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VIII
Epuisé par la journée que je venais de passer, je tombai presque immédiatement dans un profond sommeil. Sans que je puisse dire combien de temps sétait écoulé depuis mon endormissement, je fus peu à peu réveillé par une douleur lancinante qui provenait de mon bas-ventre : javais une atroce envie de pisser, ce qui semblait pour le moins normal, puisque je navais pas pu le faire depuis que javais quitté les cuisines, à la fin de laprès-midi précédente. Ça nétait vraiment pas de chance : alors quil maurait vraiment fallu une nuit complète de sommeil pour affronter la journée du lendemain, jallais devoir souffrir jusquau petit matin en attendant quon me délivre. Essayant dignorer du même coup les élancements que me procurait mon opération de la veille, je tentai tant bien que mal de somnoler, appelant de mes vux le lever du jour. Arriva enfin le moment où la lumière de la cellule sintensifia, et où jentendis le bourdonnement électrique qui signalait louverture des colliers et de menottes. Je vis, de lautre côté de la pièce, Paul se lever et faire son lit en silence, puis attendre au garde à vous au pied de sa couchette. De mon côté, inexplicablement, rien navait bougé. Jétais toujours attaché à mon lit, incapable du moindre mouvement. La porte souvrit avec fracas, et les deux gardes de la veille firent irruption dans la cellule. Après avoir contrôlé que Paul avait bien accompli les tâches quil était censé faire, ils lui firent signe de se mettre en marche, et tous trois sortirent dans le couloir. Je ne comprenais pas. Cela signifiait-il que jétais dispensé de travail ce jour-là ? Quon avait prévu pour moi une autre activité ? La seule chose que je savais cependant, cest que je nallais pas pouvoir continuer bien longtemps à me retenir si personne ne venait me délivrer Le silence retomba peu à peu dans la zone dhabitation. Jentendis dautres cellules souvrir, des intonations gutturales retentir ; des bruits de chaînes glissant sur le sol signalèrent le passage dans le couloir dun groupe desclaves. Qui étaient mes voisins de cellule ? Peut-être dautres garçons encore que ceux que javais croisé à la cuisine plus jy pensais, plus mapparaissait incroyable la puissance de cette organisation. Comment pouvait-elle faire accepter aux autorités du pays qui lhébergeait que lon puisse impunément exhiber sur le tarmac dun aéroport des hommes nus et encagés , et les transférer ensuite dans ce centre, en pleine ville, pour les découper en morceaux destinés à enrichir je ne savais quelle monstrueuse collection ? Cétait impossible sans des complicités au plus haut niveau de lEtat. Je devais dailleurs en avoir la preuve dans les semaines qui suivirent Un élancement plus fort que les autres provenant de ma vessie me fit légèrement bouger le bassin à la recherche dune position plus confortable : une onde de douleur me transperça, en même temps que je sentais tous mes sphincters se relâcher : sans pouvoir plus me retenir, je me mis à pisser sous moi à gros jets, me vidant du poids accumulé depuis la veille. Cétait vraiment une libération. Le liquide brûlant ruisselait le long de mon ventre, saccumulant sous mes fesses en une flaque chaude qui ne tarda pas à déborder et à se répandre sur le sol . Jamais je naurais pu imaginer que ma vessie avait une telle contenance . Quand le flot se fut tari, je commençai à me dire que javais certainement fait une bêtise et quon allait me le faire payer chèrement, mais jétais trop fatigué après tout ce que je venais dendurer, et je retombai dans un profond sommeil. Ce fut une sensation de froid qui me réveilla : un bourdonnement régulier remplissait latmosphère de la cellule violemment éclairée, provenant sans doute dun appareil de climatisation qui tournait à plein régime. Javais la chair de poule, et la macération dans mon urine désormais refroidie ajoutait à cette sensation dinconfort. Le froid est une chose terrible : au bout dune quinzaine de minutes, je claquais violemment des dents, tout mon corps crispé essayant en vain déchapper aux vagues glacées qui le parcouraient. Un long laps de temps sécoula ainsi, jusquau moment où la porte souvrit, et où le Maître apparut devant moi. Cétait bien ce que je craignais : la caméra qui observait le moindre de mes mouvements navait bien sûr pas perdu une miette de la liberté que javais prise de me soulager sans en avoir préalablement demandé la permission. Cette fantaisie allait bien sûr être punie comme il se devait. Devant mon air incrédule, le Maître ajouta que je passerais pour commencer quatre jours à macérer dans mes déjections. Il sapprocha de moi, et, me saisissant la queue, il minséra dans lurètre une sonde. Je sentis le tuyau de caoutchouc se frayer un chemin jusquà ma vessie, puis en forcer lentrée. Immédiatement, un filet durine se mit à couler à son lextrémité . Le Maître fixa la sonde en place par un adhésif, et en relia lextrémité à une poche de plastique quil fixa sous la couchette. Défaisant ensuite les liens qui mattachaient les chevilles à la couchette, il fixa ces dernières à deux filins qui pendaient du plafond. Mes jambes sélevèrent en sécartant, découvrant mon cul. Sortant de la mallette quil avait apportée avec lui un pot de crème lubrifiante, il men enduisit abondamment la rondelle. Puis , se penchant de nouveau sur la mallette, il en sortit un spéculum quil mintroduisit sans ménagement dans le cul. Il commença à visser la molette de linstrument, produisant lécartement du sphincter. Quand il jugea louverture suffisante, il me redescendit les jambes, les fixant de nouveau à la couchette. Puis, sans un mot, il sortit. Jétais pétrifié, et pas seulement de froid. Comme un animal, je nétais plus désormais en mesure de contrôler mes fonctions naturelles, et jallais me répandre sous moi, en continu. Une onde dappréhension me parcourut le dos. Je neus pas longtemps à attendre : quelques minutes plus tard, une sensation de chaleur entre mes cuisses, accompagnée dune odeur puissante, me fit comprendre que lavais commencé à me vider. Je dois avouer quà ce moment, jai commencé à douter du choix que javais fait en quittant ma vie précédente. Jétais épuisé, grelottant, et voilà que jallais maintenant vivre dans mes excréments, avec le risque réel que les blessures quon mavait infligées depuis mon départ de Paris sinfectent : mon prince Albert, les plaies à vif de ma circoncision allaient-ils supporter le bouillon de culture dans lequel allait immanquablement baigner la partie centrale de mon corps ? Je sentais la colonne de merde continuer sa progression entre mes cuisses. La forte odeur quelle dégageait mécurait moi-même un peu : malgré linitiation au scat que mavait donnée Guillaume avant mon départ, je ne me sentais pas du tout en confiance : la séance qui sengageait, à la différence de celles que javais vécues était sans fin prévisible et sans limites convenues davance, et jaurais beau crier que je voulais en rester là, rien ny ferait Je trouvai quand même encore la force de prendre lépreuve quon minfligeait avec une certaine philosophie : si javais bien compris la méthode de fonctionnement des Maîtres, je navais rien à craindre tant que jétais entier : mes couilles intactes constituaient ma meilleure assurance-vie : une fois castré , par contre, il fallait sattendre à tout Le principal pour le moment était de récupérer, et malgré les élancements qui me venaient de mon anus béant, malgré les brûlures que minfligeaient les plaies à vif de mon gland, malgré le froid qui me tenaillait, je réussis une nouvelle fois à mendormir. Le bruit de la clef dans la serrure me réveilla en sursaut. Deux nouveaux gardiens castrés étaient près de moi, le bas du visage couvert dun masque de chirurgien. Exactement comme si je nexistais pas, lun des deux mouvrit la bouche et y inséra un tuyau, quil relia à une bouteille contenant un liquide translucide. Il ouvrit une vanne, et le liquide commença à couler dans ma gorge : ni salé ni sucré,il était dune fadeur écoeurante ; je compris que cétait la façon dont jallais être nourri tout le temps que je resterais attaché sur la couchette. Pendant le même temps, le deuxième décrocha la poche de pisse et la vida sur moi avant de la replacer sous le lit. Une fois terminée lopération, les deux castrats disparurent comme ils étaient venus, me laissant seul avec mes pensées, trempé et de nouveau claquant des dents. Pour mabstraire de ma situation peu enviable, jessayai de me concentrer sur des épisodes de ma vie davant : je faisais défiler devant moi des visages et des corps, sans arriver toutefois à me convaincre que je regrettais vraiment cette période derrance et de désillusions Ici au moins, je nétais plus dans le phantasme, mais dans la réalité La porte souvrit à nouveau, et Paul rentra dans la cellule . Nous devions donc être en début de soirée, et on venait sans doute de le ramener des cuisines. Sa première réaction fut éloquente : une horrible grimace lui déforma le visage, et il se boucha immédiatement les narines. La voix métallique du haut-parleur le rappela à lordre, et il alla sagement sasseoir sur sa couchette, non sans manifester par une moue éloquente à quel point il appréciait peu le fumet qui se dégageait de ma couchette. Et il avait raison, le pauvre : ma production avait continué après la visite des gardiens, saccumulant entre mes cuisses en une petite montagne parfumée Sur un ordre lancé en français par le haut-parleur, Le jeune garçon sapprocha de mon lit, et répéta avec la poche durine la même opération que tout à lheure, minondant copieusement de la tête jusquau pieds. Son regard plein de compassion me toucha, et je lui adressai un remerciement muet. Je navais même pas le droit de lui sourire. Et cet enfer dura quatrte jours. Quatre jours pendant lesquels je macérai dans mes excréments, littéralement tenaillé par des démangeaisons atroces. Chaque matin, le vieil esclave aux couilles lestées avec lequel javais parlé dans la cuisine pendant la seule journée que jy avais passé venait avec une pelle dégager lorifice du speculum, pour que la merde puisse continuer à sécouler. Une fois par jour, les deux gardes venaient me nourrir , et Paul, au retour du travail, accomplissait sur moi le même rite que le premier soir. Je navais plus aucune réaction, vivant dans une sorte de torpeur animale une existence végétative. Ce matin-là, après le départ de Paul pour le travail, le Maître fit irruption dans la cellule. « Jespère que tu as compris maintenant ce quil en coûte de ne pas respecter les consignes. - Maître, oui, Maître, jamais plus je ne désobéirai, Maître. - Sur le plan des intentions, il ny a rien à dire ; reste à savoir maintenant si les actes suivront » Tout en parlant, il avait commencé à défaire les liens qui mentravaient. Suspendant mes jambes aux filins qui pendaient du plafond, il retira de mon cul le speculum, avec dinfinies précautions. Il retira de la même façon la sonde urinaire, et maida ensuite à masseoir sur la couchette, puis à me mettre debout. La cellule tournait autour de moi et je dus mappuyer un instant au mur. « Ta peau a mieux résisté que je le pensais. Tu nas même pas descarres. Nous pourrons donc recommencer, nest-ce pas ?» « Maître, oui, Maître, répondis-je, littéralement épouvanté à cette idée » Profitant de la station debout, je hasardai une main prudente vers mon cul, et rencontrai un trou béant : le muscle ne sétait pas refermé. Le Maître avait observé mon manège, et me demanda ce que je voulais vérifier. Jeus la présence desprit de fournir la réponse attendue : « Maître, je suis seulement inquiet que lorifice qui sert au plaisir des Maîtres ne soit trop distendu et quils ne souhaitent plus mutiliser, Maître » Il se mit à rire : « Tu ne crois quand même pas que nous voudrions abîmer ton trou, ni fourrer une chatte béante Dici deux ou à trois heures, il ny paraîtra plus. En attendant, tu vas passer au décrassage, car tu pues le chiotte » Me faisant signe davancer vers le couloir , il me suivit jusquà la salle de douches, où mattendaient deux gardes armés de lances dincendie . La force des jets et la température de leau me coupèrent le souffle. Jétais malgré tout content dêtre débarrassé de la croûte puante qui me recouvrait à partir de la taille. Quand le plus gros fut enlevé, on me fit passer, véritable moment de délices, sous une jet chaud qui eut raison des dernières traces de merde qui souillaient encore mes jambes ; puis on me sécha. Un Maître en blouse blanche vint examiner ma queue et parut satisfait de ce quil voyait : la cicatrisation de mon gland circoncis me paraissait à moi aussi suivre son cours normal . Il me fit signe de mallonger sur la table dexamen et de caler mes pieds dans les étriers. Un peu nerveux à lidée de me trouver le cul offert alors que javais peur de ne plus me contrôler , jessayais de toutes mes forces de bien me comporter, quand je sentis un, puis deux, puis trois doigts sintroduire en moi et me palper sans précautions Je ne pus pas mempêcher de pousser un gémissement de plaisir, et ma bite, inerte depuis quatre jours, se dressa immédiatement contre mon ventre. Un quatrième doigt jajouta aux autres, bientôt rejoint par le pouce. Le Maître avait commencé à me fister Désireux de bien faire, après la faute qui mavait valu ces quatre jours de punition, je me mis à accompagner du cul les mouvements circulaires de son poing qui, par petites poussées,tentait de forcer mon sphincter. Me souvenant des conseils de Guillaume lorsquil mavait initié au fist , quelques mois auparavant, je me mis de mon côté à pousser sur mon cul comme si je voulais chier, facilitant ainsi le travail du Maître. Ma queue était agitée de palpitations incontrôlables, et mon gland violacé semblait sur le point dexploser. Javais une envie terrible de mempoigner à deux mains et de me faire jouir, mais hélas, cela métait interdit, et je naurais pas eu la témérité de braver une nouvelle fois lautorité qui me contrôlait. A un certain moment, la poussée du poing cessa, et le Maître retira sa main, juste au moment où jétais sur le point de laccueillir au plus profond de moi. Un gémissement de protestation méchappa, immédiatement suivi dune claque magistrale . « -Tu la fermes Tes beaucoup trop bavard Je ne veux plus entendre le moindre soupir, je ne veux plus voir sur ton visage la moindre expression de douleur ou de plaisir. C est compris ? -Maître, oui, Maître » Deux doigts me rentrèrent à nouveau dans le cul, et commencèrent à me masser doucement. Inutile de dire que ma bite recommença aussitôt à donner des signes dimpatience. Jessayais dafficher lexpression la plus neutre possible, mais cétait très difficile tant les sensations me sollicitaient Limpression était curieuse, comme celle dun chatouillement très léger, qui bientôt samplifia pour ressembler à une envie de pisser ; des ondes électriques me parcoururent le périnée et brusquement, sans que jaie pu rien voir venir, ma queue dégorgea une grosse quantité de sperme, sans que jaie éjaculé ni ressenti dorgasme : cela ressemblait, en beaucoup plus agréable, aux séances de « traite » auxquelles javais été soumis avant mes quatre jours disolement. Le Maître parut satisfait du résultat obtenu, et, après mavoir fait me relever, il me dirigea vers la cabine dépilatoire où lon me soumit au traitement habituel ; en quatre jours, il était impressionnant de constater combien mes poils, et en particulier ceux du pubis, avaient repoussé dru ; une manifestation de virilité qui ne convenait évidemment pas du tout à un esclave Une fois que je fus redevenu aussi lisse quun enfant de dix ans, le Maître en blouse blanche mordonna de me réinstaller sur la table dexamen, dans la même position que précédemment, et vint se placer entre mes jambes. Il fit jouer mon Prince Albert pour en éliminer les adhérences, et procéda à la désinfection de la plaie. Puis, à ma grande surprise, il se saisit dune pince et cisailla net lanneau quon mavait posé à mon départ de Paris. Dune main experte, il me le retira, et désinfecta de nouveau mon gland. Puis il se saisit dune tige dacier chromé quil inséra dans mon urètre, et dont lextrémité effilée ressortit bientôt par le trou qui y avait été percé. Il commença à pousser, commençant à élargir louverture, en même temps quune sensation de brûlure se mettait à irradier jusquà la racine de ma queue. Cétait vraiment très désagréable mais en même temps excitant :le processus délargissement était enclenché, et jespérais bien quil irait aussi loin que possible la brûlure devenait véritablement difficile à supporter au fur et à mesure que laiguille se frayait un passage dans ma chair. Quand elle fut quasiment enfoncée, le Maître y adapta un nouvel anneau, qui devait bien en largeur faire le double du précédent, et poussa lensemble au travers de mon gland. A ma grande confusion, un léger gémissement méchappa, mattirant aussitôt un froncement de sourcil du Maître. Je baissai les yeux, honteux de ma faiblesse. Je me gardai bien de la moindre réaction lorsquon replaça ma queue dans sa prison de plexiglas , bien que le contact du plastique sur la cicatrice de ma circoncision fût particulièrement désagréable On me fit signe de me remettre debout et de quitter la pièce. A la porte, deux gardes mattendaient, qui mencadrèrent et me firent sortir de la zone selon les procédure habituelles. Quelques minutes plus tard, je réintégrais dans la cuisine le poste que javais occupé la semaine précédente. Je vis à quelques regards qui croisèrent les miens quon ne mavait pas oublié, et quon se sentait rassuré de me voir de retour. Le visage de Paul, notamment, sillumina lorsquil meut aperçu, et cette réaction du gamin me fit chaud au cur. Dan était là aussi, et madressa un clin dil complice. La matinée passa très vite, et bientôt la sonnerie qui annonçait la pause se fit entendre. A peine fus-je entré dans le réfectoire que Dan se précipita aux nouvelles : - Salut mec, content de te voir revenu Paul ma dit quon tavait circoncis, fais voir Pour le reste, ça a lair daller - Et toi ? tu as continué tes travaux pratiques, lui demandai-je un peu narquois. - Tu parles ! cest plus un cul que jai, mais une autoroute ! On dirait que ça les excite tous autant quils sont de baiser un hétéro A soir le sourire quil arborait, jen vins à me demander sil en était aussi navré quil voulait bien le laisser paraître Personne navait de nouvelles de Philippe, quon navait pas revu dans quelque secteur que ce fût depuis la terrible soirée. Paul prétendait quon lui avait dit avoir vu quelquun qui lui ressemblait dans la zone de lhôpital, mais linformation nétait pas vérifiable . Le signal de reprise du travail se fit entendre, et les activités reprirent, monotones, jusquau soir. La fin de notre journée de travail fut marquée par les mêmes cérémonies que la fois précédente : lattente en files, la fouille du cul, puis le retour en convoi vers les cellules. Une nouveauté nous attendait cependant au cours de cette première soirée où Paul et moi nous retrouvions après cette parenthèse de quatre jours : alors quaprès avoir rangé notre cellule, nous nous apprêtions à nous étendre sur nos couchettes pour y être enchaînés comme dordinaire, on vint nous chercher pour nous conduire dans une salle de classe où nous attendaient cinq de nos compagnons de captivité et un petit homme bedonnant et barbichu, vêtu à lorientale, qui se mit en demeure de nous donner notre premier cours de langue. Vision surréaliste que celle de ces sept hommes nus et enchaînés, qui répétaient des phrases comme des écoliers dociles. Après un long moment defforts, on vint nous chercher pour nous ramener en cellule. Les semaines qui suivirent se déroulèrent toutes sur le même schéma monotone : tant que la cicatrisation de ma circoncision ne fut pas complète, jeus droit chaque matin, en lieu et place de la trayeuse, au massage prostatique qui me permettait de me vider, après quoi les terribles séances de torture électrique reprirent : je regardais dun air indifférent désormais lopérateur verser mon sperme dans la bouteille au code barres, qui se remplissait lentement de ce quon me retirait jour après jour. Après la traite, venait le moment du rasage et de la douche dépilatoire. Puis cétaient les heures de travail, harassantes dennui, le retour en cellule, et le sommeil lourd qui semparait de moi. La seule chose positive était que je commençais à pouvoir communiquer un peu avec les autres, grâce aux cours quon avait continué à nous faire suivre : les pauses de la demi-journée en devenaient plus intéressantes. Mais je me demandais vraiment ce que jétais venu faire dans cet endroit. Je navais pas revu Peter, qui semblait sêtre évaporé depuis le soir de ma circoncision, ni Philippe bien sûr, et même Dan avait fini par disparaître En dehors de la première semaine, qui avait été un concentré de mes phantasmes les plus fous, la vie dans ce centre desclavage était un océan dennui. Javais beau me dire que cela ne pouvait que faire partie de la stratégie mise en uvre par les Maîtres, cela nen était pas moins un peu lourd à supporter. La seule chose à souligner dans ce tunnel sans fin fut la confirmation, durant un cours de langue, de ce que javais soupçonné dès les premiers jours quant aux protections au plus haut niveau dont devaient bénéficier les dirigeants du centre : alors que nous regardions ce qui me paraissait être un journal télévisé qui présentait une cérémonie officielle, je reconnus distinctement, en grand uniforme dans la tribune des personnalités, le militaire dont javais dépucelé le fils quelques semaines auparavant : la preuve était donc faite de limplication des dirigeants du pays dans ce trafic dont jétais devenu lun des pions Comme dhabitude, tout arriva au moment où je my attendais le moins. Rien naurait pu laisser supposer que cette journée-là allait être différente des autres : levé à cinq heures, enchaîné à Paul, javais subi les opérations matinales habituelles, et nimaginais pas le moins du monde ce qui mattendait à la sortie du secteur médical. Au lieu de prendre le couloir qui menait à la cour principale sur laquelle donnait le bâtiment des cuisines, mon escorte partit dans la direction opposée ; après le premier poste de contrôle, qui commandait comme dhabitude louverture dune grille, je pénétrai dans une zone jusqualors inconnue, que rien ne distinguait de celles dans lesquelles javais circulé, si ce nest la couleur rouge dont murs et portes étaient revêtus. Après quelques minutes de marche, on me fit marrêter devant une porte. Lun des gardes sonna, et quand le battant pivota sur son axe, il me poussa violemment à lintérieur. Gêné par le poids de mes chaînes, je trébuchai et baissai la tête vers le sol pour retrouver plus commodément mes appuis. Quand je la relevai, le spectacle qui soffrait à mes yeux me coupa la respiration. (à suivre)
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