C'ÉTAIENT LES COUILLES DE NICOLAS (VIII)
By: LUQA

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Nicolas, un jeune parisien à la recherche de lui-même, trouve sa voie dans une soumission définitive.


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VIII

Epuisé par la journée que je venais de passer, je tombai presque immédiatement dans un profond sommeil. Sans que je puisse dire combien de temps s’était écoulé depuis mon endormissement, je fus peu à peu réveillé par une douleur lancinante qui provenait de mon bas-ventre : j’avais une atroce envie de pisser, ce qui semblait pour le moins normal, puisque je n’avais pas pu le faire depuis que j’avais quitté les cuisines, à la fin de l’après-midi précédente. Ça n’était vraiment pas de chance : alors qu’il m’aurait vraiment fallu une nuit complète de sommeil pour affronter la journée du lendemain, j’allais devoir souffrir jusqu’au petit matin en attendant qu’on me délivre. Essayant d’ignorer du même coup les élancements que me procurait mon opération de la veille, je tentai tant bien que mal de somnoler, appelant de mes vœux le lever du jour.

Arriva enfin le moment où la lumière de la cellule s’intensifia, et où j’entendis le bourdonnement électrique qui signalait l’ouverture des colliers et de menottes. Je vis, de l’autre côté de la pièce, Paul se lever et faire son lit en silence, puis attendre au garde à vous au pied de sa couchette.

De mon côté, inexplicablement, rien n’avait bougé. J’étais toujours attaché à mon lit, incapable du moindre mouvement.

La porte s’ouvrit avec fracas, et les deux gardes de la veille firent irruption dans la cellule. Après avoir contrôlé que Paul avait bien accompli les tâches qu’il était censé faire, ils lui firent signe de se mettre en marche, et tous trois sortirent dans le couloir.

Je ne comprenais pas. Cela signifiait-il que j’étais dispensé de travail ce jour-là ? Qu’on avait prévu pour moi une autre activité ? La seule chose que je savais cependant, c’est que je n’allais pas pouvoir continuer bien longtemps à me retenir si personne ne venait me délivrer…

Le silence retomba peu à peu dans la zone d’habitation. J’entendis d’autres cellules s’ouvrir, des intonations gutturales retentir ; des bruits de chaînes glissant sur le sol signalèrent le passage dans le couloir d’un groupe d’esclaves. Qui étaient mes voisins de cellule ? Peut-être d’autres garçons encore que ceux que j’avais croisé à la cuisine… plus j’y pensais, plus m’apparaissait incroyable la puissance de cette organisation. Comment pouvait-elle faire accepter aux autorités du pays qui l’hébergeait que l’on puisse impunément exhiber sur le tarmac d’un aéroport des hommes nus et encagés , et les transférer ensuite dans ce centre, en pleine ville, pour les découper en morceaux destinés à enrichir je ne savais quelle monstrueuse collection ? C’était impossible sans des complicités au plus haut niveau de l’Etat. Je devais d’ailleurs en avoir la preuve dans les semaines qui suivirent…

Un élancement plus fort que les autres provenant de ma vessie me fit légèrement bouger le bassin à la recherche d’une position plus confortable : une onde de douleur me transperça, en même temps que je sentais tous mes sphincters se relâcher : sans pouvoir plus me retenir, je me mis à pisser sous moi à gros jets, me vidant du poids accumulé depuis la veille. C’était vraiment une libération. Le liquide brûlant ruisselait le long de mon ventre, s’accumulant sous mes fesses en une flaque chaude qui ne tarda pas à déborder et à se répandre sur le sol . Jamais je n’aurais pu imaginer que ma vessie avait une telle contenance…. Quand le flot se fut tari, je commençai à me dire que j’avais certainement fait une bêtise et qu’on allait me le faire payer chèrement, mais j’étais trop fatigué après tout ce que je venais d’endurer, et je retombai dans un profond sommeil.

Ce fut une sensation de froid qui me réveilla : un bourdonnement régulier remplissait l’atmosphère de la cellule violemment éclairée, provenant sans doute d’un appareil de climatisation qui tournait à plein régime. J’avais la chair de poule, et la macération dans mon urine désormais refroidie ajoutait à cette sensation d’inconfort.

Le froid est une chose terrible : au bout d’une quinzaine de minutes, je claquais violemment des dents, tout mon corps crispé essayant en vain d’échapper aux vagues glacées qui le parcouraient. Un long laps de temps s’écoula ainsi, jusqu’au moment où la porte s’ouvrit, et où le Maître apparut devant moi. C‘était bien ce que je craignais : la caméra qui observait le moindre de mes mouvements n’avait bien sûr pas perdu une miette de la liberté que j’avais prise de me soulager sans en avoir préalablement demandé la permission. Cette fantaisie allait bien sûr être punie comme il se devait. Devant mon air incrédule, le Maître ajouta que je passerais pour commencer quatre jours à macérer dans mes déjections.

Il s’approcha de moi, et, me saisissant la queue, il m’inséra dans l’urètre une sonde. Je sentis le tuyau de caoutchouc se frayer un chemin jusqu’à ma vessie, puis en forcer l’entrée. Immédiatement, un filet d’urine se mit à couler à son l’extrémité . Le Maître fixa la sonde en place par un adhésif, et en relia l’extrémité à une poche de plastique qu’il fixa sous la couchette. Défaisant ensuite les liens qui m’attachaient les chevilles à la couchette, il fixa ces dernières à deux filins qui pendaient du plafond. Mes jambes s’élevèrent en s’écartant, découvrant mon cul. Sortant de la mallette qu’il avait apportée avec lui un pot de crème lubrifiante, il m’en enduisit abondamment la rondelle. Puis , se penchant de nouveau sur la mallette, il en sortit un spéculum qu’il m’introduisit sans ménagement dans le cul. Il commença à visser la molette de l’instrument, produisant l’écartement du sphincter. Quand il jugea l’ouverture suffisante, il me redescendit les jambes, les fixant de nouveau à la couchette. Puis, sans un mot, il sortit.

J’étais pétrifié, et pas seulement de froid. Comme un animal, je n’étais plus désormais en mesure de contrôler mes fonctions naturelles, et j’allais me répandre sous moi, en continu. Une onde d’appréhension me parcourut le dos.

Je n’eus pas longtemps à attendre : quelques minutes plus tard, une sensation de chaleur entre mes cuisses, accompagnée d’une odeur puissante, me fit comprendre que l’avais commencé à me vider. Je dois avouer qu’à ce moment, j’ai commencé à douter du choix que j’avais fait en quittant ma vie précédente. J’étais épuisé, grelottant, et voilà que j’allais maintenant vivre dans mes excréments, avec le risque réel que les blessures qu’on m’avait infligées depuis mon départ de Paris s’infectent : mon prince Albert, les plaies à vif de ma circoncision allaient-ils supporter le bouillon de culture dans lequel allait immanquablement baigner la partie centrale de mon corps ?

Je sentais la colonne de merde continuer sa progression entre mes cuisses. La forte odeur qu’elle dégageait m’écœurait moi-même un peu : malgré l’initiation au scat que m’avait donnée Guillaume avant mon départ, je ne me sentais pas du tout en confiance : la séance qui s’engageait, à la différence de celles que j’avais vécues était sans fin prévisible et sans limites convenues d’avance, et j’aurais beau crier que je voulais en rester là, rien n’y ferait…

Je trouvai quand même encore la force de prendre l’épreuve qu’on m’infligeait avec une certaine philosophie : si j’avais bien compris la méthode de fonctionnement des Maîtres, je n’avais rien à craindre tant que j’étais entier : mes couilles intactes constituaient ma meilleure assurance-vie : une fois castré , par contre, il fallait s’attendre à tout… Le principal pour le moment était de récupérer, et malgré les élancements qui me venaient de mon anus béant, malgré les brûlures que m’infligeaient les plaies à vif de mon gland, malgré le froid qui me tenaillait, je réussis une nouvelle fois à m’endormir.

Le bruit de la clef dans la serrure me réveilla en sursaut. Deux nouveaux gardiens castrés étaient près de moi, le bas du visage couvert d’un masque de chirurgien. Exactement comme si je n’existais pas, l’un des deux m’ouvrit la bouche et y inséra un tuyau, qu’il relia à une bouteille contenant un liquide translucide. Il ouvrit une vanne, et le liquide commença à couler dans ma gorge : ni salé ni sucré,il était d’une fadeur écoeurante ; je compris que c’était la façon dont j’allais être nourri tout le temps que je resterais attaché sur la couchette. Pendant le même temps, le deuxième décrocha la poche de pisse et la vida sur moi avant de la replacer sous le lit.

Une fois terminée l’opération, les deux castrats disparurent comme ils étaient venus, me laissant seul avec mes pensées, trempé et de nouveau claquant des dents. Pour m’abstraire de ma situation peu enviable, j’essayai de me concentrer sur des épisodes de ma vie d’avant : je faisais défiler devant moi des visages et des corps, sans arriver toutefois à me convaincre que je regrettais vraiment cette période d’errance et de désillusions… Ici au moins, je n’étais plus dans le phantasme, mais dans la réalité…

La porte s’ouvrit à nouveau, et Paul rentra dans la cellule . Nous devions donc être en début de soirée, et on venait sans doute de le ramener des cuisines. Sa première réaction fut éloquente : une horrible grimace lui déforma le visage, et il se boucha immédiatement les narines. La voix métallique du haut-parleur le rappela à l’ordre, et il alla sagement s’asseoir sur sa couchette, non sans manifester par une moue éloquente à quel point il appréciait peu le fumet qui se dégageait de ma couchette. Et il avait raison, le pauvre : ma production avait continué après la visite des gardiens, s’accumulant entre mes cuisses en une petite montagne parfumée…

Sur un ordre lancé en français par le haut-parleur, Le jeune garçon s’approcha de mon lit, et répéta avec la poche d’urine la même opération que tout à l’heure, m’inondant copieusement de la tête jusqu’au pieds. Son regard plein de compassion me toucha, et je lui adressai un remerciement muet. Je n’avais même pas le droit de lui sourire.

Et cet enfer dura quatrte jours. Quatre jours pendant lesquels je macérai dans mes excréments, littéralement tenaillé par des démangeaisons atroces. Chaque matin, le vieil esclave aux couilles lestées avec lequel j’avais parlé dans la cuisine pendant la seule journée que j’y avais passé venait avec une pelle dégager l’orifice du speculum, pour que la merde puisse continuer à s’écouler. Une fois par jour, les deux gardes venaient me nourrir , et Paul, au retour du travail, accomplissait sur moi le même rite que le premier soir. Je n’avais plus aucune réaction, vivant dans une sorte de torpeur animale une existence végétative.

Ce matin-là, après le départ de Paul pour le travail, le Maître fit irruption dans la cellule.

« J’espère que tu as compris maintenant ce qu’il en coûte de ne pas respecter les consignes.

- Maître, oui, Maître, jamais plus je ne désobéirai, Maître.

- Sur le plan des intentions, il n’y a rien à dire ; reste à savoir maintenant si les actes suivront… »

Tout en parlant, il avait commencé à défaire les liens qui m’entravaient. Suspendant mes jambes aux filins qui pendaient du plafond, il retira de mon cul le speculum, avec d’infinies précautions. Il retira de la même façon la sonde urinaire, et m’aida ensuite à m’asseoir sur la couchette, puis à me mettre debout. La cellule tournait autour de moi et je dus m’appuyer un instant au mur.

« Ta peau a mieux résisté que je le pensais. Tu n’as même pas d’escarres. Nous pourrons donc recommencer, n’est-ce pas ?»

« Maître, oui, Maître, répondis-je, littéralement épouvanté à cette idée »

Profitant de la station debout, je hasardai une main prudente vers mon cul, et rencontrai un trou béant : le muscle ne s’était pas refermé.

Le Maître avait observé mon manège, et me demanda ce que je voulais vérifier. J’eus la présence d’esprit de fournir la réponse attendue :

« Maître, je suis seulement inquiet que l’orifice qui sert au plaisir des Maîtres ne soit trop distendu et qu’ils ne souhaitent plus m’utiliser, Maître… »

Il se mit à rire :

« Tu ne crois quand même pas que nous voudrions abîmer ton trou, ni fourrer une chatte béante… D’ici deux ou à trois heures, il n’y paraîtra plus. En attendant, tu vas passer au décrassage, car tu pues le chiotte »

Me faisant signe d’avancer vers le couloir , il me suivit jusqu’à la salle de douches, où m’attendaient deux gardes armés de lances d’incendie . La force des jets et la température de l’eau me coupèrent le souffle. J’étais malgré tout content d’être débarrassé de la croûte puante qui me recouvrait à partir de la taille. Quand le plus gros fut enlevé, on me fit passer, véritable moment de délices, sous une jet chaud qui eut raison des dernières traces de merde qui souillaient encore mes jambes ; puis on me sécha.

Un Maître en blouse blanche vint examiner ma queue et parut satisfait de ce qu’il voyait : la cicatrisation de mon gland circoncis me paraissait à moi aussi suivre son cours normal . Il me fit signe de m’allonger sur la table d’examen et de caler mes pieds dans les étriers. Un peu nerveux à l’idée de me trouver le cul offert alors que j’avais peur de ne plus me contrôler , j’essayais de toutes mes forces de bien me comporter, quand je sentis un, puis deux, puis trois doigts s’introduire en moi et me palper sans précautions Je ne pus pas m’empêcher de pousser un gémissement de plaisir, et ma bite, inerte depuis quatre jours, se dressa immédiatement contre mon ventre. Un quatrième doigt j’ajouta aux autres, bientôt rejoint par le pouce. Le Maître avait commencé à me fister… Désireux de bien faire, après la faute qui m’avait valu ces quatre jours de punition, je me mis à accompagner du cul les mouvements circulaires de son poing qui, par petites poussées,tentait de forcer mon sphincter. Me souvenant des conseils de Guillaume lorsqu’il m’avait initié au fist , quelques mois auparavant, je me mis de mon côté à pousser sur mon cul comme si je voulais chier, facilitant ainsi le travail du Maître. Ma queue était agitée de palpitations incontrôlables, et mon gland violacé semblait sur le point d’exploser. J’avais une envie terrible de m’empoigner à deux mains et de me faire jouir, mais hélas, cela m’était interdit, et je n’aurais pas eu la témérité de braver une nouvelle fois l’autorité qui me contrôlait.

A un certain moment, la poussée du poing cessa, et le Maître retira sa main, juste au moment où j’étais sur le point de l’accueillir au plus profond de moi. Un gémissement de protestation m’échappa, immédiatement suivi d’une claque magistrale .

« -Tu la fermes… T’es beaucoup trop bavard…Je ne veux plus entendre le moindre soupir, je ne veux plus voir sur ton visage la moindre expression de douleur ou de plaisir. C ‘est compris ?

-Maître, oui, Maître »

Deux doigts me rentrèrent à nouveau dans le cul, et commencèrent à me masser doucement. Inutile de dire que ma bite recommença aussitôt à donner des signes d’impatience. J’essayais d’afficher l’expression la plus neutre possible, mais c’était très difficile tant les sensations me sollicitaient

L’impression était curieuse, comme celle d’un chatouillement très léger, qui bientôt s’amplifia pour ressembler à une envie de pisser ; des ondes électriques me parcoururent le périnée et brusquement, sans que j’aie pu rien voir venir, ma queue dégorgea une grosse quantité de sperme, sans que j’aie éjaculé ni ressenti d’orgasme : cela ressemblait, en beaucoup plus agréable, aux séances de « traite » auxquelles j’avais été soumis avant mes quatre jours d’isolement.

Le Maître parut satisfait du résultat obtenu, et, après m’avoir fait me relever, il me dirigea vers la cabine dépilatoire où l’on me soumit au traitement habituel ; en quatre jours, il était impressionnant de constater combien mes poils, et en particulier ceux du pubis, avaient repoussé dru ; une manifestation de virilité qui ne convenait évidemment pas du tout à un esclave…

Une fois que je fus redevenu aussi lisse qu’un enfant de dix ans, le Maître en blouse blanche m’ordonna de me réinstaller sur la table d’examen, dans la même position que précédemment, et vint se placer entre mes jambes. Il fit jouer mon Prince Albert pour en éliminer les adhérences, et procéda à la désinfection de la plaie. Puis, à ma grande surprise, il se saisit d’une pince et cisailla net l’anneau qu’on m’avait posé à mon départ de Paris. D’une main experte, il me le retira, et désinfecta de nouveau mon gland. Puis il se saisit d’une tige d’acier chromé qu’il inséra dans mon urètre, et dont l’extrémité effilée ressortit bientôt par le trou qui y avait été percé. Il commença à pousser, commençant à élargir l’ouverture, en même temps qu’une sensation de brûlure se mettait à irradier jusqu’à la racine de ma queue. C’était vraiment très désagréable mais en même temps excitant :le processus d’élargissement était enclenché, et j’espérais bien qu’il irait aussi loin que possible… la brûlure devenait véritablement difficile à supporter au fur et à mesure que l’aiguille se frayait un passage dans ma chair. Quand elle fut quasiment enfoncée, le Maître y adapta un nouvel anneau, qui devait bien en largeur faire le double du précédent, et poussa l’ensemble au travers de mon gland. A ma grande confusion, un léger gémissement m’échappa, m’attirant aussitôt un froncement de sourcil du Maître. Je baissai les yeux, honteux de ma faiblesse. Je me gardai bien de la moindre réaction lorsqu’on replaça ma queue dans sa prison de plexiglas , bien que le contact du plastique sur la cicatrice de ma circoncision fût particulièrement désagréable…

On me fit signe de me remettre debout et de quitter la pièce. A la porte, deux gardes m’attendaient, qui m’encadrèrent et me firent sortir de la zone selon les procédure habituelles.

Quelques minutes plus tard, je réintégrais dans la cuisine le poste que j’avais occupé la semaine précédente. Je vis à quelques regards qui croisèrent les miens qu’on ne m’avait pas oublié, et qu’on se sentait rassuré de me voir de retour. Le visage de Paul, notamment, s’illumina lorsqu’il m’eut aperçu, et cette réaction du gamin me fit chaud au cœur. Dan était là aussi, et m’adressa un clin d’œil complice.

La matinée passa très vite, et bientôt la sonnerie qui annonçait la pause se fit entendre. A peine fus-je entré dans le réfectoire que Dan se précipita aux nouvelles :

- Salut mec, content de te voir revenu… Paul m’a dit qu’on t’avait circoncis, fais voir… Pour le reste, ça a l’air d’aller…

- Et toi ? tu as continué tes travaux pratiques, lui demandai-je un peu narquois.

- Tu parles ! c’est plus un cul que j’ai, mais une autoroute ! On dirait que ça les excite tous autant qu’ils sont de baiser un hétéro…

A soir le sourire qu’il arborait, j’en vins à me demander s’il en était aussi navré qu’il voulait bien le laisser paraître…

Personne n’avait de nouvelles de Philippe, qu’on n’avait pas revu dans quelque secteur que ce fût depuis la terrible soirée. Paul prétendait qu’on lui avait dit avoir vu quelqu’un qui lui ressemblait dans la zone de l’hôpital, mais l’information n’était pas vérifiable .

Le signal de reprise du travail se fit entendre, et les activités reprirent, monotones, jusqu’au soir. La fin de notre journée de travail fut marquée par les mêmes cérémonies que la fois précédente : l’attente en files, la fouille du cul, puis le retour en convoi vers les cellules.

Une nouveauté nous attendait cependant au cours de cette première soirée où Paul et moi nous retrouvions après cette parenthèse de quatre jours : alors qu’après avoir rangé notre cellule, nous nous apprêtions à nous étendre sur nos couchettes pour y être enchaînés comme d’ordinaire, on vint nous chercher pour nous conduire dans une salle de classe où nous attendaient cinq de nos compagnons de captivité et un petit homme bedonnant et barbichu, vêtu à l’orientale, qui se mit en demeure de nous donner notre premier cours de langue. Vision surréaliste que celle de ces sept hommes nus et enchaînés, qui répétaient des phrases comme des écoliers dociles. Après un long moment d’efforts, on vint nous chercher pour nous ramener en cellule.

Les semaines qui suivirent se déroulèrent toutes sur le même schéma monotone : tant que la cicatrisation de ma circoncision ne fut pas complète, j’eus droit chaque matin, en lieu et place de la trayeuse, au massage prostatique qui me permettait de me vider, après quoi les terribles séances de torture électrique reprirent : je regardais d’un air indifférent désormais l’opérateur verser mon sperme dans la bouteille au code barres, qui se remplissait lentement de ce qu’on me retirait jour après jour.

Après la traite, venait le moment du rasage et de la douche dépilatoire. Puis c’étaient les heures de travail, harassantes d’ennui, le retour en cellule, et le sommeil lourd qui s’emparait de moi. La seule chose positive était que je commençais à pouvoir communiquer un peu avec les autres, grâce aux cours qu’on avait continué à nous faire suivre : les pauses de la demi-journée en devenaient plus intéressantes.

Mais je me demandais vraiment ce que j’étais venu faire dans cet endroit. Je n’avais pas revu Peter, qui semblait s’être évaporé depuis le soir de ma circoncision, ni Philippe bien sûr, et même Dan avait fini par disparaître… En –dehors de la première semaine, qui avait été un concentré de mes phantasmes les plus fous, la vie dans ce centre d’esclavage était un océan d’ennui. J’avais beau me dire que cela ne pouvait que faire partie de la stratégie mise en œuvre par les Maîtres, cela n’en était pas moins un peu lourd à supporter.

La seule chose à souligner dans ce tunnel sans fin fut la confirmation, durant un cours de langue, de ce que j’avais soupçonné dès les premiers jours quant aux protections au plus haut niveau dont devaient bénéficier les dirigeants du centre : alors que nous regardions ce qui me paraissait être un journal télévisé qui présentait une cérémonie officielle, je reconnus distinctement, en grand uniforme dans la tribune des personnalités, le militaire dont j’avais dépucelé le fils quelques semaines auparavant : la preuve était donc faite de l’implication des dirigeants du pays dans ce trafic dont j’étais devenu l’un des pions…

Comme d’habitude, tout arriva au moment où je m’y attendais le moins. Rien n’aurait pu laisser supposer que cette journée-là allait être différente des autres : levé à cinq heures, enchaîné à Paul, j’avais subi les opérations matinales habituelles, et n’imaginais pas le moins du monde ce qui m’attendait à la sortie du secteur médical.

Au lieu de prendre le couloir qui menait à la cour principale sur laquelle donnait le bâtiment des cuisines, mon escorte partit dans la direction opposée ; après le premier poste de contrôle, qui commandait comme d’habitude l’ouverture d’une grille, je pénétrai dans une zone jusqu’alors inconnue, que rien ne distinguait de celles dans lesquelles j’avais circulé, si ce n’est la couleur rouge dont murs et portes étaient revêtus. Après quelques minutes de marche, on me fit m’arrêter devant une porte. L’un des gardes sonna, et quand le battant pivota sur son axe, il me poussa violemment à l’intérieur. Gêné par le poids de mes chaînes, je trébuchai et baissai la tête vers le sol pour retrouver plus commodément mes appuis. Quand je la relevai, le spectacle qui s’offrait à mes yeux me coupa la respiration.

(à suivre)



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