour Dan, on remit à lhomme en noir un bocal, dont je suppose quil devait contenir les testicules du jeune eunuque. Sur un signe du chef, leunuque savança vers lui et lui présenta son bas-ventre, qui fit lobjet dun examen particulier. Prenant entre ses doigts le sexe atrophié , lhomme le tritura en tous sens, amenant une grimace de douleur sur le visage de sa victime, puis se retournant vers ses deux gardes du corps, il leur fit une remarque qui les fit éclater dun rire gras. Satisfait de son examen, il renvoya dun signe de tête le jeune esclave à sa place, et reprit ses explications : « Vous allez être maintenant transférés dans la partie du domaine qui correspond au contrat que vous avez signé. Cette section est repérée sur vos pubis par les codes-barres qui y ont été tatoués, et qui vous serviront de passe pour pouvoir éventuellement circuler dune zone à une autre. Il vous est absolument interdit de quitter un secteur sans vous présenter devant le lecteur optique qui marque son début ou sa fin : vous déclencheriez immédiatement une alarme qui vous exposerait à de très sévères sanctions. Sauf pour répondre à des questions qui vous seraient posées par les Maîtres, que vous reconnaîtrez facilement à leur uniforme noir, vous navez pas le droit de parler à qui que ce soit, et surtout pas entre vous. Et nimaginez surtout pas que parce quil ny aurait personne dans les parages pour vous contrôler, vous pourriez tourner cette interdiction : vous êtes en permanence filmés dans tous vos mouvements, où que vous vous trouviez Est-ce bien clair ? » « - Oui Monsieur, cest clair. » Comme si chacun dentre nous avait compris quil valait mieux ne pas contrarier le Maître en ces premiers moments de notre servitude, nous avions répondu avec un bel ensemble qui parut le satisfaire. Il fit un signe à lun de ses gardes du corps, qui dirigea sur chacun de nos codes-barres un pistolet à lecture laser ; à mon grand dépit, je me trouvai séparé de Dan et du type blond, qui furent enchaînés ensemble et que je vis séloigner en direction dune grosse porte métallique.Tous mes espoirs sétaient encore une fois dissipés ; aurais-je dans les jours ou semaines qui venaient loccasion de les retrouver à lintérieur du domaine ? Rien nétait moins sûr, puisque ces hommes qui allaient désormais organiser le moindre instant de ma vie paraissaient doués de sens supplémentaires qui les faisaient à chaque fois choisir pour mon destin le contraire de ce que jaurais souhaité Pour lheure, il allait falloir faire équipe avec le jeune eunuque. On riva autour de lune de nos chevilles un anneau métallique, qui fut relié à lautre par une chaîne . Sur un signe de lun des gardes, nous nous dirigeâmes vers une porte située à lopposé de celle par laquelle avaient disparu mes deux compagnons. Elle se referma sur nous avec un bruit sourd. (à suivre)
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